‹ L'intervention française au Mexique: accompagnée de documents inédits et d'un long mémoireChapitre 2 sur 41 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

L*expédition du Mexique est assurément l'épisode le plus émouvant de l'histoire du second empire, mais c'est aussi l'acte où ce que l'on pourrait appeler le mécanisme du gouvernement impérial se montre de la façon la plus apparente. Il n'est pas absolument juste de dire que l'expédition du Mexique a été le fruit du gouvernement personnel ; elle est la conséquence du système actuel de gouvernement, système qui est, je crois, sans précédent dans le monde.

Le gouvernement parlementaire eût probablement empêché l'expédition ou Teût arrêtée à temps, mais si le. gouvernement purement personnel eût engagé une telle entreprise, il l'eût menée autrement. Pour que le drame se déroulftt avec toutes ses péripéties, il a fallu un gouvernement assez personnel pour qu'il fût possible d'en-

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tamer l'aventure et assez constitutionnel pour énerver raction ; il a fallu en d'autres termes un gouvernement qui n'eût plus ni la décision d'un pouvoir unique, ni la modération d'un pouvoir tempéré. Un examen rapide de l'expédition dont ce volume présente le récit justifiera notre assertion.

En étudiant le système dont l'expédition du Mexique a été l'application malheureuse, on ne peut contester la justesse du point de départ, tl est clàif que l'Europe occidentale , après avoir été longtemps le centre du monde politique, est menacée d'une double déchéance par les menées ambitieuses de la Russie et par le développement prodigieux de la puissance américaine. On voit donc du premier coup d'oeil que l'intérêt de la France aurait été de créer en Amérique un contre- poids à là république des Ëtats-Unis, comihe son intérêt évident en Europe est encore d^opposer des digues à l'ainbition moscovite. La guerre du Mexique ne devait donc être à tout prendre qu'une expédition d'Orient sur le nouveau continent. Profiter des divisions qui avaieiit éclaté au sein de la république pour rallier en un faisceau soumis à l'influence européenne lesHispano-Amèricaîns; créer ainsi une limite à l'extension territoriale des États-Unis, tel était évidemment le programme de la politique impériale et l'on ne peut pas dire que ce programme ne fût pas conforme à l'intérêt de TEùrope occidentale.

Mais entre la gûeife d'Orient et l'expédition du Mexi-

fëè, il jr a më IffÂtidè diâRrekiee. Jioué aVidtts fait l'«t^ pédiUoil de Grilliez |)obr aller prdtei^r le goûtërtiëmilit tare «t etl boiàs âpp^yàût sur ee gou vërntdihent ; m Mexique au coiittiUi*e nous allions p6ïiet liti noutëi tié* méul dd désbrdire, de discorde et de trdubtei Du ntomeiit dti iidus n^iEivions pÊà d'butrë mobile qu6 l'inMMt français, il fallait agir en Amérique oomitie en Orient ( Il fallait songer k devenir les prDtecledrs naturels des gbuvemements utistànts, èi mauifais qu'ils fuissent^ cbmnie nous sommes les protecteurs naturels de goùyemement turc^ si défectueux qu'il se montre parfois ; il fallait de^ Venir les alliés daiis toute l'Amérique latifae du parti national et libéral essetitiellement i*éfractaire à l'enta'hissement des Ëtats-Unls. Au lieu de prendre ce HNc, nous nous soinmes faits les complices des partisans d'une restauration monarchique» les instruments du réye de quelques émigrés, et nous avons commis en AméHqtœ la même faute que quelques-uns nous conseillent de conmiettre en Orient quand ils veulent, qu'au lieu de protéger la Turquie, nous nous occupions de lui substituer un empire grec fabriqué et improvisé de toutes pièces.

Ainsi, dans la conception primitive de l'entreprise mexicaine, nous distinguons deux idées, Tune profondément juste, l'atitrê radicalement fausse : l'idée juste était celle d'un protectorat des républitîues latino-améri^ eaines; l'idée iausse était celle d'un établissement mo-*

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