SCÈNE IIL
I.e- Mêmes , LAROCHE , le sergent FRÉ- DÉRIC, Deux Soldats entrant par le fond à gauche.
larocbe, d Maurice. Eh!., camarade , où vas-tu ? on ne passe pas.
Maurice. Pour quelle raison , s’il vous plaît, monsieur l'officier?
larocue. Tu m’es suspect., .pas d’autre raison.
Maurice. Qu’est-cc que j’ai donc de suspect ?
Laroche. Ta tournure, il n'y a que les étrangers, morbleu , ou les traîtres, qui doivent fuir à notre approche. Vive la France!., vive la patrie!
Maurice. Je veux bien... vive la patrie !
Laroche.* Allons donc... on a bien de la peine à vous arracher ça du gosier.
MAURICE, à part. Le brutal! (d part.) Ah!
nmn Dieu! comme il ressemble à mon grand diable de caporal.
LAROCHE. Tu dis?
Maurice. Je ne dis rien. (A part.) C’est bien celui-là qui m’a fait coucher eu joue.
LAiocnc. Je t’ai vu quelque part.
Maurice. Ce n’est pas moi, mon caporal.
laroche. Es-tu aveugle?., ne voi*-tu pasmes épaulettes? je suis quartier-maître on ne connaît que ça... le quartier-maître Laroche; j’inspecte les cantonnemens du Nord au Midi, de l’Est à l’Ouest, partout j’ai réchauffé l’ardeur des troupes, et des habitons.
Maurice. Je sens que vous réchauffer la mienne, vive la France ! vive la pallie!
la rocme. Silence ! tu m’es suspect d ’exagérât ion.
* Madtme Durand, Minute*, Laroche, Frédéric.
Maurice. Allons... je ne sais plus comment parler.
laroche, aux soldats. Ah! ra vous connaissez le nouveau décret sur les transfuges , les espions, les émigrés, et les faux témoins qui veulent les sauver; on dit que c est ici le quartier-général dos déménager mens; pas de complaisance, morbleu!
pas de mollesse! . des exemples, toujours des «exemples ! ( Pie gardant Maurice et madame Durand.) Pourquoi ces figures consternées?, qu’un se réjouisse, morbleu!., le général Durnouricz.i repris l’avantage vers le Noid , et avant peu , il ne restera pas de ce côté-ci du Rbîn, un seul allemand debout.
matrice , d part. Je voudrais bien tenir mes lettres de naturalisation.
laroche. Où est la veuve Durand?
mad. durand. Me v’Ià, mon officier.
laroche. l)n sergent et deux hommes à ln?er
mad. durand. CVst bien de l’honneur...
vot* servante, messieurs.
Laroche remonte la »cène el va parler aux soldait qui sont un peu au fond.
Frédéric , d madame Durand. Vous ne me remettez pas, bonne mère? Frédéric Rousseau, du village do Vcroigny.
mad. durand. Attendez dune. .. un écolier de mon mari... un camarade de George, qui ne pouviez pas apprendre l’orthographe... même que c’était moi qui, en pleine classe, vous donnais le.. .
Frédéric. Justement.. . merci.
Air : Vaudeville de ta famille de l'Apothicaire.
Le doux souvenir que voilà !