OBSERVATION I
Marie N..., 34 ans, cultivatrice. Entrée le 8 décembre 1924 dans le service de M. le docteur Loubat (salle 10, lit 20), pour métrorragies et douleurs dans la partie droite de l’abdomen.
Elle fait remonter le début de sa maladie au mois de mars 1923. A cette date, après une grossesse qui s'était bien passée, elle accouche normalement d’un enfant bien portant. Les suites de couches sont normales, les règles reparaissent trois semaines après. Elles sont désormais normales comme apparition, durée, quantité, aspect, mais occasionnent des douleurs qui obligent la malade à s’aliter.
En juin 1924, apparition brusque d’une douleur intense dans la fosse iliaque droite, qui se généralise vite à toute la partie droite de l'abdomen, mais reste plus intense dans la région appendiculaire. Pas de fièvre. Pas de vomissements. Il y a de la diarrhée.
Le traitement appliqué consiste en : repos au lit, diète, application de cataplasmes.
Rapidement les phénomènes douloureux disparaissent (au bout de sept jours); mais la reprise des occupations reste impossible, tout
effort ou toute fatigue réveillant la douleur.
RC)
Le 9 août 1924, après un retard de règles de cinq semaines, surviennent des métrorragies abondantes (12 serviettes certains jours), mélangées de caillots au début. En même temps, les douleurs augmentent dans le bas-ventre, du côté droit, et irradient dans les lombes. Ces métrorragies durent jusqu’à la fin de septembre 1924. À partir de cette époque, la malade perd du sang par intermittence (par exemple pendant sept jours, puis arrêt de trois jours), elle ne reconnaît plus ses règles.
Pendant tout ce temps, au niveau du point de Mac Burney, les douleurs sont à peu près constantes, et la malade, fatiguée, anémiée, garde le lit par périodes.
Elle entre à l'hôpital le 8 décembre 1924, sur les conseils de son médecin.
Depuis son entrée, la température s’est maintenue dans les environs de la normale avec cependant une fièvre légère, irrégulière, le soir. Le pouls est resté normal. Maintenue au repos absolu, elle n’a pas présenté de cerise douloureuse abdominale et a eu seulement quelques pertes sanguines.
Les antécédents ne révèlent rien de bien spécial. A noter une typhoïde à 15 ans et une congestion pulmonaire. Jamais d’ictère. Pas de constipation.
L'examen montre une malade fatiguée, anémiée.
La palpation abdominale révèle une douleur intense au point de Mac Burney, il y a de la défense musculaire à ce niveau. Il n’y a pas de plastron.
Les zones annexielles sont légèrement douloureuses au palper.
Le toucher vaginal montre un utérus rétrofléchi, réductible. Les culs-de-sac sont libres; les culs-de-sac latéraux légèrement douloureux. S L'examen des différents appareils reste négatif.
Intradermo-réaction le 3 janvier 1925 : Négalive.
Opération le 8 janvier 1925. Dès l'ouverture du ventre on remarque quelques granulations iléo-appendiculaires. Il n’y à pas d’épaississement du grand épiploon. Pas d’ascite.
Lésions de tuberculose annexielle, confirmées par l’examen histo-
logique. Ovaire droit augmenté de volume.
LV D Ses
Appendicectomie facile.
Oosalpingectomie droite.
Suites opératoires : très simples; guérison sans incidents. Exeat le seizième jour.
OBsERvATION II.
France S.., 22 ans, Entre le 5 janvier 1925 dans le service de M. le docteur Rabère pour douleurs abdominales.
Elle n’a eu qu’une seule crise.
Cette crise débute dans la nuit du 30 au 31 décembre 1924, par une douleur brusque et d'intensité moyenne dans la région appendiculaire, elle va en croissant jusqu’au lendemain. Accalmie le 31; puis la douleur reprend, augmente dans les deux jours qui suivent et reste stationnaire jusqu’à son entrée à l'hôpital.
Traitement depuis le début de la crise : repos au ht, diète hydrique.
Il y a eu trois vomissements : le premier, alimentaire, dans la nuit du début de la crise; les deux autres, muqueux et bilieux, deux jours après. Il y a eu une selle le 31 décembre, plus depuis. Pas d'arrêt des gaz. La température n’a pas été prise.
Examinée le 6 janvier, la malade ne montre pas un facies bien altéré. La douleur spontanée est assez légère.
La palpation de l’abdomen indique une contracture très légère de la paroi, localisée à droite. La palpation profonde de la région appendiculaire provoque une douleur nette, mais on ne sent aucune tuméfaction, il n’y à pas de plastron.
La percussion est négative.
L'examen de l'appareil génital ne montre rien d’anormal; l'épreuve des trois points est nettement positive en faveur de l’appendicite. Les règles sont quelque peu irrégulières, il y a quelques pertes blanches.
La température oscille entre 37°8 et 3793.
L'examen des autres appareils reste négatif.
A noter dans les antécédents, un ictère à 12 ans, ayant duré trois semaines, de la constipation habituelle (selles tous les trois RES Jamais de crises douloureuses abdominales.
Diagnostic porté : Appendicite.
Le 6 janvier 1935 : Intradermo-réaction : Négative.
Opération le 10 janvier 1995 : Appendice long, adhérent, rétrocœcal. Section première et libération de la base vers Ja pointe (appendicectomie difficile).
Suites : simples, sans incidents, gaz rendus le deuxième jour; un vomissement au réveil; la température est à la normale au bout de trois jours et s’y maintient jusqu’à la guérison.
Exeat le 31 janvier 1925.
OBSERVATION IIL.
Marcelle J..., 27 ans. Commise pâtissière, entrée le 22 janvier 1925 dans le service de M. le professeur Chavannaz (salle 9, lit 22), pour douleurs dans la partie droite de l'abdomen, qui la surprennent dans son travail et la gènent considérablement, avec amaigrissement, et perte de forces.
Le début de l’affection remonte à 1920, où elle eut une crise qui dura huit jours. La douleur, bien localisée dans la zone appendiculaire, fut légère. Il n’y eut ni fièvre, ni nausées, ni vomissements, ni conslipalion marquée.
Depuis cette date, elle a ressenti une douleur sourde à peu près constante à ce niveau, augmentant sous l'influence de l'effort et de la fatigue et diminuant et disparaissant le plus souvent la nuit et sous l'influence du repos. Il n’y a pas eu de crise à proprement parler. Il y a eu depuis ce temps toujours une constipation légère, et il faut noter depuis un an une diminution de l’appétit, un peu d'amaigrissement et une sensation de lassitude.
Les antécédents ne montrent rien de spécial. A retenir seulement que les règles ont toujours été douloureuses avec irradiations aux . lombes.
A l’examen, c’est une malade qui a bon aspect.
Les signes fonctionnels qu'elle accuse sont une diminution de l’appétit, des nausées par intermittence et cette douleur sourde au point de Mac Burney, qui se montre parfois spontanément malgré le repos
au lit. Pas de constipation.
trier
Au niveau de l’abdomen, on note une douleur modérée à la pression bien localisée au niveau de l’appendice. Les zones annexielles ne sont pas douloureuses.
L'examen de l’appareil génital montre une rétroflexion facile à réduire, pas d’annexes perceptibles ni douloureuses.
Au niveau des autres appareils : rien à signaler.
On porte le diagnostic de : Rétroflexion utérine avec appendicite chronique.
Intradermo-réaction le 21 janvier 1925 : Positive faible. Tache rouge de la dimension d’une pièce de 2 francs; sans phénomènes généraux; sans adénopathie.
Opération le 29 janvier 1925 : Sous anesthésie à l’éther on fait une laparotomie médiane sous-ombilicale. L’utérus est rétrofléchi, il y a du varicocèle tubo-ovarien surtout à droite. L’ovaire droit est sclérokystique.
On pratique l’oosalpingectomie droite et le raccourcissemnet des ligaments ronds par la méthode de Baldy-Dartigues.
L’appendice est libre, de longueur normale, un peu renflé en massue, rouge et turgescent à son extrémité.
Appendicectomie facile.
Suites opératoires : simples; guérison sans incidents.
Plusieurs vomissements au réveil. La température et le pouls reviennent à la normale (trois jours). Les gaz sont rendus le deuxième jour.
Quitte l'hôpital ne souffrant plus.