I. — Maladie de Nicoias-Favre et chancre mou
Bubon et maladie de Nicolas-Favre, ces deux maladies sont cause d’un même phénomène local, l’adénopathie.
Par ce symptôme commun elles sont bien voisines et peuvent même devenir tout à fait indistinctes, si bien que l’on a pu méconnaîitre comme nous l'avons dit antérieurement, jusqu’à ces dernières années l'existence autonome de la maladie de Nicolas Favre, toujours rattachée au domaine du chancre mou ou à une cause générale.
Aussi est-il capital de savoir que ces deux affections, au premier abord purement locales et qui se rejoignent par leurs manifestations apparentes limitées aux ganglions, retentissent l’une et l’autre sur tout l'organisme. Et l’étude de leurs répercussions biologiques générales permet de voir s'accuser toujours davantage les différences qui les séparent et
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les placent finalement à une telle distance l’une de l'autre que la confusion entre elles n’est plus concevable.
Que la porte d’entrée ait paru faire complètement défaut, ou que très minime ou très passagère elle ne soit plus visible au moment de l'examen, le diagnostic clinique de certaines adénopathies vénériennes devient parfois excessivement difficile. En effet, la nature de telles adénites prête bien souvent à grosses discussions : bubon chancrelleux sans chancre mou typique gu maladie de Nicolas-Favre, tels sont les deux termes entre lesquels hésite le plus fréquemment le diagnostic,
Parfois certes les caractères anatomo-cliniques des ganglions sont suffisamment tranchés pour offrir une présomption en faveur du diagnostic de poradénite que vient simplement confirmer l’intradermo-réaction à l’antigène de Frei.
Parfois aussi les formes typiques de l’adénopathie chancrelleuse n’offrent pas matière à discussion : l’importante lésion initiale, l'allure évolutive, l’orifice unique d'ouverture, parfois la chancrellisation de la peau sont autant d'éléments qui orientent d'emblée et que vient confirmer l’intradermo-réaction au vaccin anti-chancrelleux.
Mais il est des cas délicats, car ces formes relativement caractéristiques sont loin d’être les plus fréquentes, du moins au début de leur évolution. En sorte que au moment où l’on voit pour la première fois la plupart de ces malades, il est souvent prati-
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quement impossibie de déceler par l'examen eli: nique la nature de la maladie. Il n'y a pas en effet un seul des signes physiques caractérisant, les formes typiques de la maladie de Nicolas-Favre qui ne puisse être en défaut ; la multiplicité des logettes ramollies, évoluant vers la péau et suppurant isolément, chacune pour sen propre compte, le développement très étendu de la sclérose entre ces foyers de suppuration, l'extension profonde vers la fosse iliaque sont autant de symptômes excellents, survenant après plusieurs semaines d’évolution, mais qui manquent presque toujours dans les formes récentes et qui peuvent même dans certains cas ne Jamais apparaître.
Les formes initiales de la maladie de Nicolas- Favre, constituées par une seule poche uniloculaire, fluctuante et suppurant en totalité, sans trace de fibrose existent. Rien ne permet de les distinguer cliniquement d’un bubon chancrelleux banal sans porte d’entrée nette:
C'est alors que l’exploration de lallergie cutanée avec la méthode des intra-dermo-réactions prend tout son intérêt et en pratique dans les cas douteux on n’affirmera pas la maladie de Nicolas- Favre avant d’avoir, par tous les moyens, cherché à mettre en évidence l'infection chancrelleuse d’une part, constaté une réaction à l’antigène de Freï pôsitive d'autre part.
- Mais la positivité ou la négativité de la réaction de Frei sont-ils des signes sur ilesquels on puisse
A. Fabre j