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Bowes et le juge-en-chef Robinson pouvaient dire, sur le banc, qu’elle ne supposait pas même l'existence d’un Irlandais catholique.
En dépit de ce terrible état de choses, les prêtres irlandais, cachés partout, enseignaient le caïéchisme et les vérités religieuses aux petits enfants ; et contre l’attente de Guillaume d'Orange, la foi continua de briller sur l'Irlande. Les persécuteurs sont morts et la | nation irlandaise est encore catholique.
L'effet des lois pénales fut cependant désastreux pour le commerce
de l’Irlaude. Déjà, sous Charles I, Strafford avait tout fait pour dé- | |
truire les manufactures de laines irlandaiïses, au protit de celles d'Angleterre. Sous Charles IT l'exportation des bestiaux d'Irlande fut prohibée. La construction des navires fut arrêtée et, en 1696, sous Guillaume d'Orange, toute exportation des laines manufacturées fut strictement prohibée, à l'exception de quelques petits ports insignifiants,
Souvent l'on entend répéter : “Oh, les Irlandais sont des paresseux, qui préfèrent mourir de faim plutôt que de travailler.” | (il Ceci est un mensonge fabriqué dans les officines politiques | pi d'Albion. Il est de fait que les manufactures d'Irlande sont anté-
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rieures à celles d'Angleterre.
La vérité vraie est que l’on a ruiné celles-là au profit de celles-ci. La vérité vraie, c’est que quand l’Irlandais eut amélioré, par son travail et ses sueurs, le morceau de terre que le seigneur lui loue le double de sa valeur, alors on renchérissait ses rentes. Ainsi toute amélioration, tout travail du fermier était au profit de son landlord ; de ce landlord dont les pères ont volé ce même sol aux Irlandais catholiques, comme nous venons de le voir. La vérité vraie, c’est que l'Irlande étant bien plus prospère que l'Angleterre, celle-ci en étant jalouse entrava, par une législation infâme, le commerce de l'Irlande et fit servir ses richesses à ses propres intérêts. La grande époque de prospérité commerciale irlandaise fut celle de son indépendance parlementaire. Si l'Irlande est pauvre aujourd’hui, c’est donc dû à la politique arbitraire et tyrannique de l'Angleterre. Citons quelques exemples à l'appui de cette assertion et prenons-les chez les plus célèbres des Protestants et dans toutes les classes de la société anglaise.
Pitt, parlant de la proposition commerciale de 1785 disait: “ La politique uniforme de l'Angleterre a été de priver l'Irlande de l'usage de ses propres ressrurces et de la rendre esclave des intéréts et de l'opulence du peuple anglais.” (State trials, p. 485.)
« L'Irlande,” dit Junius, “ a été uniformément pillée et dépouillée.”
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L'éloquent juge-en-chef Bushe disait aux Irlandais: “ On vous de- ‘mande d'abandonner votre indépendance ! et à qui ? à une nation qui, depuis six siècles, vous traite avec injustice et oppression.”
L'évêque protestant Boulter, dans son rapport au gouvernement, appelle une grande calamité la manière dont on traite les Irlandais et les haines que l’on attise contre les Catholiques.
Lord Clare dans un discours en 1798, parlant de la période de l'indépendance du parlement irlandais, dit: “ I! n’y a pas un peuple sur la surface du globe qui ait avancé en civilisation, en agriculture et en industrie avec la même rapidité que l'Irlande, dans cette même période,” (de 1782 à 1798.)
“En ce temps-là,” disait encore Pitt, citant F-ster (1785) “ l’exportation annuelle des produits irlandais en Angleterre s'élevait à deux millions cinq cent mille livres sterling, tandis que l’exportation en Irlande des produits anglais ne s’y s'élevait qu'à un million.”
La grande période de prospérité pour l'Irlande fut donc de 1782 à 1800, c’est-à-dire durant le Parlement de Grattan.
Voici l'augmentation relative des deux pays sur les articles suivants, de 1785 à l’Union de 1800.