Z PRÉFACE
quence du fonctiomieineiit de nos institutions, c'est-àdire du foneUonnement de la Constitution de 1852, modiGée par des décrets et des sénatus-eonsultes socitessifs. Ce que l'on a le droit d'attendre d'un gouTer nement, c'est d'abord de mûrir ses projets, c'est ensuite de les exécuter avec hardieçse : des projets prudéminent concis, mûrement délibérés et énergiquement exécutés, Yoilà évidemment ce qui fait la bonne poUtiqua.
Or les choses se passent précisément au tebours de ce système : quand il s'agit d'adopter le^ résolutions et d'engager les questions^ la liberté du goqvernement est entière ; quand il s'agit de les exécuter, sa liberté cesse. Il se trouve en présence d'une Chambre qui l'entrave sans le savoir, parce que n'ayant pas été mise au osuruit du plan adopté elle n'en voit ni les nécessités, ni les périls, fie Cbtte façon le gouvernement est libre quand il devrait étire contenu, et entravé quand il devrait être libre. Isolé à l'heure où la délibération serait un ûrein, U délibère & l'heure de l'action, et après avoir pensé comme un gouvernement personnel, il agit comme un gouvernement parlementaire.
Aussi est-ce avec une vive satisCetetion qu'on doit voir le droit d'interpellation permettre aux Chambres d'intervenir dans les aSiires de l'État, et la présence des ministres i la Chambre établir une responsabilité ministérielle qui n'apparaît pas encore très-clairement, mais que des
BRÉFAGE. XI
alertions fiàtei soua le contrôle d-WQ prew libre readreat tFè8-9éfieu«e.
Cette lefidi fiif^iide a'eet pourtant pas la seule que Von doive tirer de l'histoire du Mexique : il faut y voir ^uiai la preuve que dans un pays où le pouvoir est soumis à un certain contrôle de l'opinion, le gouvernement le plus fort est impuissant à faire réussir les projets qu*il n'a d'abord pas fait accepter par le pays. Exposée au pays, l'affaire du Mexique eût peut-être été condamnée ; peutêtre aussi eût-elle été acceptée. Et si elle eût été acceptée, le gouvernement ayant dès le début et à chaque moment tous les moyens d'action nécessaires, l'expédition eût peut-être été Tune ^es S[lQire9 du règne au lieu d'être son plus cruel revers.
Que dans l'avenir et au milieu des épreuves qui nous attendent peut-être ce souvenir ne nous abandonne pas, car la victoire sera toujours le prix d'une intime union de l'opinion et du gouvernement; chaque fois que le gouvernement se sera isolé de l'opinion , même avec la pensée la meilleure, il sera réduit à l'impuissance. C'est l'histoire des dernières années du premier empire; c'est Thistoire de Texpédition du Mexique.
Telles sont les pensées qu'évoque en nous l'examen du drame dont ce volume dit les péripéties avec une autorité, une netteté et une modération également remarquables. Si coûteuse qu'ait été l'expédition du Mexique, nous ne regretterions pas lés sacrifices qu'elle nous a impo-
XU PRÉFACE.
ses, si la leçon qui s'en dégage apparaissait avec^clarté au gouvernement et à l'opinion, car alors cette épreuve ne serait à tout prendre que la rançon d'une liberté qu'on ne paye jamais trop chèrement.
Clément Duyernois.