ANATOMIE PATHOLOGIQUE — ÉTUDE DES SPORES
Les empoisonnements criminels par les champignons sont assez rares.
Les anciens attribuent cependant à ce mode d’intoxication la mort de la femme et des enfants d’Euripide, de l’empereur Claude et de Britannicus.
C’est encore à l’empoisonnement par les champignons que serait due la mort de l’empereur Tibère, du pape Clément VII, de l’empereur Charles VI. Enfin, la princesse de Conti, en 1751, et plus récemment, la veuve du tzar Alexis succombèrent au syndrome phallinien.
Dans une statistique d’empoisonnements criminels en Angleterre on trouve quatre cas d’empoisonnements fongiques vers l’année 1838.
Tardieu, dans une statistique française, de 1851 à 1872, en relève trois cas.
La responsabilité des marchands de champignons tend, d’après la jurisprudence actuelle, à être nettement établie : témoin les deux faits suivants :
« Le tribunal correctionnel de Valence a rendu, le 29 décembre 1899, un jugement condamnant le sieur X.. à quinze jours de prison pour homicide par imprudence. Ce marchand de champignons avait vendu des A. phalloïdes à une famille de Montéléger, en assurant qu'ils étaient comestibles. Il y eut cinq personnes d’empoisonnées dont trois succombèrent.
€ Une affaire beaucoup plus récente vient d'aboutir devant la justice à un résultat analogue. Un commission-
AR à
naire aux Halles de Paris vendait, au mois de juillet 1911, des Amanites phalloïdes. Un fruitier en acheta et en vendit à plusieurs clients. Beaucoup furent malades et deux personnes moururent. D’après le jugement du tribunal, le vendeur au détail a été acquitté, mais le commissionnaire aux Halles a été condamné à 200 francs d'amende, l’expéditeur à 100 francs. Ces deux derniers sont en outre condamnés à payer conjointement et solidairement 25.000 francs de dommages-intérêts à M. X.. dont la femme est décédée, »
Le médecin légiste peut donc être amené à statuer dans certains cas d’émpoisonnements. Il doit par conséquent bien en connaître les lésions.