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que date mon entrée au service des renseignements, A celle-ci qui eut lieu le 20 mai 1908, il n'a été remis 300 francs » … « Je sais être au courant du pétard Massard qui éclata au cours de la grève des cheminots, je m'engage à le tenir confidentiel, j'avoue avoir participé à la pose de ce pétard. »
Correspondance de l'Intérieur, lettres de Madame Métivier à M. Pérette, rapports de Métivier et signés de son nom de police: Luc, etc., etc:
Ce déballage eut lieu devant la presse. Métivier reconnut tout, avoua tout — sauf, dernier eftort du cœur dans l’ignominie et en dépit des preuves, que sa femme ait connu son « métier » et participé à ses «exploits ».
Ils n’allèrent pas au delà, les collaborateurs de M: Gustave Hervé, et dans l’Affaire, virent avant tout, lPaugmentation du tirage de la Guerre Sociale.
Un autre point mériterait d’être éclairci. Comment, dans quelles conditions, fut-il possible de recueillir les preuves de la « trahison » de Métivier? Ici, tout est trouble, M. Gustave Hervé reporta l’honneur de l'opération au «S. S. R. », « Service de Sûreté Révolutionnaire », depuis trois ans, paraît-il, sur la piste de Métivier.
€ S.:8. R. » … Soit. Encore que de fatidiques initiales ne constituent qu’un mystère de plus. Mais comment le «S. S. R. » entra-t-il en possession des documents de la Sûreté générale? Par exemple de la lettre de Métivier à M. Bonifas, chef du cabinet de M. Clemenceau? « J’affirme, dit Almereyda, devant la Cour d’assises, que ce n'est pas dans un bureau de poste qu'a été prise la lettre de Métivier. — Alors? fit le président — Alors, il y a des bureaux supérieurs à ceux de la poste ».
Dans la Bataille Syndicaliste, le 28 juillet, M. Griffuelhes, après avoir déclaré qu’il n’était « ni surpris ni indigné » par les révélations sensationnelles, ajoute:
« Métivier était un mouchard. C’est entendu. Nous le savions depuis des mois. Je ne serais pas éloigné de croire que la Sûreté se réjouit de l'exécution bruyante d’un agent dont elle est débarrassée. » L’insinuation est assez claire. Plus tard, MM. Jouhaux et Griffuelhes la préciseront encore et feront entendre que. Métivier a dû être brûlé par le ministre de l’Intérieur lui-même,
La vérité doit être à mi-chemin. Le « S. S. R, » était, de toute évidence, en rapports avec un agent de la Sûreté générale, qui lui fournit pièces et documents. À quels mobiles obéit cet informateur? Jalousie, rancune, vengeance? Comment s’établirent les raports avec le S. $S..R.? Est-ce le S. $S, R. qui — s'il exista vraiment et s’il fut autre chose qu'une étiquette — dépêcha un de ses membres à la Sûreté générale pour y jouer le rôle de « contre-espion »? Nous sommes dans le champ des hypothèses. IL importe peu d'y demeurer ou d’en sortir. Almereyda
est mort, Que la Guerre Sociale garde l’énigme du S.S. R:1
Remis en liberté, après ses aveux, Lucien Métivier se hâte vers son domicile où le $S. S. R. a perquisitionné. Il s’y terre, cependant que sa femme, sur des directives qui ne sont guère difficiles à percevoir,
dépose une plainte contre les collaborateurs de M. Gustave Hervé,
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On devine aisément le remue-ménage de la rue des Saussayes, au coup de tonnerre de la Guerre Sociale. Une nuée de policiers subirent le contre-coup de l’ire de MM. Pérette, Moreau et Métivier.
MM. Pérette et Moreau se précipitèrent vers le sous-secrétaire d'Etat à l’Intérieur. L’écho parvint jusqu’au cabinet du président du Conseil. Celui-ci, dont les préoccupations étaient graves, dont la pensée et les inquiétudes allaient haut et que le nom d'Agadir absorbait autrement que celui de Métivier, dut, aux plaintes de ses services, au mot de «séquestration arbitraire», se débarrasser, d’un geste coupant et net, de toute l’affaire dont il ne soupconnait guère l’importance : « Des individus ont séquestré? Qu'on les poursuive! qu’on les arrête! Au droit commun! » Et M. Joseph Caïillaux revint au problème de la guerre et de la paix qu’il devait résoudre en homme d’Etat réaliste, en républicain de France qui ne voulait pas « plus conduire les obsèques de son pays que déchaîner une conflagration dont la seule pensée bouleversait toute l’'humanilé qui était en lui! »
Sous le vent d’orage, qu’ils ont volontairement provoqué, les collaborateurs de M. Gustave Hervé se dispersent, les uns en Belgique, les autres en Suisse, Certains sont arrêtés, MM. Goldsky, Tissier, Dolié, etc. Tous sont poursuivis devant les assises pour « usurpation de fonctions, séquestration, vol et complicité de vol ». La Guerre Sociale, tant bien que mal, fait tête. Elle mugit contre le gouvernement de
M. Caillaux, elle publie un pittoresque dessin de Paul Poncet, où Métivier est désigné sous le titre : « Le poteau de Caillaux » (sic), et, s'adressant aux journalistes de toute opinion, leur, demande de protester contre les poursuite et de flétrir, avec eux, la police politique.
Ici se place un intermède qu’il n’est pas inutile de placer sous les yeux de ceux-là, qui, à l’instar de Proudhon, se plaisent à chanter la douce ironie, la déesse souveraine qui délivre de la servitude des partis et des mystifications de la politique.
Il s’agit des relations de la Guerre Sociale et de l'Action Française.
En 1909, déjà, la Guerre Sociale avait publié une ardente et sincère protestation contre les iniques traitements policiers subis à la Santé par le jeune camelot du roy, M. Maxime Real del Sarte. En 1910, Hervé, Almereyda, Méric, fraternisaient dans leur prison avec MM. Maurras, Pujo, del Sarte. En 1911, la Guerre Sociale (5 octobre) publie la lettre typique, dit-elle, que vient de recevoir la feuille d’Almereyda:
Paris, 3 octobre.
Mon cher confrère,
Je réponds volontiers à vos deux questions:
1° Je pense du mouchard, comme de toute espècë de traître et d’espion, qu'il n’y a rien de plus vil dans la nature, rien de plus dangereux dans la société;
2° Il peut arriver qu'une organisation politique ait intérêt à conserver des mouchards qu’elle connaît, soit à cause de leur sottise utile, soit que, les employant à faire parvenir des renseignements faux
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à l'adversaire, elle désire ne pas interrompre la conlinuité de ceux-ci.
Mais, en général, l'élimination des mouchards, espions et traîtres qualifiés me paraît, comme à tout homme de bon sens, le droit imprescriptible, je! dirais même le premier droit et le premier devoir de toute organisation politique. C’est un droit et un devoir vital. Il appartient aux membres de cette organisation de déterminer si cette élimination doit être faite en douceur, d’une manière violente ou être accompagnée d’un châtiment qui, dans certains cas déterminés — alors, par exemple, que le mouchardage aurait provoqué une catastrophe — devrait aller jusqu’à la mort. L’exécution de Galope-Chopine dans les Chouans de Balzac est un bon exemple de ce dernier cas.
Veuillez agréer, mon cher confrère, l'assurance de mes sentiments distingués.