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diagnostic de cancer du côlon droit.
Voici l’histoire de ce malade.
M. T.. a été bien portant jusqu'en mai 1935. Or, il y a trois mois environ, M. T... ressentit une violente douleur dans l’abdomen, à droite, douleur s’accompagnant de vomissements, de ballonnement abdominal et de coliques subintrantes s'étendant de la fosse iliaque gauche à la fosse iliaque droite. En même temps apparaissait de la diarrhée, accompagnée du rejet par l’anus de quelques glaires sanguinolentes.
Il consulte un médecin qui pense à un néoplasme intestinal et conseille un examen radiographique.
Depuis cette époque, le malade présente des crises de douleurs siégeant dans l’abdomen et dans la région sous-ombilicale, douleurs qui vont de gauche à droite, s’accompagnant de la présence d'une tuméfaction abdominale et de bruits de glouglou; et alors qu'auparavant il avait une selle moulée tous les jours, actuellement il présente de la diarrhée persistante.
Ges crises surviennent sans horaire fixe le jour et la nuit.
Depuis deux mois, l’abdomen s’est ballonné, l'appétit a diminué et le malade à maigri de 42 kilos.
âgé de 81 ans, m'est adressé, le 13 juillet 1935, avec le
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En même temps que ces douleurs à siège sous-ombilical, existent des douleurs dans la région lombaire, Après le repas, le malade est gêné par des éructations abondantes.
Examen. — Vieillard de 81 ans qui paraît bien conservé pour son âge. Teint rouge, haut en couleur, mais signes nets d’amaigrissement.
A l'examen de l’abdomen, on note un ventre globuleux; on aperçoit aussi des contractions péristaltiques.
A la percussion, on décèle du tympanisme.
La palpation permet de sentir au travers de la paroi abdominale, dans la région sous-hépatique, une tumeur allongée transversalement, ayant le volume d’un boudin, dont l’extrémité arrondie affleure l’ombilic, tumeur qui est élastique, lisse, non douloureuse, très mobile dans tous les sens. La palpation permet de sentir aussi une distension anormale de la région cæcale.
L'examen radiologique, pratiqué par le Docteur Traissac, montre, après l’ingestion de la bouillie barytée, un léger retard dans l'évacuation du grêle dont les dernières anses sont distendues. Le cæcum n’est pas visible.
A l’examen par lavement opaque, le rectum, l’S iliaque, les trois quarts du côlon ascendant et le transverse se remplissent normalement, mais au niveau du quart droit du transverse, la bouillie s’arrête et s’étale en forme de croissant.
On pose alors le diagnostic d’invagination intestinale chronique, avec peut-être la présence d’un néoplasme au niveau de la tête du boudin.
Le 18 juillet on intervient : Anesthésie à l’éther. Laparotomie latérale droite. Après ouverture de la paroi abdominale, on constate la présence d’une invagination iléo-cæco-transverse, dont la tête arrive jusqu’au niveau de la ligne médiane; on désinvagine légèrement par des malaxations très douces, l’appendice apparaît
- alors au niveau du collet de l’invagination. Tout le segment de
grêle invaginé, de même que le cæco ascendant, présentent un ædème chronique et une vascularisation anormale.
Au niveau de la tête d’invagination, on sent, à travers la gaine, une tumeur dure et irrégulière de tout petit volume.
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En face de telles lésions, on pratique immédiatement, après décollement colopariétal, une résection de 25 centimètres de grêle et de toute la partie invaginée jusqu’au tiers moyen du transverse. On fait ensuite l’anastomose iléo-transverse latéro-latérale, puis repéritonisation et enveloppement de sutures dans l’épiploon. Bactécoliphage intrapéritonéal. Drainage par drain.
Examen de la pièce opératoire. = On est en présence d’une invagination cæco-iléo-colique à cinq cylindres (invagination double). Des adhérences ont fixé le collet à la portion susjacente du gros intestin. Les, parois des cylindres sont épaissies el* œdématiées. L'appendice ne paraît pas malade.
Les causes de cette invagination résident dans la présence d’un néoplasme siégeant au niveau du fond du cæcum et de la base d'implantation de l’appendice. Il se serait fait au niveau du cæcum une première invagination qui s’est fixée par quelques adhérences. Puis une deuxième invagination ayant entraîné dans sa progression la valvule de Baubhin et l’iléon, et tout le cæeum; c’est ce qui explique que nous ayons une invagination double à cinq cylindres.
Examen histologique de la pièce opératoire. — Il s’agit d’un épithélioma cylindrique formé par des cellules à cytoplasme foncé, basophile, à noyaux volumineux, irréguliers, présentant d'assez nombreuses figures de mitose. Ces cellules forment des tubes festonnés, s’orientent autour de cavités, certaines d'assez grande
taille, comblées par des polynucléaires et des débris pycnotiques.
Il n'y a pour ainsi dire pas de cellules mucipares. La tumeur a envahi les tuniques musculeuses. Stroma très infiltré par des éléments de la série lymphoïde et polynueléaire.
Suites opératoires :
Le 18 au soir : Pouls, 80; température, 37° 6.
Le 19 au matin : Pouls, 70; température, 37° 2.
Le 19 au soir : Pouls, 90; température, 37° 3.
Le malade rend des gaz et va spontanément à la selle.
Le 20 juillet : Pouls, 80; température, 37° 1.
Le 21 juillet : Le malade est cyanosé, arythmique; il existe de la matité au niveau de la base droite.
M. T... meurt le 22 juillet.
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