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fonder une certitude et affirmer ou infirmer un diagnostic ?
Voyons quels résultats a donné son utilisation en clinique.
Dans les Annales de Dermatologie et de Syphiligraphie, Otto Jersild publie le résumé de ses re-
cherches et aboutit aux conclusions suivantes :
19 Sur 11 malades atteints de maladie de Nicolas- Favre cliniquement typique, la réaction de Frei est positive chez les 11, la réaction au Dmelcos est négative chez 9, douteuse chez 2 dont un ayant eu
antérieurement un chancre mou ;
% Sur 4 malades atteints autrefois de maladie de Nicolas-Favre la réaction de Frei est positive chez les 4, tandis que la réaction au Dmelcos, se montre
négative chez tous ;
30 Sur 9 sujets témoins (3 blennorragies, 3 syphilis secondaire, 3 bubons chancrelleux) la réaction de Frei est négative chez 8, douteuse chez un, la réaction au Dmelcos négative chez 6, positive fortement chez les 3 sujets porteurs de bubon.
Gregorio, sur 20 malades atteints de poradénite trouve vingt fois la réaction de Frei positive avec une intensité différente mais toujours positive, tandis que la réaction au Dmelcos se montre constamment négative.
Les deux méthodes (intra-dermo au Dmelcos et
au Frei) appliquées parallèlement, contrôlées l’une €
de O5 un par l’autre, se sont montrées concordantes et capables de se compléter mutuellement.
Voici les résultats qu’a obtenus Ravaut, en pratiquant des intra-dermo-réactions sur 26 sujets atteints de chancres mous et 27 sujets atteints de lymphogranulomatose.
1) Chez les 26 malades chancrelleux.
Sur 34 réactions au Dmelcos pratiquées :
31 ont été positives ou fortement positives ;
3 faiblement positives.
Sur 57 réactions au Frei :
54 ontété négatives ; 3 faiblement positives ou douteuses.
20 Chez les 27 malades lymphogranulomateux.
Sur 92 réactions à l’antigène de Frei :
90 résultats positifs (dont 76 nettement ou très fortement positifs, 44 faiblement positifs).
2 résultats négatifs (ces 2 réactions ont été négatives chez un même sujet au début de la maladie, la réaction est devenue ultérieurement positive chez ce malade).
Sur 68 réactions de lto-Reenstierna :
53 résultats complètement négatifs ; 45 résultats douteux ou faiblement positifs.
En conclusion, dit Ravaut, la réaction de Frei s'est montrée constamment positive chez nos 27 sujets atteints de lymphogranulomatose.
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En effet, les 2 réactions négatives, faites trop précocement, ne peuvent servir d'argument que pour préciser le délai d'apparition de l’état d’allergie cutanée, ce délai d’apparition peut être prolongé et il montre qu’on ne doit jamais rejeter le diagnostic de poradénite d’après une seule réaction de Frei négative, mais qu’il est nécessaire de répéter la réaction comnie il a été fait dans ce cas.
Quant aux 45 réactions au Dmelcos faiblement positives, elles portent seulement sur 5 malades, de sorte que la proportion à retenir est celle-ci : chez 27 sujets atteints de poradénite, la réaction de Ito-Reenstierna a été dans 22 cas complètement négative, chez 5 malades elle est demeurée douteuse.
Nous allons voir quelle paraît être la signification de ces faits.
Tout d’abord, il paraît possible, étant donnée la fréquence du chancre mou, qu’un certain nombre de ces malades fussent d'anciens chancrelleux, même quand l’interrogatoire n’a pu révéler aucun antécédent net.
De plus, chez ces sujets, il s’est toujours agi de réactions faibles ou douteuses et surtout passagères. Elles tombaient régulièrement après 48 heures, de sorte que ces réactions faibles et passagères ne paraissent pas constituer un obstacle sérieux à condition qu'on ne lise pas trop tôt les résultats des épreuves. |
30 Les réactions ont été étudiées chez 24 sujets
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témoins porteurs d'adénopathies suppurées inguinales ou cervicales (tuberculeuses ou mycosiques). L'existence d'infection chancrelleuse dans les antécédents avait été écartée.
Sur 24 réactions d'Ito-Reenstierna :
20 résultats négatifs 4 douteux.
Sur 28 réactions de Frei.
26 résultats négatifs.
2 douteux.
Ainsi sur 177 réactions de Frei pratiquées on a obtenu les résultats suivants :
90 résultats + 2 résultats —
92 réactions dans la poradénité :
| 0 résultats + \
97 chez des sujets chancrelleux : { 54 résultats —
3 résultats + 0 résultats + 26 résultats — 2 résultats +
28 chez des sujets témoins :
Ces résultats sont éloquents et démontrent d’une facon péremptoire, la fidélité de la réaction de Frei qui n’a donné en quelque sorte que des résultats positifs chez les malades atteints de poradénite, tandis qu'elle s’est montrée constamment négative dans tous les autres cas,
Nous ne saurions trop insister maintenant sur l'association fréquente du chancre mou et de la lym=
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phogranulomatose, tantôt simultanée par contamination unique, tantôt successive.
Toutes les formes associées se présentent d’une manière à peu près semblable. Ce sont des manifestations chancrelleuses qui se développent les premières. Le traitement par le Dmelcos cicatrise le chancre, améliore l'adénopathie. Mais au bout de trois à six semaines les lésions cessent d'évoluer vers la guérison, des fistules se forment, la périadénite se déclare, des placards scléreux profonds englobent les ganglions puis un bubon se ramollit. La maladie de Nicolas-Favre évolue sur l’emplacement de l'infection chancrelleuse.
Gaté et Charpy en rapportent une observation typique :
Ils ont observé un malade atteint de chancres mous typiques avec adénopathie inguinale d’aspect inflammatoire. L’intradermo-réaction au Dmelcos est positive, la réaction de Frei est négative. Six injections intraveineuses de Dmelcos font disparaître chancres et adénopathie. Le malade en apparence guéri un mois après, revient vingt jours plus tard présentant un bubon nouveau au même niveau que le précédent et d’aspect à peu près semblable. Aucune lésion génitale nouvelle. Un nouveau traitement au Dmelcos est cette fois inopérant. Mais une nouvelle réaction de Frei pratiquée est nettement positive. C'est l'inefficacité complète du traitement par le Dmelcos intra-vei-
neux lors de la récidive ganglionnaire qui leur a
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donné l’éveilet c'est la réaction de Frei qui leur a donné la clef du diagnostic.
Ainsi donc, la plupart du temps, les lésions chancrelleuses ouvrent la scène. Sous l'influence du traitement l’adénopathie diminue de volume puis l'aspect typique de la poradénite se constitue.
En résumé : l'étude de l'allergie cutanée dans la maladie de Nicolas-Favre, comme dans l'infection chancrelleuse d'ailleurs, apporte des renseignements de la plus haute valeur théorique sur l’existence de réactions biologiques générales distinctes et irréductibles dans les deux maladies.
La réaction de Frei constitue par ailleurs un procédé pratique de diagnostic qui est incomparable en clinique. Et les lymphogranulomatoses au début, les formes hybrides d’adénopathies inguinales dont l'examen bactériologique et les autres inoculations restent parfois aussi impuissantes que la clinique à fixer l’étiologie peuvent facilement être classées aujourd’hui grâce aux réactions de Frei et de Ito-
Reenstierna.
II. — La maladie de Nicolas-Favre et les autres adénopathies inguinales.
Si la réaction de Frei a moins d'importance pratique dans le diagnostic des autres adénopathies inguinales que dans celui Gu chancre mou son
importance théorique n’est nullement négligeable
20 en
ne serait-ce que par le fait de sa négativité qui vient apporter un argument de plus encore à sa spé cificité.
En effet, pratiquée par maints auteurs dans l'adénite suppurée banale l’intradermo-réaction s’est constamment montrée négativeet l’on serait tenté de croire qu’elle est sur ce terrain sans aucun intérêt. Mais nous savons que la maladie de Nicolas- Favre peut parfaitement revêtir au début l'aspect d’une simple adénite évoluant d’une façon banale vers l’abcédation et l’on conçoit aisément qu’une réaction de Frei positive à un tel stade puisse orienter d’une façon particulièrement heureuse et efficace le traitement.
L'expérience est là qui prouve l'existence de telles formes, et l’intérêt de leur diagnostic. Et c'est ainsi que H. Gougerot et R. Cohen rapportent dans le Bulletin de la société française de dermatologie et syphiligraphie de juillet 1931, un cas d’adénite avec gros abcès unique, avec réaction de Frei positive. L'aspect assez banal de cette adénite n’aurait pu, cliniquement, faire poser un diagnostic précis ; celui-ci fut établi d’une façon tardive par une adénopathie lymphogranulomateuse typique.
Nous avons pratiqué à maintes reprises la réaction de Frei sur des malades porteurs d'adénopathies de type bacillaire, et toujours avec un résulat négatif. De même dans les adénopathies syphi-
litiques tertiaires.
Ce sont dans les formes associées que la réaction
L — 41 — de Frei vient apporter un appoint capital au diagnostic.
Nous avons déjà vu les résultats obtenus dans l'association de la maladie de Nicolas-Favre et du chancre mou, nous nous occuperons surtout maintenant de son association avec la syphilis.
Ici encore ce sont les manifestations syphilitiques qui ouvrent la scène. Sous l'influence du traitément le chancre disparait, tandis que l’adénopathie augmente de volume et gagne la fosse iliaque, pour prendre l’aspect symptomatique typique de lalymphogranulomatose.
Dans tous les cas observés par Sézary et Lenègre, la maladie de Nicolas-Favre a été mise en évidence par une intradermo-réaction de Frei fortement positive. Ces auteurs s'élèvent contre l’avis de E. de Gregorio qui a écrit que l'infection syphilitique pouvait donner une réaction de Frei positive sans qu’il y eut maladie de Nicolas-Favre. « Nous nous inscrivons, écrivent-ils, contre cette opinion, car dans tous les cas de syphilis primaire que nous avons étudiés à ce point de vue, la réaction s’est toujours montrée négative. Nous nous inscrivons également contre une autre opinion de cet auteur qui prétend que la lymphogranulomatose peut s’accompagner de séro-réactions syphilitiques nettement positives. Nous pratiquons ces épreuves chez tous nos malades et pas une seule fois, nous ne les avons trouvées franchement positives chez des
sujets indemnes de syphilis. »
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On voit quelle valeur primordiale ces auteurs accordent à la pratique de la réaction de Frei dans le diagnostic des formes associées.
L'association d’une infection syphilitique et d’une infection lymphogranulomateuse a déjà été reconnue grâce aux réactions biologiques par différents auteurs : par Frei lui-même, après lui par Nicolas, par Favre, par Lebeuf, par Chevallier également qui estime que « la réaction de Frei a un intérêt presque pathognomonique, même chez les syphili-
tiques secondaires. »
La réaction de Frei et les formes ano0rmales de la maladie de Nicolas-Favre.