‹ L'Intoxication FongiqueChapitre 32 sur 54 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

Empoisonnement par l'Amanite panthère (D' PLANCHON, Thèse Montpellier, 1883, p. 168).

Me A. Benoît et sa fille, à Lodève, en septembre 1878, mangèrent un plat de champignons parmi lesquels se trouvait, selon toutes présomptions, une Amanita pantherina. C'était le soir à 6h 30. A table

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même, l’une et l’autre, prises de somnolence, se couchent de bonne heure et s’endorment. Vers 10 heures du soir, la fille s’éveille avec un malaise assez prononcé. Elle appelle sa mère qui éprouve, au même instant, des symptômes identiques. L’une et Pautre se lèvent en tâtonnant, la tête lourde, les jambes vacillantes, et passent avec peine dans la pièce à côté, où elles se mettent en devoir d’allumer du feu pour faire de la tisane. Leurs idées étaient déjà très troublées, au point qu’au lieu d’allumer le bois dans le foyer, elles le placent au milieu de la pièce et y mettent le feu. Alors leur ivresse devient complète : elles se mettent à sauter et à danser autour du feu, toutes deux, pieds nus, et en chemise. La vue de la flamme éveille chez la mère l’idée d’un incendie : elle cherche à l’éteindre avec une carafe, mais les forces lui manquent, et elle tombe sans connaissance à côté du feu. Le danger que court la mère dégrise un peu sa fille qui veut aller chercher du secours. Elle met plus d’un quart d’heure pour trouver la porte, l’ouvre enfin, et sort en chemise sous la pluie. Il est 11 heures du soir. Elle échoue épuisée chez le voisin, où on la couche. On s’empresse de courir à la mère qu’on trouve évanouie auprès du feu. Quelques heures après, arrive en toute hâte le DT Refregi, qui trouve les deux malades guéries. Elles avaient vomi et tout s’était complètement dissipé. La mère ne se rappelait rien, et la fille ne retrouva le souvenir que le lendemain.

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