ACTE II, SCÈNE XV
ERNEST
Il n’y a pas d’efforts dont on ne doive être capable pour mériter l’estime , la considération partout pour se ** conserver sa propre estime.
• GUSTAVE
Cette idée m’a consolé, m’a soutenu et m’a fait même éprouver au milieu de mes chagrins uu conti’iitcmcnt pur et délicieux. Il serait si doux, pourtant, de pouvoir concilier l’intérêt et l’honneur !
ERNEST
L’intérêt n’est rien, l’honneur est tout ; l’amour même lui doit être sacrifié.
GUSTAVE
C’est bien là le langage d’un honnête homme. Vous me touchez , vous m’intéressez.
ERNEST y se parlant à lui^méoie sans faire alteotion k Gustave.
Non , je ne mériterai pas le nom d’ingrat , je m’arracherai au bonheur 5 si je restais , aurais-je la force de ne pas succomber ?
GUSTAVE
Je le tiens. Prenez garde, il ne faut pas em-
brasser sur-le-champ un parti extrême. Voyons , n e pourriez-vous pas consulter quelqu’ami ?
ERNEST
Oh dieu ! j’aurais l’air d’hésiter.
GUSTAVE
C’est vrai , peut-être en effet vaut-il mieux... Mais, cependant, une fortune si belle, si facile.....
08 lmntrtgant maladroit,
KnNF.ST.
Eli ! monsieur , ne parlez donc pas de fortune. Je ne dois voir que bonheur de Cécile et de ses pareus.
GUSTAVE-
Aimable et trop délicat jeune homme.... On vient; contenez-vous , réllécliissez , j’y penserai ; nous en reparlerons.