ACTE I , SCÈNE IX
C’est bien, mon enfant , mais il faut le montrer à ton père; il s’y connaît mieux que nous.
BONNE VAL
Cela n’est pas mal.
O U S T A V£ , prenant le dessin.
Permettez- vous ? C’est délicieux ! De la légèreté dans la touche, et une grâce, un flni.... ! Je ne suis qu’un amateur, et je ne me prévaux pas de la conGance de quelques-uns de nos premiers artistes. J’écoutais hier mademoiselle , qui s’accompagnait sur le piano; elle est d’une grande force. C’est un meurtre de cacher tant d’attraits , de talens au fond d’une province.
BONNEVAL, i pari.
Allons , c’est au tour de ma Glle à présent.
GUSTAVE
Madame Bonneval , vous ne pouvez refuser à mademoiselle, la jouissance de recueillir les suflVages des vrais connaisseurs, et de faire l’admiration des cercles les plus distingués de la capitale.
M“*. BONNEVAL
Eh mais , mon cher cousin , ma Glle dessine et fait delà musique pour son plaisir et pour le nôtre ; elle n’est , Dieu merci , ni vaine , ni frivole.
CÉCILE
Et je ne suis pas jalouse de briller à Paris.
GUSTAVE
Allons , allons , vous ne dites pas ce que vous pensez. Savez-vous, madame Bonneval , que je suis dans l’eu-
chantement des inventions mécaniques de votre manufacture. Par exemple , j’espère que vous ne vous adresserez qu’à moi, quand il s’agira d’obtenir un brevet d’invention.
M”'. BONNEVAL
Un brevet d’invention ?
BONNEVAL
Je ne blâme pas ceux qui en sollicitent. Le fruit du travail est la plus légitime des propriétés. Par conséquent , on peut en disposer à son gré, et comme je suis content de mon sort , je veux que ce que j’ai imaginé de bien , profile aux autres comme à moi. Loin de cacher mes petits secrets , je suis prêt à les communiquer, à les enseigner même , à ceux de mes confrères qui voudront prendre la peine de visiter mes ateliers.
GUSTAVE
C’est raisonner en prodigue. J’espère que madame qui entend si bien les intérêts de sa maison , vous fera sentir de quel immense avantage vous vous priveriez} il y a de quoi devenir millionnaire.
M">«. BONNEVAL
Moi, monsieur? je pense tout-à-faii comme mon > mari.
CÉCILE
Ah ! ma mère n’est ni avide ni intéressée.
Jele vois bien. part.) C’est égal , mes paroles ne
sont pas perdues. \
BOÜRVILLE.
Le cher cousin n’est pas heureux dans les offres qu’il fait aux gens.