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doit examiner attentivement et à la loupe la surface de l’ulcéra= tion. On trouvera que le chancre simple est limité, soit par un cercle d’un certain diamètre, soit par un ovale plusou moins régulier, soit par une forme irrégulière. L’ulcération herpétique, au contraire, a une forme polycyclique et elle résulte de petites vésicules qui se sont ulcérées et fusionnées.
Si l'on suit l'évolution de la lésion, on trouvera que la guérison sera hâtive; s’il s’agit d’un herpès, rien ne se produira ; s’il s’agit d’un chancre vrai, la cicatrisation sera plus longue dans la majorité des cas; enfin, quelques semaines plus tard, paraîtront les acciden(s généraux. Ua véritable piège, dit M. Fournier !, c’est la coexistence possible des deux lésions que vous cherchez à distinguer, la coexistence de l’herpès et du chancre sur le même sujet, au même siége, dans le même temps.
On peul encore confondre le chancre mou avec l’ecthyma et les ulcérations de la galle.
2° Chancre mou chez l’homme. Ulcérations herpétiques. — L’éruption herpétique appelée chez l'homme herpes præputialis, n'est pas de nature virulente.
Les ulcérations chancreures siègent surtout au frein et au prépuce. Le médecin expert examinera donc avec soin les ganglions lymphatiques du pli de l’aine et constatera s'ils ne sont pas engorgés et s’il n'y a pas de bubon suppuré.
L’herpès præputialis est caractérisé par des vésicules ulcérées rangées en groupe, du volume d’ane tête d’épingle, qui se dessechent sans s'étendre et guérissent sous la croûte.
L’herpès susceptible d’être confondu avec le chancre est l'herpès confluent, formant des groupes, des bouquets d’érosions contisuës, lesquelles à un moment donné se réunissent, se fusionnent et aboutissent ainsi à const'tuer une érosion assez large.
1 Fournier ; loc. cit., 8e leçon, pag. 242 à 267; cité par M. Brouardel dans les Causes d'erreur en cas d'expertise.
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C’est aussi l’herpès creux, qui va au delà de l'épiderme, qui atlaque superficiellement le derme comme le chancre; c'est l'herpès à longue durée, c’estl’herpès chancriforme, qui s'en rapproche au point, en quelques circonstances, que, de l’aveu des Maîtres de l’art, de M. Ricord en particulier, il n’est pas de diagnostic possible à établir, à première vue ou pendant un certain temps, entre le chancre et lui ‘.
Non seulement le chancre peut être confondu avez lherpès dans sa forme érosive ou exulcéreuse, mais il risque aussi d’être confondu soit avec une érosios simple, traumatique, inflammatoire
ou autre.
3° SECTION. -— Chancre infectant ou syphilitique. Diagnostic différentiel d'avec le chancre mou. — Dans le cas de chancre
syphilitique, le médecin expert aura à le différencier du chancre mou ; nous doanons ici quelques-uns de leurs caractères différentiels.
1° L’incubation est de longue durée (dix jours à six semaines) dans le cas de chancre vrai cu syphilitique ; elle n’est que de deux ou trois j ours pour le chancre mou.
2° Le chancre syphilitique débute par une papule ou un tubercule qui s’ulcérera plus tard ; le chancre mou débute par une pustule. Nous dirons même qu’il y a des chancres vrais qui ne s’ulcèrent jamais ?.
3° Le chancre mou peut être multiple et inoculable ; le chancre vrai est un et n’est pas inoculable sur le même individu.
4° Le chancre vrai suppure peu et le pus qui s’en écoule est plastique ; ses bords sont taillés à pic, non décollés, indurés, et l’on sent, si l’on veut le saisir entre les doigts, comme une plaque cartilagineuse et parcheminée.
L'ulcération du chancre mou tend à s’élendre, s'accompagne
1 Fournier, 8e leçon.
? Hardy; Leçon sur la syphilis. Gazette des Hôpit., n° 117. 1889.