‹ L'intrigant maladroit, comedie en trois actes et en prose, representee sur le second TheatreFrancais le 27 decembre 1820;Chapitre 54 sur 81 · ACTE II, SCÈNE XV. Crï · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XV. Crï

De quoi , monsieur ?

GUSTAVE

Vous avez, conduit vos aHaircs h merveille.

ERNEST

Plaît-il ?

GUSTAVE

Une jeune fille éprise... ses parons pleins de tendresse pour vous

ERNEST

Eh bien, monsieur ?

GUSTAVE

Une grande fortune.... tme riche dot

Eh bien, monsieur?

GUSTAVE

C’est bien cîilculé.

ERNEST

Bien calculé?

GUSTAVE

Mais non ; il n’y a pas eu dé préméditation de votre part; l’occasion s’olTre, et vous savez la saisir.

E R îJ EST, à part.

Ah dieu ! quelle idée a-t-on dçjà de moi !

GUSTAVE

Il y aura bien encore quelques petits obstacles pour peu que le père et la mère réfléchissent ; mais vous les surmonterez.

ERNEST

Vous penseriez qu’un sordide calcul....

L’IlSïKIGAWT MÂLADUOIT,

GUSTAVE

Tout le monde n’a pas cette hàbileté. Moi, par exem* pie , il y a quelques années , je me suis trouvé dans une position à peu près semblable.

HRKEST.

Vous , monsieur ?

GUSTAVE

J’avais eu l’bonneur d’élre fort bien accueilli dans le château du comte deSt-Pbar, dont vous avez peut-être entendu parler. 11 se trouvait là, comme ici , une charmante demoiselle. . . un bonhomme de père comme ici. . . . une assez belle fortune , pas si grande que celle de mon cousin Bonneval-, maisentin irenie mille francs de rente, c’était quelque chose. Je n’étais pas. encore aussi avancé que je le suis aujourd’hui ; la jeune personne me distingua , j’eus des scrupules 5 je craignis de faire une action peu délicate , en profilant de la préférence qu’elle semblait m’accorder sur des partis plus avantageux. J’eus la faiblesse de craindre les discours qu’on pourrait SC permettre sur moi 5 j’eus la sottise de laisser échapper l’héritière-, j’eus le courage d’étouffer mes sentimens et de rompre toute relation avec cette respectable famille.

ERNEST

Vous fîtes fort bien, monsieur.

GUSTAVE

Eb bien ! oui , si vous voulez , c’était fort bien. Franchement, l’idée de devoir ma fortune à unefemme, m’a toujours répugné. Puis, on a beau dire qu’il faut braver les propos du mondq -, personne ne les méprise autant qu’il s’en vaùte. J’ai peut-être eu tort , cependant.

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