‹ L'Intoxication FongiqueChapitre 28 sur 54 · SYNDROME MUSCARINIEN · texte numérisé non relu

SYNDROME MUSCARINIEN

Nous décrirons les symptômes suivant le mode classique, en considérant une période d’incubation, une période d’état, et enfin la terminaison.

19 Période d’incubation. — Le début est précoce. Les accidents se déclarent en moyenne de une à deux heures après le repas (une heure après l’ingestion de la Fausse Oronge; quatre heures après l'absorption de l’A. panthère). L’éclosion des accidents est variable suivant le nombre des champignons ingérés, et suivant leur mode de préparation : les champignons crus provoquent un début plus rapide. Le sommeil retarde l’apparition des accidents.

Pendant cette période on ne remarque aucun symptôme qui puisse faire soupçonner l’intoxication. |

20 Période d'état. — Le début est annoncé par quelques vertiges, de la somnolence, de l’anxiété, des éblouissements, bourdonnements d’oreilles; ces signes vagues annoncent la période d’état tout d’abord, se précisent et arrivent rapidement à leur maximum.

Les troubles digestifs et les troubles nerveux caractérisant la période d’état s'installent presque en même temps. :

Troubles gastro-intestinaux. — Ces troubles n’ont rien de bien spécial. Le malade accuse tantôt une sensation de chaleur, de brûlure au niveau du creux épigastrique, tantôt une douleur irradiant dans les flancs, avec vertiges, sueurs froides, nausées, s’accompagnant parfois de météorisme et de dilatation d’estomac.

-! Puis les vomissements apparaissent, calmant souvent les douleurs du début; une diarrhée séreuse, abondante

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s’installe, La sécrétion salivaire est parfois exagérée. Les urines diminuent considérablement de quantité et peuvent même se supprimer. La température est généralement normale ou légèrement élevée. Le pouls est régulier; le foie n’est ni gros ni douloureux.

Troubles nerveux. — Les troubles nerveux impriment au syndrome son caractère de gravité.

Le malade, le visage plus ou moins congestionné, les yeux brillants, les pupilles en myosis, est dans une agitation délirante spéciale. Il devient inconscient de ses actes, il est comme ivre, il tremble, titube, crie, gesticule, tient des propos incohérents, répond mal aux questions. Il rit aux éclats sans motif; il a des idées facétieuses, paraît en proie à des hallucinations singulières.

Quelquefois il a des attaques de délire furieux, des accès de colère qui peuvent le rendre dangereux; il semble désorienté et mal reconnaître les membres de sa famille.

Tel est le tableau de la folie muscarinienne.

30 Terminaison. — Ce delirium ebrieux se calme au bout de ‘plusieurs heures, en même temps que s’atténuent parallèlement les troubles gastro-intestinaux, et se termine par une crise de sommeil accompagné ou non de débâcle urinaire et sudorale. Le malade se réveille quelques heures plus tard, très amélioré, légèrement obnubilé, ne se souvenant guêre de ce qui s’est passé; la convalescence dure deux ou trois jours; la guérison est complète.

La mort pourrait survenir à la suite de complications rares, syhcope, hémorragie cérébrale, etc., mais ces cas sont exceptionnels, car les vomissements précoces évacuent la majeure partie du corps du délit. Ils ne s’observent que chez les enfants, les vieillards et les adultes ‘porteurs de lésions rénales, cardiaques ou hépatiques. Lorsque l'issue doit être fatale, l’état général s'aggrave, la stupeur s’accentue, le cœur se ralentit, la respiration devient suspirieuse,

la température baisse, le malade tombe dans le coma et ne tarde pas à succomber.

A côté de cette forme délirante normale (1) on a décrit des formes classiques très variées :

19 La forme convulsive, fréquente chez les enfants, pouvant présenter l'aspect tétaniforme, choréiforme, méningitique ;

20 La forme comateuse, dans laquelle le coma survient d'emblée;

39 La forme hypnotique, dans laquelle le principal symptôme est le sommeil.

A l'appui de cette description, et pour donner une idée

de ces manifestations, nous citerons quelques observations.

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