OBSERVATION V
Roger C..…., 19 ans, employé au lycée. Entré le 19 janvier 1925 dans le service de M. le professeur Chavannaz (salle 18, lit 30), pour appendicite chronique.
Le malade à eu en tout trois crises bien nettes.
La première crise a débuté le 15 janvier 1924 dans l’après-midi par une douleur subite, en coup de poignard, au niveau de la région appendiculaire; assez vive. Au bout de trois heures, elle disparaît à peu près complètement. La nuit suivante est bonne. Le lendemain le malade ressent encore quelques « picotements », dit-il, et tout rentre dans l’ordre. Il n’y a eu ni vomissements, ni nausées, ni fièvre. Pas d'arrêt des matières et des gaz.
La deuxième cerise débute le 15 mai 1924 par une douleur survenant brusquement comme la première fois; elle dure 24 heures. Il n’y a pas de vomissements, pas de nausées. Le malade garde le lit un jour, reste à la diète ce jour-là, el reprend ses occupations le lendemain. À noter une constipation assez marquée se prolongeant plusieurs jours.
La troisième crise débute la nuit à 1 heure du matin le 19 novembre 1924. Apparition brusque de la douleur au niveau du point de Mac Burney, douleur extrêmement vive, obligeant le malade à se courber en deux.
Un vomissement alimentaire, suivi le lendemain de plusieurs wmissements muqueux et bilieux. Le malade entre à l'hôpital le 20 novembre 1924, le soir, en pleine crise par conséquent. Traitement appliqué : repos, diète, glace sur le ventre.
Les douleurs se calment au bout de trois jours. Il y a arrêt des gaz la première journée; ballonnement assez marqué. La constipation est opiniâtre. Le malade ne va à selle que le dix-septième jour. Il n’a pas eu de vomissements à l'hôpital.
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Au bout de vingt-cinq jours, la crise passée, on donne rendezvous au malade pour le début de janvier. Jusque-là il devra rester au repos absolu et suivre un régime sévère.
Entre ces trois crises, cet homme était bien portant, il ne souffrait pas; ressentait à peine quelques picotements, rares et intermittents. Il n’était pas constipé. Dans ses antécédents, rien à signaler.
Il rentre à l’hôpital le 19 janvier 1925 pour y être opéré à froid. ‘Son état est bon. L’examen de l’abdomen montre une région appendiculaire absolument souple, et une douleur légère provoquée par la palpation profonde à ce niveau.
Toucher rectal négatif.
Examen des autres appareils : Négatif.
Diagnostic porté : appendicite chronique.
Intradermo-réaction le 21 janvier 1925 : Négative.
Opération le 26 janvier 1925 : Anesthésie à l’éther. Incision de Jalaguier. L’appendice est rétrocæcal, collé au cœcum. Section première. Libération de la base vers la pointe (facile).
L’appendice est long, légèrement congestionné et renflé à son extrémité. Sa section longitudinale montre une hypertrophie de la couche lymphoiïde.
Suites opératoires : très simples. ;
Rend des gaz le jour même. Température et pouls normaux au bout de deux jours. Reprise de l'alimentation le huitième jour. Cicatrisation per primam.
Ventre souple, non douloureux au moment de l’exeat.
OBsERvATION VI.
Marcelle L.., 26 ans, jardinière. Entre le #4 février 1925 dans le service de M. le professeur Chavannaz (salle 9, lit 5), pour appendicite.
Elle a présenté trois crises nettes. Sa première crise a débuté dans ‘les conditions suivantes (antérieurement, elle n'avait jamais souffert du ventre) :
Le 3 février 1924, elle accouche d’un fœtus mort, à neuf mois. Les
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suites de couches sont normales jusqu’au quatorzième jour. La malade se lève puis présente une phlébite du membre inférieur droit. Vers le 15 mars: phlébite double. En même temps apparition de douleurs dans la région appendiculaire, douleurs s’installant progressivement et arrivant à être intenses.
Durée de cette crise : quatre jours. Il y a eu des nausées, mais pas de vomissements. Fièvre élevée. Selles quotidiennes grâce à des lavements.
La malade se lève le 12 juillet, guérie de ses phlébites.
La deuxième crise se montre fin octobre 1924. Les douleurs sont apparues comme au cours de la crise précédente, ont même siège et même intensité, mais ne durent que quelques heures. Il y a des nausées; pas de vomissements; pas de fièvre; la malade ne s’alite pas.
La troisième crise débute le 4 janvier 1925. Ressemble à la précédente, mais la douleur est moins intense et diffuse rapidement à tout l’abdomen.
Durée de la crise : 24 heures.
Dans l'intervalle des crises, il y a de Ja faiblesse, pas d’amaigrissement.
Constipation assez marquée (trois jours sans selles), des picotements intermittents au point de Mac Burney.
Les antécédents ne révèlent rien de particulier. Les règles sont normales comme apparition, quantité, aspect. Elles sont douloureuses. Entre les règles, quelques pertes blanches.
Entre à l'hôpital le 4 février 1925.
L'examen de l’abdomen montre seulement une douleur légère à la palpation profonde de la région appendiculaire, Aucune tuméfaction.
Le toucher vaginal montre un utérus antéfléchi, petit, mobile; des “annexes droites perceplibles et un peu douloureuses.
L'épreuve des trois points est positive en faveur de l’appendicite.
Toucher rectal : rien.
Examen des autres appareils : négatif.
Diagnostic : Appendicite chronique.
Intradermo-réaction le 7 février 1925 : Négative. Zone rosée de la dimension d’une pièce de deux francs.
44e NES
Ro —
Opération le 11 février 1928 : Sous anesthésie à l’éther. Incision de Jalaguier. On extériorise facilement le cœcum. L'appendice est libre, de longueur normale, de calibre normal et régulier.
L'appendicectomie est facile, on enfouit en bourse et l’on referme sans drainage. L’appendice fendu en long ne contient pas de liquide, mais présente des lésions de folliculite hémorragique.
Suites opératoires : très simples.
Vomissements au réveil. La température ne dépasse pas 378, le pouls 100.
Température et pouls sont à la normale le cinquième jour. Le sixième et le septième jour : 36°8 le soir; puis revient définitivement à la normale. La guérison s’obtient sans incidents.