‹ L'intervention française au Mexique: accompagnée de documents inédits et d'un long mémoireChapitre 30 sur 41 · partie d'une bande de malfaiteurs armés · texte numérisé non relu

partie d'une bande de malfaiteurs armés

2^ Tous les individus de cette catégorie qui seront

arrêtés seront jugés par une cour martiale;

3"* Cette cour c:artiale sera investie de pouvoirs

discrétionnaires;

' W" Elle sera composée de :

Un officier supérieur Président.

Deux capitaines Juges.

Un officier rapporteur 1

} Parquet.

Un sous-officier greffier. . • . )

Un interprète adjoint à la cour.

Les accusés pourront, sur leur demande, être assistés d*un défenseur.

5^ La cour prononcera à la majorité absolue des voii^ sans désemparer;

&" Les arrêts seront sans appel et eiécutoires dans les vingt-quatre heures/ à partir du prononcé du jugement ;

192 L'INTERVENTION FHANÇAISS

7"" Il sera établi une cour martiale dans chaque lieu où elle sera jugée nécessaire ;

8"" Les pouvoirs de chaque cour seront temporaires ; ils commenceront et cesseront sur la dédsioD du général commandant en chef ou sur celle do commandant militaire à qui le général en chef aura délégué ses pouvoirs à cet effet.

Au quartier général, à Mexico^ le 20 juin 1863. Le général de division , sénateur^ commandant en chef le corps expéditionnaire du Mexique,

« FORBT. »

A part deux régiments qui furent envoyés à quelque distance de Mexico^ Tarmée entière prit ses cantonnements dans la capitale.

Les triumvirs Almonle, Salas et Labastida reçurent le nom de régents de TEmpire, et une députation mexicaine quitta Yera-Cruz, le 48 août, pour aller offrir, au nom de la nation mexicaine, a l'archiduc Maximilien d*Autriche^ la couronne im* pénale du Mexique.

La régence forma immédiatement un minislàrB, mais au lieu de tout préparer pour la venue da

jeune souverain, elle resta inactive, et ses actes les plus importants, à coup sûr, sont : le traité de la cession provisoire de la Sonora à la France, traité signé par M. de Montholon pour la France et M. Luis de Arroyo pour le Mexique ; le décret rendant aux Mexicains nobles le droit d'user de leurs titres de no>blesse, et, enfin, celui qui rétablissait Tordre impérial de Guadalupe, institué jadis par l'empereur Yturbide, et que les gouvernements républicains avaient aboli.

Il faut, cependant, savoir gré aux généraux AImonte et Salas d'avoir résisté aux tendances réactionnaires du clergé et des hauts fonctionnaires mexicains', et d*avoir fait respecter le programme du général jPorey, pour tout ce qui concernait les lois de réforme décrétées par le président Juarez.

Laissons un instant le général Forey jouir de son triomphe dans la capitale, et les régents décréter les* mesures les plus insignifiantes, et revenons un instant en Europe.

Dans ses discours d'ouverture de session du

1« Une brochure a été publiée sous le titre : La Cour de Borne et F empereur MaximUien, dans laquelle toutes ces questions sont traitées avec détails.

194 L'iNTËRYEIfTION FRANÇAISE

Corps législatif^ l'Empereur avait parlé des offenses du Mexique.

Le 12 janvier 1863, il s'exprimait ainsi :

tf Les expéditions en Chine, en Cochinchine et au Mexique prouvent qu'il n y a pas de contrées si ioiDlaines où une atteinte portée à Thonneur de la France reste impunie. »

Et, le 5 novembre 1 863, il disait de nouveau du Mexique :

ff Après une résistance inattendue

nous avons vu les populations nous accueillir en libérateurs. Nos efforts n*auront pas été stériles, et nous serons largement dédommagés de nos sacrifices, lorsque les destinées de ce pays qui nous devra sa régénération, auront été remises à un prince que les lumières et les qualités rendent digne d'une aussi noble nation. Ayons donc foi dans nos entreprises d'outre-mer; commencées pour venger notre honneur, elles se termineront pour le triomphe de nos inU'rèts. i^

AU MfiXIQOE. 195

A cette dernière époque, oa ne pouvait plus nier la candidature de Tarchiduc Maximilien d^Âutriche, elle était affichée publiquement par les émigrés mexicains. La députation mexicaine s'était déjà présentée à Miramar, depuis le 3 octobre, et M. Billault ne pouvait plus désormais tenir cachée une situation qu'il s'était en vain efforcé de masquer par les a£Eurmations les plus positives ; il ne pouvait plus dire aux députés de la gauche :

« Au delà des faits patents^ vous cherchez à entrevoir je ne sais quelles machinations secrètes de la France, au profit d'un étranger. »

Mais^ nous n'hésitons à affiimer que déjà, le 1 2 janvier, cette candidature de Tarchiduc était déjà un fait arrêté. Il suffît, pour en être convaincu, de savoir que, dès le mois de janvier 1863^ Guttierez

Estrada écrivait au vieux Santa-Anna, pour le renseigner sur les intentions du gouvernement français, au moment où les troupes se mettaient en marche sur Puebla. La lettre suivante de l'ex-président do la république ne laisse aucun doute à cel égard :

Saint-Thomas, 25 mars 1863.

a Très-estîmé ami, (c Je suis très-heureux d'apprendre que ma lettre du 29 janvier dernier a été communiquée par vous au gouvernement impérial ! ! !

(c Nos amis sont heureux de savoir, dans les circonstances présentes, que la protection qu'on donnera au Mexique sera de longue durée (duradera) et efficace.

<v Ils étaient profondément abattus par la pensée qu'ils (les Français) se retireraient après avoir occupé la capitale et réparé Taffront fait à leurs armes. * • •••••.^#»» •••

a Soyez sûr, qu'au moment venu, j'emploierai toute mon influence, en faveur de Tauguste prince Maximilien. Son Altesse pense comme moi^ que la nation doit le nommer spontanément et explicitement. Mais pour obtenir cet appel, il faut que le terrain soit préparé par un gouvernement national, présidé par un Mexicain ayant un prestige suffisant.

« AmOMO LoPEZ DE SANTA-Alf5A. >

Le gouvernement impérial était donc tenu au courant de toutes les menées de Santa*Anna et de Guttierez Estrada! M* Larrabure ignorait évidemment ces détails, lorsqu'il disait au Corps législatif^ dans son rapport sur les crédits supplémentaires, en 1 864^ que^ « quant à l'expédition du Mexique, qui pèse le plus sur la pensée publique et sur nos budgets, elle n'a acquis les proportions considérables qu'on lui connaît^ que par un enchaînement d'incidents malheureux que le gouvernement n'a pu ni prévoir ni empêcher.

Mais M. Billault ne pouvait pas^ lui, ne pas être au courant de ce qui se passait.

Comment donc pouvait-il, comparer l'expédition française à celle que firent les Américains sous les ordres du général Scott ?

Comment pouvait-il dire sans crainte^ le 26 juin 1863, pour expliquer la marche des troupes sur Mexico : « Après une occupation de près d'une année^ l'armée des États-Unis put évacuer le Mexique^ ayant obtenu les réparations qu'elle était venue y chercher.

(c C'est là le mode d'action qui, aujourd'hui encore^ pourrait offrir quelques chances d'efficacité. »

Que ne l'a-tron pas adopté et consenré jusqu'au bout, ce mode d'action, au lieu d'aller cherchera fonder un nouyel ordre de choses antipathique à la nation mexicaine?

Nous ayons dit qu'une commission était partie de Mexico, le 1 8 août^ pour aller apporter à l'arcbiduc Maximilien le résultat du TOte des notables.

A son arrivée en Europe^ elle fut rejointe par son président Guttierez Estrada, et, le 3 octobre, elle se présentait à Miramar pour offrir la couronne impériale à J'archiduc d'Autriche. Le Prince remercia ces messagers, un peu empressés^ mais il ne crut pas devoir immédiatement accéder à leurs oCTres :

« Je suis profondément touché du désir exprimé par l'assemblée des notables, » leur dit-il. . .

et plus loin il ajoute ce l'essai de régénération du Mexique ne peut être entrepris par moi, sans que la nation tout entière ait confirmé, par une manifestation libre de sa volonté, les vœux de la capitale.

a Du résultat du vote de l'ensemble du pays, je

dois donc d'abord faire dépendre racceptaiion du trône qui m'est offert. »

Il ne s^agissait plus que d'obtenir ce vote. La choie n'était pas facile, mais d'autres obstacles plus difficiles avaient été vaincus, et ce dernier ne pouvait empêcher la réussite.

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