Cf. Évolution créatrice, ch. i, p. go-ioS
Second.
Intuit.
L'INTUITION BERGSONIENNE qui devrait le porter sans fin en l'Imprégnant de sa vertu, se déterminera trop souvent pour lu, en solidité partielle et adverse, gênant par li. même le progrès de l'initiation poursuivie, et br.sant 1 effort de finitié au choc imprévu des contradictions surgissantes et des dures antithèses. Et ce n est pas seulement, dès lors, à la multiplicité des œuvres que le temps série, c'est encore, dans une même œuvre, a la réfraction diverse et inégale de l'élan inspirateur qu'il faudra sans doute rapporter, avec le sentiment Is oppositions déroutantes, l'inquiétude croissane che. le disciple à l'égard de la simplicité et de la
fécondité de l'inspiration. ,• -, - j„
L'originalité du bergsonisme, la simplicité de l'élan qui l'inspire, la fécondité de l'œuvre qui 1 exprime, la diversité des points de vue qui le repreientent, la rtuidité courante et doucement entraînante de ce flux de pensée créatrice, rien de tout cela ne peut se dérober à l'adepte de la doctrine, rien de !out cela ne saurait fuir le regard du curieux qui la guette. Mais, si l'adepte ou le curieux, lisant avec scrupule l'œuvre entière du maître, se reportant aux expressions ou les plus anciennes ou les plus fugitives de sa pensée, ne négligeant pas plus que es déterminations expresses du livre ou de 1 article les indications fluctes de la discussion instituée ou de Yinter.ne.' occasionnelle, compare soigneusemen ces multiples rendus, peut-être l inquiétude et le sentiment qu'éveille, ainsi que nous le disions plu haut, toute doctrine scrutée de la sorte s éveilleront
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alors chez lui. Et il pourra lui sembler alors que la pensée bergsonienne, au lieu de suivre naturellement le cours tranquille d'une évolution progressive, s'est développée, d'une œuvre à l'autre, par une série de crises troublantes, rompant ainsi la simplicité de l'élan inspirateur et se traduisant de façon successive par des expressions contradictoires. Il pourra lui sembler aussi que chacune de ces expressions, grâce précisément à la fluidité du courant initial, parce qu'elle retient, à la manière d'une mémoire indéfectible et toujours prôte à transparaître dans la pensée présente, ce qu'il y eut de divers dans les pensées antérieures, constitue, dans ce courant fluide, quelques-unes de ces solidifications partielles où se heurte, brisée diversement par la diversité des pensées qui survivent et s'opposent et par celle des pensées qui se forment, la confiance docile de
l'initié.
Que ce soit donc à travers la série des essais, par où la philosophie bergsonienne s'efl*orce de mettre en valeur la vision initiale de la durée vivante; que ce soit en chacune de ces tentatives et à chacun de ces moments, où cette môme philosophie s'elforce de dilater et les concepts particuliers et les esprits individuels pour réaliser graduellement, par la fusion intérieure et originelle des particularités et des divergences, l'unité de la vision spéculative et pratique; le lecteur attentif de l'œuvre bergsonienne, au cours même de cette réalisation vitale et synthétique, ne croira-t-il pas retrouver ou trouver,
L'INTUITION BERGSONIENNE 1 subsistantes ,.u naissantes .H même accentuées, es div rgences et les oppositions et les contradu,- Ls dont cet effort vital nous devatt "ff-nchir • Fau -il donc osti,uor, ou bien que la plulosoph.e W-nienne est constituée, en elFet, par des mo- ' :i successifs, et que le moment "Iteneur d truit et surmonte dialectiquement celu. qu. le pre eéd •' .." bion que les moments qui se succèdent dflV sorte se sl-cédent, en fait, sans être .ne^^^^^^
i lip^ (Mitro eux et comme pénètres l un pai "tr^ou bien, enlin, si Ion néglige ces d.ffe- : s qu'institue la durée, que cette ph.losop,.e
ppise en bloc et non dans son évolut.on. es fa. e r raen.ent. en dépit de son dés.r avoue d unUe foncière, d'oppositions et de -ntrad.cUons ant. thétiques, an.enécs au jour par le vam olb.r^ de dilatation que tente dooilon.ent et curieusement le iple? Oe ces possibilités diverses, dont chacun , s. n n,ode, es, bostilo. périlleusement, ala quai, de la docuine et I. lingénnité de 1 asp.ra .on, la .rniérees,,semble-t-il.la plus redoutable, pu.s- ,,,.„e contient en soi les deu. autres : retenant et L oppositions violentes qui détru.a.ent la cont.- ,„,ito de r<.M.vre. et les nouveautés imp.évucs qu, âe cette continuité le.alent simplement «b^t--;-; „ràce i. li^norauce par lelfort actuel de elfo
:,,sé, elb- aggraverait et cette ignorance et cette r;;atiou par ksouei même qu'elle implique de n.er
les oppositions en re.nonlant i. leur or.g.ne et de ,estituer à limprévu sa place dans le courant par
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le caractère substantiel qu'elle attribue à la (luidité de l'inspiration initiale. Le dernier, par sa date, des essais bergsoniens ressemblera toujours à cette mémoire, affranchie de toute matérialité, qu. maint.e..drait actuellement le passé intégral et qu. rehera.t par là même l'un i. l'autre les souven.rs les plus distants et assimilerait l'un à l'autre les souvenirs les plus différents. Cette liaison et cette ass.mdat.on sont-elles données par la survivance, en sa real.te, du passé intégral lui-même ? sont-elles fabr.quées pa.l'effort synthétique d'une mémoire qu. se d.lale . Bref pour déterminer avec scrupule la qual.te de l'œuvre bergsonienne, nous devrons accepter, comme un postulat, l'unité de développement de la pensée bergsonienne, et chercher si la fusion or.g.nelle, ainsi réalisée d'ensemble, ne laisse pas transparaître une série d'antithèses irréductibles'.
,. N„,.s ne voudrions pas qne les expression, «l.""""';-^' J"'; „„„s faisons c«nstan.™e„t usa«e ''»•■-'''•^•"'''^"^■''" ^1 ~1 .lonnassen, léchante au lecteur surnotre ""P'«;"'" ? ~ ^n lésar.l de l'œuvre de M. Ber(rson. Si nous prése.ilons .c, c«.nn,e un Lf< «la crovanee !. l'unité de développement de cette œuvre,
e e lé arehc a sen.en.eu. à nos yeux la valeur d'une précant.on , olligiciue. Nous es,in.ons que, de VE..Ù s..r les — . "„- ^édialesdelu conscia.e .n. conférences de ^"'"«'^^ ^^^ de Bimun^han. snr V intuition phUosoph.gar . la P-^""" ' "f^J^ ,nent et les rapports entre (. «V et la co,.e.ence. •*«•■-' -«^ ,,oint ree.ilis..c, n,ais sinueuse et v.vante, du l-B-"-^ '"
«ursuivie en elTet sans contradictions ...ternes et -; ""^J j^
„on,euts traversés et de l'élan i.,spirate..r. Et s,, ''-;-- '^e de vue qui apparaît con.n.e le plus large, ""- !"'"'", "~ possible cette condition esseutielle.nent ant.tl.Cque '!" >^"«™«^ cette possibilité est évide.nn,en. selon nous l.ypotbcfque et .nétho
A supposer que ces antithèses existent, en effet, immanentes k la doctrine, et que l'unité foncière de celle-ci doive être par là même envisagée comme factice, puisque le désir de cette fusion des divergences, désir désormais ineir.cace, animait l'effort original du philosophe créateur, les divergences nullement réduites sembleront peut-être l'effet, au sein de la doctrine personnelle, des doctrines étrangères. Et I on sera conduit, pur la négation supposée de long.na e synthèse, ii la négation subordonnée et vraisemblable de l'originalité des points de vue qui demeureront contradictoires en leur diversité, l'ar lii s'affirme davantage l'importance de celte enquête, en ce qui regarde décidément la qualM du bergsonisme. Si l'hypothèse de l'irréductibilité des oppositions latentes devait enfin être tenue pour vraie, la prétention
risquerait dès lors d'être admissible de ceux qui refusent à la philosophie bergsoniennelingénuité irréductible que lui prêtent ses admirateurs. Et l'on serait amené peut-être à ajouter foi aux démonstrations des adversaires du bergsonisme, qui dénoncent en lui, comme infor>natrices de sa nom-eauté, les induences diverses du ron.anlisme allemand et du pragmatisme anglo-saxon. D'une discussion qui portait sur les contradictions internes du système devra donc se
dol
,l,,,nqneeneore, puisque, impliquant lesdeux autres que nous rejetons pour noire part, elle se trouve e.. fait exclue pour nous par 1 exclusion des deux autres. Le Lut de notre essai est pr/csément de montrer dans l'mlmKon her.jso,iicnne la conciliation effective des antitlièses apparentes.
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dégager une conclusion relative à l'originalité des éléments du système'.
Il est, d'ailleurs, inévitable, si les antithèses foncières auxquelles notre enquête s'attachera sont en effet réelles et irréductibles, que l'effort synthétique, par lequel la pensée bergsonienne se propose de les résoudre, aboutisse du moins à les présenter selon une perspective favorable, en sa mesure, a cet effort de réduction. A supposer, comme nous le faisons ici que les contradictions inhérentes au système mènent obstacle il la constitution irréprochable du système, et que nul des termes antithétiques ne soit décidément éliminable, le philosophe qui veut abolir la contradiction, ne pouvant l'abolir en fait et dans l'ensemble, l'abolira tout au moins partiellement et selon l'apparence. Donc les deux termes contradictoires de chacune des antithèses ne seront pas envisagés par lui avec une égale faveur et ne trouveront pas dans le système une place équivalente. L'accent favorable devra être mis à chaque
, Ici éralemeut nous tenons, pour éviter un malentendu, à insister sur le caractère hypo,hHi.,uc des négations ^^'^^ZT. 1' ch.-,înées De ce que nous déclarions, dans la note précédente, au si t de 1-unité de développement de la doclrine et de la cohérence n ne d«svstème,i1 résulte déjî,, vu la suliordination descnt.qne ci-dessus forntulée's, que nous admeltons ^^<-^^ ^"^^ des éléments du bergsonisme constitués en '«" 'y"'''«'^J;' ."^^ mons donc qne « l'ingénuilé irréductible » de cette P"''»-?!- ^ Ini est pas seulement « prêtée .. par ses admirateurs. Et, pour «e qui est du rapport entre le bergsonisme et les doctrines desquelles on le rapproche, nous comptons lui consacrer notre cinquième chapitre.
g L'INTUITION BERGSONIENNE
fois sur l'un d'eux ; et il arrivera sans doute que la définition de la doctrine, telle qu'elle apparaît du point de vue de l'opinion habituelle, s'obtienne précisément par cette accentuation mise de la sorte sur
le terme favorisé'.
Que le bergsonisme, dans la série des essais qui l'expriment, mette ainsi l'accent de façon évidente sur une série de termes relevant d'une série d'antithèses, cela est sensible dès VEssm initial sur les données immédiates de la conscience. Et l'évidence de l'usage d'une telle méthode ne semblc-t-elle pas l'indice du bien fondé de notre hypothèse sur l'inhérence au svstèmc des antithèses irréductibles? 11 nous resterait donc, pour développer cette preuve, à développer de façon régulière, en la série des antithèses, celle des termes préférés.
La première antithèse que l'on aperçoive
dans
, V s.mposiT — ce que nous n'oclinellons pas, puisque c'est a nos'veuT l'..ffiee<le Vinluilion bcnjsonienm- .le .■.'.lui.e les anotl.cses elles-mêmes - que celle délcru.iiK.lion dune perspective réponde J, l'iuspirution de la d..ctrine, ou devrai. disliu|;uer l'all.tude de M Bcrrsou à l'éiianl des termes opposas des ant.uo.uies, tout ensemble de celle de k.ul, .|ui admet et reie.te les deu^ termes solidairement, et de celle de Kcnouvicr, qui admet luu des termes et reictte l'autre radicalement. Far ailleurs, cette interprétation du berrsouisme serait favorable h la prétention de ses adversaires, qu. font de cette pbilosopbie de l'intuition une dialectique des concepts.
LES ANTITHÈSES DU BERGSONISME
l'éclosion du système, la plus générale aussi et celle, peut-on dire, qui est de toutes les autres la réelle génératrice, se formule par l'opposition entre la qualité et la quantité'. Et des deux termes opposés de la sorte dès le principe, c'est au premier que va la préférence, si c'est bien par la rjualité que se définit dès le principe « la vie intérieure en son originalité fuvante^ ». - Mais la vision de cette vie intérieure qiialitative la montre comme déroulement de la durée Ire, et, dégageant cette durée vivante de l'espace homogène, nous engage, en cette antithèse nouvelle, à mettre l'accent i. nouveau sur le premier des deux termes qu'elle oppose '. - Or qu'à l'autre de ces termes paraisse maintena.it s'attacher la pensée en étudiant l'acte de la perception, c'est la matière qu elle déterminera ainsi, mais pour lui opposer alors, des l'acte de discernement par quoi se définit la perception consciente, un m.uveau terme antithétique, la vie, principe de sélection des images spatiales et d'action sur la matière"; et des deuv termes qu elle oppose cette fois, c'est bien i. la ne qu'ira cette fois la préférence, si c'est par la vie et par l'élan vital que s'explique la montée de l'existence et par la ma-
, Voir V Essai s„r les données mniédintes de h conscience - Cf., . I M Fi;„ U;\iyv( Bulletin de lu Société
à ce sujet, les remarques de M. blie llatevy (t>imcH.
française de pliilosophie. \\na KjOl, p. 6o-6i).
' > ' V re r««<,; en particulier le