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d'Irlande, se répandirent pour porter le connaissance du christianismo dans les montagnes de l'Écosse, les plaines de la Gaule et les forêts de la Germanie. On vit ces saints missionnaires partout, briller au palais de Charlemagne, dans les basiliques de Rome, ou sous la chaumière des paysans, et les anciennes traditions nous disent que saint Brendan aurait visité les côtes méridionales des États-Unis vers le 10ième siècle.
Saint Colomban devint le réformataur des Gaules ; saint Colombkill, saint Faclan, saint Killian, l'apôtre de la Franconie, saint Aidan, saint Gall, le convertisseur de l'Hélvétie, saint Boniface, le grand missionnaire de l'Allemagne, sont tous des fils spirituels de saint Pâtrice. L'Église d'Allemagne ne vénère pas moins de 155 saints irlandais, celle de la Gaule 45, celle de Belgique 30, celle d'Italie 13 et celle de Scandinavie 8. L'Angleterre ne fut jamais évangélisée por les Irlandais, ceux-ci la considérant trop méchante pour s'en occuper. Montalembert nous dit, dans son inimitable travail Des Moines d'Occident, VYétat avancé de culture intellectuelle, de science, de sainteté des moines irlandais.
Siæième invasion ou celle des Danois.
L'Église d'Irlande avait fait d'immenses progrès. Hélas elle devait recevoir un premier choc par l'invasion des Danois, vers la fin du 8ième siècle. Ces barbares réussirent à s'établir en Irlande, grâce à la connivence ou à la trahison de certains chefs nationaux et y mirent tout à feu et à sang. Les églises, les monastères, les couvents furent saccagés, les prêtres mis à mort, los religieux chassés et traqués comme des bêtes fauves.
Ce triste état de choses amena de graves désordres religieux et le synode de Kells, en 1152, pour rétablir la discipline, crut devoir mettre l’église irlandaise sous le contrôle immédiat de Rome. Les sièges métropolitains d'Armagh, de Cashel, de Dublin et de Tuam furent alors créés avec d’autres sièges suffragants, sous la primauté de l'archevêque d’Armagh.
Par suite de la malheureuse division des chefs irlandais, division qui a toujours perdu l'Irlande et que le poëte Movre déplore comme nous,
‘6 Jt was fate, they say, aïÿwayward fate Your web of discord wove,
And when your tyrants joined in hate You never joined in love.”
ER Les
les peuples d’'Erin restèrent sous la cruelle domination de leurs nouveaux maîtres, qui s'étaient même emparés de l'Angleterre et y demeurèrent près de denx cents ans.
Enfin Brian Bora, frère du roi de Munster, se leva contre les oppresseurs de sa patrie, les battit vingt fois en bataille rangée de concert avec le grand Malachy «w collier d’or, et les foren à retourner dans leur pays ou à demeurer tranqrilles dans les ports de mer que ces pirates détenaient,
“Let Erin remember the days of old, Ere her faithless sons betrayed her, When Mulachy wore the collar of gold, Which he won from her proud invader,"
Le victorieux Brian, qui était pourtant chrétien, aurait dû se contenter, d'avoir libéré son pays de ses terribles ennemis. Hélas ! l'ambition l'avait mordu au cœur et il se fit proclamer roi de toute l'Irlande, en 1001, après avoir écrasé les chefs de sa nation, qui s'opposèrent à son usurpation.
Douze ans durant il gouverna le pays avec bonheur et sagesse, mais les Danois, s'étant renforcés par de nouveaux conti'aigentr, se livrèrent à de nouvelles déprédations ; lillustre Brian les anéantit dan: le sanglant combat de Clontarf, le Vendredi Saint de l'an 1014; mais il fut tué, sous sa tente, par le chef danoiïis à la fin du combat, Ces barbares durent cependant, à cause de leur défaite complète, renoncer à la domination de l'Irlande, mais ils s’y établirent en grand nombre et se confondirent peu à peu avec les anciens habitants du pays, après s'être convertis au christianisme.
La mort de Brian fut un désastre national. Les provinces réaffirmèrent leur ancienne indépendance et, pendant un siècle et demi, le sang coula à flots, résultat de guerres intestines livrées par des frères contre des frères.
Si l'“Homo homini lupus” est un peu vrai partout, il l’est surtout pour l'Irlande dont la sanglante et tragique histoire se continue encore de nos jours.
Septième invasion, celle des Normands, 1169-1170.
La première femme perdit le genre humain; de là l’éternelle lutte entre le ciel et l’enfer pour la conquête de l'humanité. Une femme mit l'Europe et l'Asie aux prises; l’on croyait combattre