‹ L'Intervention Du Médecin Légiste Dans Les Cas De Séparation De Corps Et De Divorce: Précedé De Notions Très Succinctes Sur La Séparation De Corps Au Point De Vue De La LoiChapitre 23 sur 31 · AS · texte numérisé non relu

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vulvite, une vaginile, le lymphatisme, une leucorrhée constitutionvelle, peuvent amener un écoulement qui n’est pas la blennorrhagie.

Les auteurs disent qu’il y a blennorrhagie chez la femme lorsqu'il y a, avec l'écoulement, accompagnement d’uréthrite. Cependant une lésion inflammatoire qui envahit la vulve, le vagin et le canal de l’urêthre n’est pas une biennorrhagie. De plus, sila femme est atteinte de blennorrhagie etsi elle urine avant l’examen médical, on ne pourra peut-être pas la constater *.

Le plus souvent c'est un processus local, el il y a lieu de se demander toujours si l'affection est de nature virulente ou si elle n'a pas d'autre origine. La réponse à cette question n’est pas toujours facile et il faut se Lenir sur la plus grande réserve.

Aucun signe n’est particulier à la blennorrhagie pour la dis- tivguer des autres affections catarrhales chez la femme, et la coexistence d’une affection de l’urèthre, à laquelle Ricord, Tardieu, Toulmouche et autres ont accordé une très grande valeur diagnostique, ne prouve pas d’une façon absolue la nature blennorrhagique de l’affection. Si on constatait une affection blennorrhagique diffuse de l’urèthre, on serait peut-être en droit ce conclure à une maladie virulente, surtout si elle occupe exclusivement l’urèthre. Cependant la blennorrhagie des parties génitales de la femme peut exister sans affection de l’urêthre et existe si souvent sans celle-ci, que Zeissl (Lehrb. der Syphilis, 3° édition) regarde la blennorrhagie uréthrale comme l'affection catarrhale la plus rare chez la femme.

On observe souvent chez les femmes qui ont eu des enfants un écoulement muqueux de l'utérus répondant à un état calarrhal chronique de cet organe, persistant dans beaucoup de cas après un accouchement et dépendant dans d’autres d’un coït répété, surtout pendant la menstruation; dans d’autres, c’est une mani-

1 Leçons de M. le professeur Jaumes,

Re, festalion d’une affection constitutionnelle, telle que la tuberculose,

scrofulose, chlorose, tandis que dans d’autres cas on ne parvient pas à en connaître la cause ‘.

Vulvite spontanée. — Les affections simples ou spontanées affectent parfois une forme aiguë. Dans ce cas, on trouve du mucopus ou du pus blanc ou jaune verdâtre du côté des organes génilaux externes. La rougeur est intense, l’orifice uréthral est tuméfié, la miction est douloureuse. L’écoulement purulent peut gagner le vagin et sortir par l’orifice vaginal ?.

La vulvite spontanée s’établit chez les femmes lymphatiques et chez celles qui n’observent que fort peu scrupuleusement les rècles de l'hygiène.

La vulvile spontanée présente deux formes suivant qu’elle est aiguë ou chrouique. Dans la vulvite chronique, l'écoulement est muco purulent, la rougeur de la muqueuse vulvaire n’est pas excessive, la douleur est peu marquée. Cette inflammation peut être accompagnée ou avoir été précédée par d’autres lésions scrofuleuses, impétigo du cuir chevelu, maux d’yeux, adœænopathies, etc.

Ces vulvites spontanées, d’origine lymphatique, revêtent parfois une forme aiguë, soit pendant le cours d’une vulvite chronique, soit en dehors de toute inflammation antérieure *.

Les affections spontanées peuvent donc affecter d'emblée un caractère d’acuité excessive et présenter des caractères identiques à ceux de l'affection blennorrhagique.

Le médecin expert ne doit conclure qu'après avoir suivi la marche de la maladie; il ne doit pas se borner à un seul examen, car une leucorrhée constitutionnella peut amener une exacerbation telle, qu’il sera complètement induit en erreur s'il na se tient pas sur ses gardes.

1 Hoffmann, traduit par le Dr E. Lévy.

? Brouardel; Des causes d'erreur dans lès expertises, pag. 21. $ Brouardel ; Des causes d'erreur dans les expertises, pag. 21.

#0û La vulvite spontanée est contagieuse et justiciable du même traitement que la blennorrhagie *.

Vulvite traumatique. — Un coït brusque et répété peut amener une inflammation et une ulcération avec écoulément. Un pénis disproportionné, les déchirures de l’hymen,donneront lieu à un écoulement simulant en quelque sorte l'écoulement de la blennorrhagie.

S’il existe chez la femme une vulvite traumatique résuliant d’un coit trop souvent répété et douloureux, l’évolution sera räpide. Si on a affaire au contraire à une vulvite spontanée, on aura des rémissions et puis une évolution brusque, et réciproquement.

Cas mixtes. — Quelquefois on peut rencontrer des cas mixtes d’inflammation traumatique et spontanée: l’affection blennorrhagique serait alors très difficile à déchiffrer *.

Vulvite blennorrhagique. — Les symptômes de la vulvite spontanée et de la vulvite traumatique pourraient s’appliquer à la vulvite blennorrhagique, mais ordinairement l'intensité de l’inflammation semble plus grande dans celle-ci; on note plus souvent de l’æœdème des grandes lèvres, une saillie notable des glandes folliculeuses des petites lèvres ; l'écoulement purulent est plus abondant, sa couleur plus verdâtre.

Cependant il n’est aucun de ces signes qui ait une valeur absolue, qui ne puisse revêtir une intensité exceptionn elle dans toutes les autres formes de vulvite *.

Tardieu dit que, lorsqu'il y a ea contage, les vaisseaux de la vulve et du vagin sont d'une turgescence extraordinaire ; ils offrent, ajoute-t-il, l'apparence que présentent si fréquemment les veines de la verge gonflée et le prépuce turgescent chez les individus at-

{ Leçons de M. le professeur Jaumes.

2 Leçons de M. le professeur Jaumes, 3 Brouardel; Causes d'erreur : Commentaires de Méd. lég. (Hoffmann...)

Tu teints d’une chaudepisse très aiguë ‘. Il sortira en outre, en pressant sur le périnée, du pus de la vulve, et une gouttelette jaillira de l’urêthre; dans le cas où il n’y aura pas blennorrhagie, le pus ne sortira que de la vulve.

L'ensemble de ces signes, dit M. le professeur Brouardel, doit porter le médecin légisie à soupçonver la blennorrhagie, mais il ne saurait pourtant lui permettre de l’affirmer. Tous ces signes, en effet, peuvent faire défaut; c’est pourquoi il doit étudier la marche de la maladie et ne se prononcer qu'après plusieurs examens.

Ricord, dans un rapport médico-légal, dit ? : « [lest un signe qui, sans être incontestable, à une grande valeur pour prouver qu’il y a écoulement blennorrhagique chez la femme : c’est lorsque l'écoulement a pour siège l’urèthre. »

Celte opinion a été adoptée par Tardieu et Toulmouche.

2° Blennorrhagie chez l'homme.— Le diagnostic de la bleonorrhagie chez l'homme est plus facile que chez la femme.

Le médecin expert pourra s’eaquérir sur l’incubation, qui dure de deux à huit jours, sur la douleur dans les érections, sur la miction, sur le siège, qui commence principalement par la fosse naviculaire ; il examinera sile gland est tumnéfié, s'il y a écoulement blanc opaque, jaunâtre, si le jet de l’urine est plus mince que d'ordinaire, s’il est en vrille ou en tire-bouchon, s’il y a des douleurs concomitantes dans le trajet du canal, au périnée, aux testicules, et si enfin la chaudepisse est cordée. Si l'écoulement est peu abondant et si l’homme prend des précautions pour tromper le médecin, celui-ci pressera sur le périnée de bas en haut et d’arrière en avant, afin de faire arriver une goutte de pus au méat, en pressant toujours sur le trajet du canal.

2e SECTION. — Chancre simple ou mou (Ulcérations). — Si le

1 Tardieu ; Attentats aux mœurs, Te édit., 1878, pag. 49. 2 Ricord; Annales d'Hyg. publ. et de Méd. lég., 1844, tom. XXXII, pag. 447.

ET médecin expert doit s’entourer de prudence dans le diagnostic de la blennorrhagie, à plus forte raison doit-il le faire pour le diagnostic des affections chancreuses. Ses explorations ne doivent être ni trop superficielles ni trop prématurées ; il doit au contraire revoir le sujet et se souvenir toujours que l’issue du procès dépend du rapport médico-légal.

Le chancre mou, chez l’homme, peut être confondu avec les ulcérations herpétiques ; à fortiori peut-on confondre les deux affections chez la femme.

1° Chancre mou et ulcérations chez la femme. — Souvent le chancre mou est confondu, chez la femme, avec d’autres ulcérations, les ulcérations traumatiques principalement, et en second lieu les ulcérations herpétiques. Le siège de l’ulcération ne sera d’aucun secours pour le diagnostic différentiel.

Les ulcérations chancreuses siégeront le plus souvent sur les grandes lèvres, à l’entrée du vagin et à la commissure inférieure ; mais là aussi peuvent siéger les ulcérations traumatiques, herpétiques, les érosions catarrhales et enfin les déchirures de l’hymen à l’entrée du vagin.

La forme de l’ulcération peut être la même dans les cas d’ulcérations chancreuses, d’ulcérations traumatiques, catarrhales ou herpétiques.

Des caractères distinctifs peuvent cependant être établis : c’est que l’ulcération chancreuse prend de l'extension, tandis que les autres sont limitées à l'endroit où elles ont pris naissance et guérissent plus rapidement que l'affection virulente. De plus, le chancre mou est inoculable sur le même individu ; on aura, en outre, l’engorgement ganglionnaire et l'adænopathie, tandis que les autres éruptions peuvent, par l’inoculation, produire des ulcérations ; mais elles n’auront ni la même marche ni la même consistance et ne produiront qu'une adœænopathie passagère.

La confusion a lieu souvent avec l’herpès ; c’est pourquoi on

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