‹ L'intrigant maladroit, comedie en trois actes et en prose, representee sur le second TheatreFrancais le 27 decembre 1820;Chapitre 20 sur 81 · ACTE I , SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE I , SCÈNE IX

C’est bien, mon enfant , mais il faut le montrer à ton père; il s’y connaît mieux que nous.

BONNE VAL

Cela n’est pas mal.

O U S T A V£ , prenant le dessin.

Permettez- vous ? C’est délicieux ! De la légèreté dans la touche, et une grâce, un flni.... ! Je ne suis qu’un amateur, et je ne me prévaux pas de la conGance de quelques-uns de nos premiers artistes. J’écoutais hier mademoiselle , qui s’accompagnait sur le piano; elle est d’une grande force. C’est un meurtre de cacher tant d’attraits , de talens au fond d’une province.

BONNEVAL, i pari.

Allons , c’est au tour de ma Glle à présent.

GUSTAVE

Madame Bonneval , vous ne pouvez refuser à mademoiselle, la jouissance de recueillir les suflVages des vrais connaisseurs, et de faire l’admiration des cercles les plus distingués de la capitale.

M“*. BONNEVAL

Eh mais , mon cher cousin , ma Glle dessine et fait delà musique pour son plaisir et pour le nôtre ; elle n’est , Dieu merci , ni vaine , ni frivole.

CÉCILE

Et je ne suis pas jalouse de briller à Paris.

GUSTAVE

Allons , allons , vous ne dites pas ce que vous pensez. Savez-vous, madame Bonneval , que je suis dans l’eu-

chantement des inventions mécaniques de votre manufacture. Par exemple , j’espère que vous ne vous adresserez qu’à moi, quand il s’agira d’obtenir un brevet d’invention.

M”'. BONNEVAL

Un brevet d’invention ?

BONNEVAL

Je ne blâme pas ceux qui en sollicitent. Le fruit du travail est la plus légitime des propriétés. Par conséquent , on peut en disposer à son gré, et comme je suis content de mon sort , je veux que ce que j’ai imaginé de bien , profile aux autres comme à moi. Loin de cacher mes petits secrets , je suis prêt à les communiquer, à les enseigner même , à ceux de mes confrères qui voudront prendre la peine de visiter mes ateliers.

GUSTAVE

C’est raisonner en prodigue. J’espère que madame qui entend si bien les intérêts de sa maison , vous fera sentir de quel immense avantage vous vous priveriez} il y a de quoi devenir millionnaire.

M">«. BONNEVAL

Moi, monsieur? je pense tout-à-faii comme mon > mari.

CÉCILE

Ah ! ma mère n’est ni avide ni intéressée.

Jele vois bien. part.) C’est égal , mes paroles ne

sont pas perdues. \

BOÜRVILLE.

Le cher cousin n’est pas heureux dans les offres qu’il fait aux gens.

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