‹ L'intuition bergsonienneChapitre 6 sur 80 · Essai..., (F. Alcan) chap. i et n · texte numérisé non relu

Essai..., (F. Alcan) chap. i et n

boliser, grâce à leur pouvoir de suggestion concrète, l'évolution mélodique de la vie conscient»1. Et l'on voit ainsi que l'effort renouvelé de cette dialectique, adversaire du symbolisme conceptuel et numérique et de la figuration quantitative du réel, consiste à mettre en valeur la qualité pure par quoi le réel se développe; mais Ton voit aussi que cet effort pour accentuer la nature qualitative du réel accentue l'opposition entre la qualité que l'on préfère et la quantité qui résiste 2. L'antithèse est donc irréductible.

On se rend compte également à quel point cette première opposition détermine la suivante. La seule tentative de différencier l'homogène distinction et le changeante continuité assure, en effet, à cette opposition première une forme nouvelle, puisque les distinctions tranchées sont l'œuvre de l'espace homogène et qu'une transformation graduelle de nuances qualitatives est étrangère, dès lors, à cet espace. Pour assurer le contraire, il faudrait oublier que la continuité apparente de l'espace se définit par les extériorités réciproques, et il faudrait oublier également que la multiplicité mélodique est une négation de l'extériorité puisqu'elle se réalise par une mémoire des nuances successives3. Que si l'on revient au problème de l'intensité apparente des états psy-

i. Introduction à la métaphysique.

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