‹ L'intuition bergsonienneChapitre 20 sur 80 · Évolution créatrice, chap. iv · texte numérisé non relu

Évolution créatrice, chap. iv

définie par les symboles, n'est que l'expression illimitée du privilège, formulé déjà strictement, de la vision artistique individuelle1, libérée des mots euxmêmes qui la traduisent2, sur les concepts définis de la science. Et, par l'irréductible déséquilibre de cette vision universalisée et de cette action intellectuelle spatialisée, se formule, en termes globaux, l'initial et irréductible déséquilibre de la quantité spatiale et de la durée qualitative.

Il semble donc que l'hypothèse énoncée au début et qui, nous engageant à postuler la continuité du système, nous a permis de déduire la série des antithèses foncières du système, soit confirmée enfin par le développement de ces antithèses irréductibles. La fluidité du bergsonisme, qui procède de la souveraineté de l'intuition dans le bergsonisme, se trouve constamment, bien que partiellement, surprise par les solidifications qu'opère en elle l'intelligence spatialisée. Et, par cette surprise constante et inévitable, l'unité du système, sans doute, ne sera point rompue, puisque, malgré les solidifications spatiales et conceptuelles, la fluidité de l'intuition poursuit de façon vivante et fidèle son écoulement dans la durée.

i. Évolution créatrice, chap. n.

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