SALLE 13, N
Fractures du calcanéum.
L'importance du calcanéum est grande pour la statique du pied, aussi dans les traumatismes de cet os devra-t-on faire tout le nécessaire pour sauvegarder sa forme anatomique.
On peut observer des fractures directes portant sur le corps de l'os et le divisant diversement.
Parfois il y a fracture comminutive, un véritable effondrement de l'os. Dans ces fractures il faut, dans la mesure du possible remettre les fragments en place et les fixer soit par des vis fines, soit par des agrafes. Je n'en dirai pas plus n'ayant pas encore do cas cliniques de cet ordre.
Les fractures par contraction musculaire sans être fréquentes ne sont pas exceptionnelles : la grande apophyse du calcanéum est arrachée dans une étendue plus ou moins considérable par la contraction des muscles du mollet. Le fragment, sollicité par la contraction des muscles se déplace fortement vers le haut (analogie avec les fractures de la rotule et de l'olécrâne).
Le traitement opératoire est le seul logique dans les fractures du calcanéum par arrachement ; l'intervention est aussi simple et anodine que rationnelle.
Technique : incision verticale sur le tendon d'Achille descendant jusqu'au talon. Après avoir nettoyé le foyer des caillots on abaissera le fragment détaché au moyen d'une pince à griffes et on le vissera dans le calcanéum au moyen de deux vis d'acier enfoncées d'arrière en avant. Pour faciliter la réduction il faut mettre le pied en extension sur la jambe et la jambe en flexion sur le genou, de façon à relâcher les muscles du mollet. Je suis intervenu dans un cas semblable avec un succès absolument complet (fig. 252, observation 89).
Les autres fractures du tarse n'ont guère d'histoire chirurgicale actuellement ; je les passerai donc sous silence.
Les fractures des métatarsiens et des phalanges sont fréquentes et guérissent par le repos sans conséquences fâcheuses.
Les fractures du corps du premier métatarsien (fig. 253) seront dans certains cas de déplacement, utilement suturées; l'importance du gros orteil dans la marche justifie cette intervention.
J'ai observé une fracture de l'apophyse du cinquième métatarsien par action musculaire; le déplacement était minime ; si le fragment présentait un fort chevauchement il serait logique et facile de le fixer à sa place par une vis fine (fig. 254.)
Observation 89. — Dillen, Jean, 48 ans, salle 1, n" 11. — Fracture du calcanéum par arrachement (fig. 252). Vissage du fragment le 24 octobre 1903. Guérison en quatre semaines. Vis tolérées. Revu trois mois plus tard, absolument guéri.
21 Octobre 1903. 28 Octobre 1903.
Fig. 252. — Dillen, Jean, 48 ans, salle 1, n" 11.
Observation. — Torfs, salle 1, n° 1. — Fracture du premier métatarsien (fig. 253). 17 janvier 1900. Pas d'intervention.
Observation. — M. Mol, 35 ans. — Fracture par arrachement du cinquième métatarsien (fig. 254). Juin 1905. Guérison en quelques semaines par le massage.
17 Janvier 1900.
FlG. 252. — TORP, SALLE 1, N° 1.
Juin 1905.
Fig. 254. — M. Mol, 35 ans.