A mon libraire de Cochons
Cher ami, j'ai reçu le Briard. Je ne peux vous charger d'aucune félicitation pour l'auteur du troisième article. Il est acquis que le papier souffre tout. Cependant...
Ayant très-souvent parlé de ma misère avec éloquence, je n'ai pas le droit d'empêcher les autres d'en parler avec platitude. Mais j'aurais pu espérer un peu plus de compréhension, un peu moins d'insistance bête. Votre monsieur a du tact comme un pachyderme. Vous me direz qu'un degré quelconque de finesse n'est pas précisément ce qu'il faut à ses lecteurs.
Je ne peux pas non plus demander à un journaliste de ne pas m'utiliser contre ses ennemis ; de ne pas faire de moi, catholique militant et absolu,l'auxi!iaire malgré lui d'une soi-disant libre-pensée de couillons et de malfaiteurs. C'est le métier qui veut ça. La bonne foi n'y est point admise, je le sais.
Mais dénaturer la pensée d'un auteur, au point d'altérer son texte dans une citation, c'est un peu trop fort. A Pavant-dernier alinéa, j'ai lu ceci : « un urinoir d'ignominie » au lieu d'un miroir. Il serait enfantin de supposer une coquille. Votre voyou de Provins a cru faire une trouvaille en rapprochant de ce mot le Nom de Jésus !... Pour des millions je ne voudrais pas être à sa place...