LOUISE, H- DURAND, MAURICE
Louise et madame Durand, sont assises auprès de la table; Maurice est debout auprès ou madame Durand.
Maurice. la , manivelle Louise... j’ai élé professeur , et je possède à fond le vocabulaire de mon pays. .. Je vous répèteque l'allemand est la plus jolie langue ..
MAD. DURAND. toyotlS Ç3.
ma un IC£. J ch tiebc sic foin gronde meinen erizens ,
MAD. durand, Ça veut dire ?..
Maurice. Je vous aime du fond démon cœur. Il n'y a qu'à ouvrir lu bouche... tenez, m.im’scllu Lnui-e
Louise. Mou Dieu, M. Maurice, vous savez bien que je n'ai pas de dispositions.
mad. durand. QuYa» la tète dure.. . vh, ma pauvre enfant; on ne croirait jamais que t’es la fille d’un maître d’école, et que, dans l’occasion , tu parles quasiment comme un livre.
Maurice. Comme un livre français.. »
quant à l'allemand. ça viendra.. . patience.
mad. durand. Faut tout d'même que vous ayez du sang froid.
matrice. Kt de l’esprit national.
Air: Fond, du premier prix.
Je sais que l’acccnt gcrtnnniqne Ans étrangers parait brutal ;
Mais la pîus aimable musique Est celle du pars natal.
11 n’est point de mot si farouche Qui n’ait pour nous quelque douceur;
Plus il nous écorche la bouche.
Plus il nous chatouille le cœur.
Nota. Les personnages sont inscrits en tète des sc tre ; le premier lient la gauche dn spectateur. Les ç det note»
mad. durand, se ierant. Ah! ça, je me fais une réflexion. ~si vous aimez tant votre pays , pomquoi donc que vous êtes venu vous établir en Champagne ?
uauricr. Depuis lu guerre, pour vivre en paix. . .j’avais eu là-bas des difficultés avec les autorités bavaroises. .. une levée en masse... ou voulait me m(rbi!i>cr, mais je ne suis pas très remuait! de aiou naturel.
mad. durand. C’est le courage qui vous manque.
Maurice. Non pas... j’ai le courage civil... quaut aux inclinations belliqueuses...
mad. durand. Le bruit do tambour vous fait toujours une révolution.
Maurice. Vu général, le tambour n’est pas ma musique. . Je n’ai jamais pu me mettre au pus... Kl puis ça réveille des souvenirs.
mad. durand. Lesquels?
Maurice. Infandumy Régi ntt jubés . . .
mad. durand. Encore de l'allemand? mauricr. Eli ! non, du latin... un acci-* ; dent qui m’est arrivé .. le jour même où j’ai mis le pied sur le territoire de votre république... je suis tombé entre les mains d’un grand diable de caporal, qui m’a prit pour un espion.
mad. durand. Vraiment!
LdMkb sc 1ère et vient auprès de sa mère.
Maurice. Je vois encore ses grosses moustaches; «t j’entends sa grosse voix:
Ton notri? Maurice Herman ..ton pays?
Bavarois... ton état? professeur d'humanités. Ah! bien oui... est-ce qu’ils connaissent ça?., sans plus de façons ils m’ont mis...
bncs comme les acte urs doivent être placé* au théihanfçmena , pendant les scènes, sont indiqués par
mad. durand. Eu prison?
maurice. Mieux cjue ça... en joue...
une, deux...
durand. Ah! mon Dieu !
maurice. Iis allaient dire : trois. ..quand une alerte vint me délivrer.
mad. durand. Quelle aventure! arrêté comme espion! voilà donc pourquoi, depuis que vous êtes dans ce village, vous nvci eu soin de vous faire passer pour français.
maurice. Et d’oublier mon accent... j’ai même demandé à la Convention nationale des lettres de naturalisation... je les attends aujourd'hui avec impatience; car depuis que les français manœuvrent d’un côté, et 1rs Bavarois de l’autre, ft deux lieues de distance, je ne sais plus de quel pays je suis, et je vis entre deux feux, dans des transes perpétuelles.
Louise, passant an milieu. Rnssurervtifis, >1. Maurice, personne ne pense à vous.
matrice. Mais moi, j’y pense... et si je tiens A me conserver, c’est pour vous, d’abord...
louise Je ne comprends pas mieux vos galanteries en français qu’en allemand.
maurice. Ça viendra... patience... tôt ou lard j’ohlieudrai quelque gage d’amour., par exemple, Cet anneau que vous portez à voire joli doigt.
Louise. Cet anneau!., ah. ma mère!..
mai». durand. Mon Dieu, qu’ tes pleurnichcuse 1. . ’ ( A Maurice.) El que vous êtes maladroit, vous, de parler de ça...
Voyons, Louise, est-ce que t’as toujours îles idées sur le petit Ccorse?.. pardiue !
je l'dimais aussi, ce garçon; tuais puisqu’il nous a plantée- là!..
i.o u isb. Ma bonne mère, en êtes-vous biun - Cire?
mai*, durand. C’te bêtise... v’Ià trois mois qu’il a décampé de son pillage.
louisb. Mais sait-on ce qui a pu , lui arriver?.. ..'un ..u
MlD. DURAND. B TH ! Ull trOllipeU r. . . 1111
Volage.
loui-e. Loi?
Hiu. durasd. II ne faut plus y penser...
v’ià l'allemand qu’est un lion parti... et excepté qu’il est un peu vieux, et un peu gqljcçn.,.
Maurice. J’ai tant de qualités. Nous autre allemands, nous ne sommes pas légers... nous avons une fidélité robuüle..* nôus y Mettons même de l'entêtement.
Rien ne nous rebute , rien ne nous effraie.
( On entend le tambour.) Hein ! qtiVsi-ce que c’est que ça ?
mao. durand. Encore un détachement qui noi sarrive, de la demi-brigade de la (sironde, qui est cjnlonnéc dans U ville voisine. . . des recrues du Midi , tous beaux hommes , à ce qu’on dit. Voyons, Louise, ocoupe-toi de préparer à déjeuner à ceux qu’on nous enverra; et montre ces braves gens, une figure un peu plus gaie. louise. Je tâcherai.
mau&ice, à Louise. A midi, jecontcnucrai à vous faire ma cour, et à vous donner ma leçon de syntaxe... je finirai bien par vous faire dire ; la meinherr.
louise. Nein !
maurice II y a du progrès.
Louise* rentre dbns U ninuon.