ACTE II, SCÈNE V
ERNEST
Qui? moi , grand Dieu ! pour elle , pour Cécile?
GUSTAVE, àparl,
Allons 5 voilà le grand mot lâché !
# RNEST.
le croit ? Parbleu ! monsieur,
je vous ai bien des obligations d’avoir soupçonné une pareille extravagance de ma part.
GUSTAVE, à part.
parbleu! je lui conseille de me chercher querelle. 8RNEST.
Moi j pauvre , orphelin , misérable petit commis , que j’aie eu un instant la sotte présomption de songer à mademoiselle Bonneval ? à la fille de l’homme à qui je dois tout? Le Gel m’en est témoin-, jusqu’ici je ressentais pour elle une afiection aussi tendre que respectueuse ; je la voyais comme une aimable enfant avec qui j’avais été élevé. Il ne m’était pas arfivé de penser que cette, aimable enfant était devenue une jeune personne charmante , qui va se trouve? l’objet des recherches , des vœux, des hommages de mille autres qui valent bien mieux que moi. Tout est change. Je crains a présent de m’interroger , de descendre dans mon cœur, et d’y découvrir un seÉtiment. . . . En vérité , monsieur , vous pouviez vous dispenser de me rendre un aussi
mauvais service. ,
GUSTAVE,* part. ■ ^
Vous allez voir que c’qgt moi qui l’aurai rendu amoureux.
E RNEST.
Elle va me haïr, me mépriser.... Mais que dis-je.^ elle est instruite , et elle vient de m’assurer qu’elle me conservait son estime. Ah ! mes amis , mes bons amis , je suis le plus heureux des hommes. Certes , je n’aurai' jamais la folie de m’oublier jusqu’à me croire digne d’elle. Mais cette estime qu’eU^me conserve encore , ne scjnhle-t-elle pas annoncer^^m , si j’étais dan^ une autre position , peut-être est-ce moi qu’elle préférerait ? Et u’ est-ce pas la plus douce consolation qui pût m’arriver? ÇA Gustave.') K\\.\ monsieur, pardonnez un premier mouvement d’humeur , et recevez mes sincères remercîmeps , puisque c’est à vous que je dois le bonheur dont je 'jouis. „
GUSTAVE
Monsieur, je suis enchanté si vous vous en contentez.
EBNEST.
Mais tâchons d’éloigner oes idées , qui me causent à la fois trop de peine et trop de joie. Je n’aurai que trop le temps de m’y livrer. Puisque vous êtes au fait, monsieur , il faut vous joindre à nous , pour fêter M. et M“'. Bonncval. Le moment approche. Je cours inspecter tous nos travaux. Ah ! Cécile ! Cécile !... Mais, enfin, vous m’estimez, (.x/ Gustave.) Ah! monsieur, que je vous ai d’obligations !
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