‹ L'Ionothérapie Des Ulcères CornéensChapitre 14 sur 30 · CIS · texte numérisé non relu

CIS

sous l’influence du courant, qu'à une faible distance ; ils peuvent être entraînés plus ou moins loin s'ils rencontrent des vaisseaux, et c’est par cette voie qu'ils peuvent arriver à l’autre électrode, comme nous verrons cela par la suite. La vitesse des ions est déjà faible dans un liquide homogène où ils ne rencontrent d'autre obstacle que les molécules du solvant. Elle l’est encore davantage dans l'organisme où les globules colloïdaux, des grosses molécules de la chiions rencontrent la résistance des membranes, des mie organique, etc. « L’électrode, chargée de la substance à introduire, est semblable à une petite rivière tombant dans un lac par une cascade : dans la cascade, les molécules d'eau vont très vite ; mais dans le lac (le nombre d'ions introduits par l’électrolyse est insignifiant en regard du nombre d'ions de l’organisme) les molécules d’eau venant de la petite rivière ne se déplacent plus que très lentement (Delherm et Laquerrière). La quantité de substance introduite doit aussi être plus faible que la quantité indiquée par le calcul, et cela parce que nous sommes dans l'impossibilité d'assurer le passage du courant au moyen d’une seule espèce d'ions.

B. — Recherches expérimentales sur la pénétration et le transport des substances dans les tissus sous l'influence du courant électrique

La théorie de l’électrolyse nous a montré que les ions s’introduisent forcément dans les tissus

quand le courant passe, et parce que le courant passe. Il ne peut pas en être autrement. Cette vue théorique est confirmée par un certain nombre d’expériences.

Exemples d'électrolyse. — Expérience de Chatzky : Dans une pomme de terre, creusée en son milieu, on verse une solution de KI.

On enfonce dans les parois, sans arriver au contact de la solution, deux électrodes reliées à une batterie. L'iode se porte à l’anode et donne au bout de quelques instants la coloration bleue caractéristique de l’amidon en présence d’iode. Si on renverse le courant, la coloration va se reproduire à l’autre élec-

trode, tout en cessant de continuer à l’électrode primitive. Cette réaction se manifeste même si la cavité n'est pas sur le trajet direct entre les deux électrodes, ce qui prouve que le courant d’ions existe sur toute la largeur du milieu électrolytique.

Expérience de Leduc. — Elle est aussi élégante que concluante. On place deux lapins en série dans le même circuit. Le premier lapin se trouve entre une anode imbibée de sulfate de strychnine et une cathode d’eau, le deuxième entre une anode d’eau et une cathode imprégnée de cyanure de potassium. Avec un courant de 60-100 miliampères, on observe que le premier lapin est pris de convulsions tétaniques, causées par l'introduction de strychnine, le deuxième meurt rapidement d'intoxication cya-

nique.

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Si on renverse le courant (la strychnine est alors au négatif et le cyanure au positif), aucun des deux animaux n'est intoxiqué. ,

Expérience d'Ensch. — Deux cuves, dont l’une contient de l’eau et l’autre du KI, sont reliées à l’ai-, de d’une grenouille dont les pattes antérieures plongent dans la solution de KI et les postérieures dans l’eau. La cathode se trouve dans la cuve contenant l’iodure de potassium, l’anode, à laquelle est réunie une pomme de terre, dans l’autre cuve. La pomme se colore en bleu. |

Expériences de Baro. — 1. Dans deux récipients communiquants et contenant du NaCI, on dispose deux globes oculaires, rigoureusement pesés. On fait pasers un courant de 5 mA. pendant une heure. On constate que le globe qui se trouvait dans le compartiment positif a perdu 30 mgr, tandis que l’autre a gagné 90 Mgr.

2. Une cornée sépare hermétiquemrent les deux parties d’un tube en U. D'un côté se trouve de l’iodure de K (pôle —), de l’autre de l’eau (pôle +). Au pôle positif est fixé un fragment de pomme de terre.

Après 10 minutes de passage d’un courant de 5 mA., la pomme de terre commence à bleuir, en trente minutes, elle devient presque noire.

Expériences de Goldschmidt. — Cet auteur a étudié la vitesse de passage du SO'Zn à travers la cornée de bœuf dans la diffusion simple et dans l’ion: tophorèse. Dans le premier cas, le temps minimum

est de 28 minutes. Dans le deuxième, de 14. Il est donc de moitié moindre dans l’iontophorèse.

Expériences de Bos et Rochat. — Ils ont montré sur des lapins que, tandis que l’instillation de sulfate d’atropine à 1 p. 10.000 ne donnait qu’une mydriase tardive et incomplète, l'introduction par le courant d’une solution d’atropine au r1.000.000° donnait en peu de temps une mydriase maximale.

Gosselin (cité par Leber in Graefe-Saemisch) montre que, dix minutes après l’instillation de Nal à 1 %, il n'y a pas encore de passage dans l'humeur aqueuse ; il doit atteindre le titre de 20 % pour obtenir cette pénétration en quelques minutes. Birkhäuser, au contraire, obtient en quelques minutes, la pénétration d’iode électrolytique, en ionisant une solution d’iodure à 1 % seulement. Labatut a dosé avec un appareil de Marsh l’arséniate de soude introduit chez le lapin. Aubert, Oker-Blom, Bordier, ont réalisé des expériences différentes. Différents auteurs se sont attachés à retrouver les substances introduites dans les urines. Beaucoup d'ions, introduits dans l’organisme, sont, en effet, très diffusibles et passent rapidement dans la circulation générale.

Labatut a étudié l'élimination du lithinum. Il conclut que l'élimination n’est pas immédiate, qu'elle est assez lente, il est donc possible d'amener un

état d’imprégnation et de saturation de la région traitée. Récemment, Bourguignon a étudié l’introduction et l'élimination de l’iode. Il conclut : la quantité d’iode introduite est inférieure à la quantité in-

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diquée par la calcul (nous en avons indiqué la raison) : l’iode s’élimine avec un certain taux et un certain retard. Il admet donc aussi l'emmagasinement (il se ferait dans le corps thyroïde). La courbe (Fig.1) qui représente l'élimination, montre que celle-ci se fait en 3 périodes :

1. Elimination croissante, de la première à la deuxième séance.

2. Elimination en plateau, de la deuxième au lendemain de la dernière.

3. Elimination décroissante, pendant 5-6 jours après la dernière.

Il y a donc une réserve au début qui s’élimine lentement après la dernière séance. On s’est demandé si un ion introduit par une électrode peut être ou non extrait du corps par l’autre. Nous avons vu qu’en général les ions ne pénètrent pas très profondément dans les tissus. Ils semmagasinent plutôt au voisinage de l'endroit où se fait la pénétration. Mais, s'ils pénètrent dans les vaisseaux, ils sont emportés et charriés par le torrent circulatoire. Il se constitue alors une saturation du sang par les ions, une ionémie, si on peut s'exprimer ainsi. C’est par cette voie sanguine que les ions peuvent arriver à l’électrode opposée à celle qui leur a servi de porte d'entrée, et se dégager sous elle. Mais la quantité dégagée est extrêmement faible en regard de la quantité introduite. Et cela démontre qu'il n’y a pas de passage direct d'une électrode à l’autre. Les ions agissent à distance parce qu’ils sont mis en circulation. Bourguignon et Conduché, dans leurs expériences avec

l'iodure de K, ont constaté le dégagement d’iode au pôle positif de la façon suivante : il leur est arrivé que le papier filtre, imbibé d'empois d’amidon, qui

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