TECHNIQUE
La technique est des plus simples. Une seringue de Pravaz du modèle courant et une aiguille d’acier ou mieux de platine iridié supportant des flambages répétés en constituent toute l’instrumentation. Il sera cependant nécessaire de se servir d’une seringue bien étanche, car le liquide pour pénétrer dans le derme rencontre une certaine résistance et refluerait facilement derrière le piston si l’ajustement n’était pas parfait ; de même il serait préférable de se servir d’une aiguille fine et courte.
Après avoir pris les précautions d'usage de stérilisation de l'instrument et de netloyage de la partie du corps où l’on se propose de faire la piqûre, on injecte dans l'épaisseur du derme une goulte, c'est-à-dire 1/20 de centimètre cube de tuberculine préparée comme nous l’avons indiqué plus haut, ce qui correspond à la dose minime de o mgr. ot.
L'injection peut être faite sur une région quelconque des téguments; les points les plus commodes ontparu être la face antérieure de la cuisse et la région deltoïdienne; pour notre part c'est sur cette dernière région que nous avons toujours opéré. À l'endroit choisi, on enfonce l’aiguille presque parallèlement à la surface de la peau ; on a soin que le côté biseauté de l'aiguille soit tourné
vers l'extérieur et regarde par conséquent vers l'épi-
TE
derme et non vers l’hypoderme quand l'aiguille est en place. En général, on devra presque toujours apercevoir par transparence le contour de l’extrémité de l'aiguille pour être sûr que l’on est bien dans l'épaisseur du derme. |
Il peut arriver chez les sujets à peau très fine que l’aiguille pénètre d'emblée jusque dans l’hypoderme ; il n'est pas nécessaire dans ce cas de la retirer, il suffit de relever légèrement sa pointe et d'aborder le derme par sa face profonde. L'opération, en somme, est absolument analogue à une injection traçante de cocaïne.
L’aiguille bien fixée, on pousse le liquide qui devra former une petite boule d'æœdème de la grosseur d’une lentille ; c'est l'existence de cette boule d’œdème qui ren-
seignera si la piqûre a été réussie.
SYMPTOMATOLOGIE
La réaclion, quand elle est positive, est d'une grande netteté. Elle peut apparaître dès la neuvième heure qui suit l'injection sous forme d’une infiltration, seulement perceptible au toucher, ou déjà visible et de couleur blanche ou rosée. Après vingt-quatre heures, l'infiltration est rose ou rouge vif, parfois blanche, œdémateuse, avec une surface très légèrement granitée. Tout autour, apparaît un halo rosé d’érythème.
Il arrive qu'après vingt-quatre heures la réaction soit à peine ébauchée, car c’est surtout après quarante-huit heures qu’elle atteint son maximum : nodule central et
halo périphérique se sont encore développés.