‹ L'intradermo-réaction au coli-bacille dans ses rapports avec les suites de l'appendicectomie (Contribution à l'étude de la vaccinothérapie pré-opératoire)Chapitre 7 sur 32 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

A la suite de certaines appendicectomies même faciles, ra-

pides, et pratiquées dans les meilleures conditions, pour des appendicites complètement refroidies cliniquement, le chirurgien est surpris d'assister à des accidents, la plupart il est vrai passagers et simplement inquiétants, les autres (heureusement très rares) absolument terrifiants, amenant la mort à bref délai, en trente-six ou quarante-huit heures.

. Dans une communication à la Société de chirurgie de Paris, le 12 mars 1919, L. Bazy et Vallée, recherchant l’explication de ces faits, font jouer un rôle important à un état -spécial de l'organisme, hypersensible à certains germes nmnes en circulation par l'acte opératoire.

Ils proposent ‘de déceler cet état, qu'aucun examen clinique ne peut faire soupçonner, par une intradermo-réaction faite avec les germes reconnus le plus souvent en cause dans l'ap-

pendicite.

Une réaction positive permet de reconnaître, disent ces auteurs, une diminution de résistance du sujet vis-à-vis de ces germes, et une vaccination pratiquée avant l° appendicectomie doit prévenir dans une certaine mesure les accidents postopératoires liés à ce défaut de résistance.

L. Bazy et de Nabias ont présenté le 18 juin 1924, à la Société de chirurgie, les résultats d’une pareille pratique, portant sur 30 cas.

Ces résultats paraissent encourageants.

Mais il serait intéressant, comme le fait remarquer R. Grégoire dans la même séance, de pratiquer chez un certain lot de malades, avant l’appendicectomie, la même intradermoréaction, cette fois non suivie de vaccination.

Une telle épreuve permettrait de mettre en parallèle les résultats de l’intradermo-réaction et les suites opératoires. On verrait bien alors si les suites compliquées surviennent surtout chez des malades ayant présenté avant l'opération une intradermo-réaction positive.

Si la chose se vériliait, ces cas positifs paraîtraient évidemment justiciables d’une vaccination préventive.

Tel est le but que nous nous sommes proposé dans ce travail.

Nous n'avons pas voulu entrer dans l'explication des résultats de nos réactions dans le sens biologique, ni pénétrer les phénomènes de sensibilité de l'organisme vis-à-vis de tel ou tel germe; nous avons simplement observé des faits, et nous les rapportons en les interprétant comme il est dit plus haut.

Une méthode bactériothérapique semble donner de bons résultats; la contre-épreuve va-t-elle confirmer ces résultats ? .

Chez 35 malades atteints d’appendicite, nous avons Soigneusement noté tous les détails de l’histoire de la maladie, les antécédents, utiles à connaître chez cértains, l’état actuel du sujet.

Nous avons pratiqué chez tous ces malades l’intradermoréaction suivant la technique indiquée par L. Bazy (nous reviendrons plus loin sur cette technique). Nous en avons noté le résultat.

Nous avons ensuite noté les renseignements concernant l'acte opératoire : technique employée, difficultés, incidents, lésions trouvées à l’opération. Tous ces malades ont subi l’appendicectomie.

Nous avons suivi ces malades après l'opération et nous rapportons pour chacun d’entre eux les suites opératoires.

Ces suites, heureusement simples dans le plus grand nombre des cas, ont été marquées parfois par des accidents locaux ou généraux passagers, que rien ne faisait prévoir, venant après des opérations faciles. Ces accidents paraissent donc bien entrer ‘dans le cadre de ceux dont nous avons parlé.

Nous avons observé en outre, chez un malade opéré à froid, des accidents brusques, dramatiques, ayant amené rapidement la mort. Ce dernier cas rappelle, par beaucoup de points, les observations présentées par certains auteurs à la Société de chirurgie, et dont nous reparlerons.

Enfin nous avons comparé les résultats de nos intradermoréactions avec :

Chemin faisant : l'histoire de la maladie; le nombre, la violence des crises; l’état actuel du malade; les lésions trouvées à l'opération; mais surtout (car c'était là notre véritable but) avec les suites opéraloires.

Nous allons tout d’abord exposer la méthode de la bactériothérapie préopératoire, et dans un chapitre suivant nous rapporterons les faits que nous avons observés.

LA METHODE DE L'INTRADERMO-REACTION SUIVIE DE VACCINATION ANTICOLI-BACILLAIRE PREOPERATOIRE

À. — Considérations qui ont amené les auteurs à pratiquer cette méthode.

Nous avons parlé de ces sortes d'accidents qui surviennent brusquement dans les jours qui suivent l’appendicectomie. C'est quelquefois après une opération banale, sans incidents, chez des malades ayant bon état général apparent et présentant un minimum de lésions appendiculaires, que surviennent ces complications, alors que rien ne pouvait les faire prévoir.

Parfois ce sont des phénomènes extrêmement brutaux qui amènent la mort rapidement. D’autres fois, ce sont des phénomènes moins graves : accidents généraux passagers sans signes locaux; accidents locaux, réaction péritonéale, phlébite.

Les accidents graves de la première catégorie sont heureusement fort rares, et quelques cas ont été publiés par les chirurgiens qui s’en montraient fortement émus.

Ce sont : les cas présentés par Bazy à la Société de chirurgie en 1919;

Le cas présenté par Chevrier à la même Société le 16 juin 1920 sous le titre : « Un cas de mort rapide sans accident local après l’appendicectomie à froid »;

* Le cas présenté par Bazy à la Société de chirurgie le 48 juin 1924, qui ne s’est pas, celui-là, terminé par la mort : Il s'agissait d’une fillette chez laquelle lappendicectomie avait été particulièrement simple. Tout se passa normalement la première Journée qui suivit 1 opération. Mais le deuxième jour, sans aucun signe local, il y eut du délire, une fièvre à 40°8,

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