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Il serait fastidieux de passer en revue les actions, les combats, les nombreux faits légendaires des grands capitaines, des puissants guerriers, des héroïques combattants, des nonbreux rois d'Érin, avant leur conversion au christianisme.
Cette partie de l’histoire est entremêlée de fictions et de fables. Nous connaissons cependant les grands faits d'armes de ces générations, leur ardent amour de la liberté, leurs batailles chevaleresques, auxquelles, souvent, prenaient part les reines et les filles des rois. La tenure des terres était alors commune, le partage des successions étant tellement égalitaire que les enfants illégitimes étaient appelés à partager les biens, à la mort de leur père, avec les enfants légitimes.
Comme chez tous les peuples asiatiques, les richesses consistaient plutôt en troupeaux de tous genres qu’en terres. Ainsi en est-il encore aujourd’hui parmi les populations orientales,
É Les anciennes familles d’Erin prirent leurs noms des descendants | milédhiens d’Eber et d’Eremon, et l’un d’eux, Cairbré Riada, le Reuda
de Bède, fut un des chefs des anciens Scots d'Écosse, quoique la . royauté en ce pays ne fût fondée que trois cents ans après par
Lois is
Forgus, fils d'Erc, qui y conduisit une colonie irlandaise de Dalriadans.
Le roi s'appelait Ard Righ ou le monarque en chef ; il y avait aussi nombre de rois ou chefs inférieurs qui s'étaient partagé le pays. La capitale était l’entique Tara, dont la magnificence est restée célèbre. Hélas, comme le dit la barde national :
The harp, that once through Tara’s halls The soul of music shed,
Now hangs as mute on Tara’s wall
| As if that soul were fled.
So sleeps the pride of former days,
{ So glory's trill is o'er :
And hearts, that once beat high for praise, Now feel that pulse no more.
| ‘6 No more to chiefs and ladies bright
Th: harp of Tara swells :
The chord alone, that breaks at night, Its tale of ruin tells,
Thus Freedom now so seldom wakes, L'he only throb she gives
Is when some heart indignant breaks, | To show that still she lives.”
ha,
b Cormac MeAirt fut l'un des plus illustres rois païens de lîle ; Ü c'est sous lui que fut créé l’ancien code des lois irlandaiïses, si équitables, si justes et si sages.
L'hérédité royale était tempérée par l'élection dens sa famille, à cause du grand principe d'égalité qui régnait partout ; ce fut là l'occasion de nombreuses guerres et de sanglantes querelles entre les chefs irlandais.
Aux druides appartenait le priviiége de maintenir la religion et les formules du culte. Nial fut l’un des derniers rois païens d’Erin ; il porta la guerre avec de si grands succès chez les Bretons, au dire du poète Claudien, que Théodose le Grand, empereur de Rome, fut obligé d'envoyer à sa rencontre le célèbre général Stilicon.
Conversion de l'Irlande, 432 après J, C:—saint Patrice.
- À L'heure de la Providence allait bientôt sonner. A cause des | excellentes qualités des peuples d’'Erin, Dieu allait les récompenser | en ouvrant leurs yeux à la lumière de l’Evangile et leur cœur aux douces consolations de la Foi. ° à
5 Ca sue. Si
+ LÉ D rer cepomt
Saint Célestin, alors pape, envoya vers l'Irlande saint Pallndtas qu'il sacra évêque ; mais ce dernier ne réussit pas dans sa noble mission, et fut mis à mort par les Bretons d’Angleterrs et les Picts d'Écosse.
A sant Patrice était réservé le grand honneur de convertir l’Irlande, en l’an 432 de notre ère.
Né en 373 près de mé dans le nord de la Gaule, Patrice fut baptisé sous le nom de “ Suceat ” où brave dans la bataille. Ce fut le pape saint Célestin qui, le premier, le nomma Patrice. Sa mère était nièce de saint Martin de Tours. Fait captif, dès l’âge de seize ans, vendart une des excursions dévastatrices de N'ial, le roi paien d’ Erin sur les côtes de la Gaule, le jeune Succal! emmené comme esclave, fut vendu à Milcho, qui l’employa à garder ses troupeaux. D'une piété angélique, le jeune captif supplia constamment le Ciel, durant six longues années, pour la conversion de ses meîtres et de toute la nation irlandaise, Le ciel se pencha pour écouter les supplications de l'innocence et du malheur ; la prière du jeune captif fut entendue,
Une voix mystérieuse l’engagea à quitter le pays et il courut vers le rivage où il trouva un vaisseau qui voulut bien le prendre à son bord, Arrivé dans son pays, après diverses vicissitudes, il alla étudier au monastère de Marmoutier, près de Tours, sous la direction de son oncle, le célèbre saint Martin. Après avoir été ordonné prêtre, Patrice eut une vision pendant laquelle il entendit une multitude de voix venant d'Irlande, lui demandant d'aller demeurer en ce pays. Il partit néanmoins pour le monastère de St. Vincent de Lérins où il passa neuf ans au milieu de plusieurs saints personnages de l’époque. Ce fut enfin en 432 qu'il fut envoyé par le pape Sixte ITI, pour évangéliser l'Irlande. 1 y fonda le fameux siège épiscopal d'Armagh en 455.
Princes et peuples, grands et rois se convertirent à la voix et aux miracles du grand apôtre. De nombreux monastères furent fondés. Sainte Brigide, la célèbre religieuse irlandaise y établit en 488 le fameux monastère de Kildare. Des milliers de pèlerins y affluèrent et la foi brilla bientôt dans toute l'Irlande, qui mérita peu après son glorieux titre de “ l’île des saints.”
Saint Patrice mourut le 17 mars 493 avec la consolation de voir la foi chrétienne acclamée dans tout le pays. Sa mémoire y est restée à Jamais chère à la nation irlandaise.
Une nuée d’apôtres, sortis quelques années après des monastères
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