‹ L'iritis syphilitique à forme hémorragiqueChapitre 4 sur 18 · CHAPITRE PREMIER Historique · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER Historique

Jusqu'à la fin du XVIII siècle, l'iritis syphilitique à été la seule complication oculaire de la syphilis qui fut connue. Encore ne savait-on différencier aucune de ses formes cliniques et son traitement était-il purement empirique.

C'est en 1801 que Beer décrivit pour la première fois liritis syphilitique et les condylomes iriens qu’il considère comme des végétations vasculaires ou des abcès en voie de formation. En 1815, il les compare à la crête de coq et les appelle des verrues pointues.

En 1829 Nichet, parmi un certain nombre d’observations ayant trait à l’iritis, rapporte un ecas d’iritis syphilitique dans lequel la chambre antérieure était occupée « dans toute sa hauteur par une matière puriforme, jaune, concrète » et qui se résorba à la suite d'un traitement héroïque. C'était sans doute un cas de pseudo-hypopyon gommeux.

Par la suite divers auteurs signalent l'affection : Cullerier et Mackenzie en 4844, Desmarres en 4847, De Græfe en 1858. Virchow, le premier, en 1860, reconnaît la nature gommeuse des nodules iriens. Depuis cette date, qui marque l'acquisition à la science ophtalmologique de la notion exacte de l’iritis gommeuse, le nombre des observations a considérablement augmenté. Des thèses nombreuses et richement documentées ont paru sur ces sujets jadis inconnus. On rapporte plusieurs cas de «vérole galopante », «vérole de la Renaissance », comme les appelait Ricord. On observe mieux, et l’on connaît mieux les rapports qui existent entre les affections oculaires et les

maladies générales dont elles ne sont, somme toute, que les manifestations les plus visibles, les plus indiseutables.

Hippel en 1867, Stellwag en 1870, Schmidt en 1872, Nitot en 1880, Schœfer en 1885, Fuchs en 1884, de Wecker en 1887, Dehenne, Armaignac, Benoît, Despagnet, Hanke, Oliver, sont les principaux noms et les principales dates de l’histoire de l’iritis syphilitique au siècle dernier.

En 1901, Lagrange donne, peut-être pour la première fois, une description détaillée de l'affection qui nous occupe. “romaget, Thomson, Tournadour, de Barkau appor- ‘ tent quelques nouvelles observations. |

Enfin, depuis une quinzaine d’années, M. le Professeur Rollet a rapporté un certain nombre de cas particulièrement intéressants, el , au cours de plusieurs publications ou communications, a définitivement établi les diverses formes cliniques de l'iritis syphilitique. C'est à lui que nous devons la description de l'iritis gommeuse, et de l’infiltration gommeuse diffuse.

Dans toutes les observations du siècle dernier, la forme hémorragique de l'iritis syphilitique tient véritablement peu de place.

Sans doute l'existence de ces épanchements a été signalée depuis longtemps. Au chapitre /ritis du Traité des - inaladies de yeux de Lawrence, publié en 1830, on trouve cette phrase : « Dans une violente inflammation, il peut y avoir hémorragie; le sang se mélange alors avec les différentes matières épanchées. » Desmares (1940), Carron du Villards (1847) font également mention de l'hyphéma.

Mais lorsqu'on lit les ouvrages de ces auteurs, on voit qu'aucun d'eux ne semble attacher au phénomène une orande importance. Ils se bornent à donner la définition des hyphémas, attribuant pour la plupart leur existence à la production d'un traumatisme sans chercher s’il existe

d’autres causes susceptibles de leur donner naissance. Aucun d'eux, en particulier, ne songe à le rattacher à la syphilis.

Ce n’est qu’en 1877 qu'Alt, dans un travail sur l’ophtalmie sympathique, s'arrête plus longuement sur la question. Il considère l’hyphéma comme l'apanage presque exclusif de l'iritis spécifique et de l’iritis suite d'opération.

Hutchinson en 1877, Imré en 1878, Sabatier en 1879, essaient d'établir une classification des iritis à hyphéma, et c’est Broca qui, croyons-nous du ‘moins, leur donne pour la première fois le nom d’iritis hémorragique.

Gutimann, au congrès de Berlin de 1890, présente deux enfants atteints d’iritis avec hyphéma, causés par la syphilis congénitale.

Depuis cette date tous les auteurs signalent la syphilis dans létiologie de cette affection. Nous nous bornerons à citer Panas qui, dans son Traité des maladies des yeux, consacre un chapitre spécial à cette question. Son traité est le seul qui lui fasse une place à part, l’iritis hémorragique ayant éié jusque là brièvement signalée.

Teillais rapporte 4 cas d'iritis hémorragique, dont 2 sont imputables à la syphilis. Zimmermann, Truck, Lagrange, signalent le fait à leur tour. |

M. le Professeur Rollet possède trois observations d'iritis syphilitique hémorragique praticulièrement intéressantes. C’est à l’occasion de la dernière de ces observations, encore inédite, qu’il a bien voulu nous charger de faire l’histoire clinique de cette affection.

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