‹ L'Irlande [microforme]Chapitre 9 sur 11 · PRET. · texte numérisé non relu

PRET.

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mais déjà l’on vit que l’idée de l'émancipation avait fait un chemin immense. La mêmé chose s’est répétée, ces annéss dernières, à propos du “ Home Rue.”

En abolisant le test act le Parlement anglais, dans le but d'em- -pêcher la réélection du grand patriote irlandais que l’on commençait à craindre, abolissait le même jour et à la même séance, l’ancienne franchise et élevait le cens électoral. Vains complots, projets odieux et insensés. O’Connell, en dépit des machinations des Lords, fut réélu et prêta serment sous la nouvelle loi, le 4 février 1830.

Le défranchissement des locataires créa un vaste mécontentement en Irlande et O’Connel! en profita pour rappeler à son pays que l'émancipation des Catholiques devait être l’un des moyens d'obtenir le roppel de l’Union. Il fonda en conséquence la société dite des “ Amis de l'Irlande.” Elle fut abolie par le Parlement; O’Connell en établit une autre : celle de l’“ Association anti-unioniste.” Nonseulement elle fut déclarée illésale, mais son chef fut arrêté pour sédition et convaincu. Son jugement ne fut jamais prononcé et O’Conuell, remis en liberté, recommença son agitation avec plus de courage, d'énergie et de force.

En dépit des efforts des patriotes, en 1832, l'Angleterre jeta un * autre défi à l'Irlande eu défranchissant de nouveau un grand nombre d’électeurs. Les mesures de coersition sévères, telles que l’acte insurrectionnel et autres, ne maintenaiïent plus le torrent. Cn entendait le bruit de l'orage grondant ; la foudre menagçait. O’Connell, dont la voix était mélodieuse et suave comme une harpe d’Éolie, quand il s'apitoyait sur les malheurs de sa patrie, devenait terrible quand il tonnait, dans le Parlement, contre les oppresseurs de l'Irlande. Ses yeux lançaient des éclairs et sa parole de feu semblait diriger la foudre ; on aurait dit que ses mains étaient pleines de furies prêtos à s'élancer contre les bourreaux de l'Irlande. Ceux-ci tremblèrent pour la première fois depuis des siècles. C’est que duns ses inénarrables infortunes, dans sa longue agonie, dans son atroce martyre l'Irlande s'était donné un fils, un chef, un héros, un vengeur.

La question des dîmes, payées par les Catholiques à l’Église anglicane, s’imposait à l'attention d'O’Connell. Malgré ses armées, sa police, ses affidés, ses sbires, que l'Angleterre tenait pour aider au clergé anglican à collecter les dîmes, en 1833, il y avait un million deux cent cinquante mille piastres d’arrérages. Un an après l’avénement de Victoria, en 1538, Lord John Russell crut devoir collecter ces dîmes des propriétaires, come rente foncière, au lieu de les

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./ ROMAN" NES Chemin faire payer directement aux locataires, en sorte que ces derniers \a Propos virent leurs rentes élevées en conséquence : c'était ouvrir une an- \ è cienne plaie avec un fer rouge. De là nouvelle indignation contre td ver : la rente, qui impliquait alors et le loyer du sol et la dîime protesençai tante.

sienne En 1845, le Maynooth College Grunt créa une nouvelle exci- Pdieux tation. Sir Robert Peel se montra favorable aux Catholiques. Gladsis, fut : tone résigna son portefeuille à cette occasion; son fanatisme pres- . bytérien d'Écossais l'emportait alors. Peel, pour contrebalancer les ement mauvais effets de sa libéralité au coiiège de Maynooth, créa les coloi Le lèges royaux de Belfast, de Cork et de Galway, dont l’enseignement btenir devait être exclusivement séculier. Ces collèges, appels écoles sans te des Dieu, ne satisfirent personne, muis ouvrirent cependant une nouonnell velle porte aux Irlandais. Ils purent y envoyer leurs enfants et Non- f obtenir ensuite le droit à une Université catholique. pour Le chef irlandais crut le moment opportun pour le rappel de cé et ! l’Union; le peuple fut de son côté; la classe dirigeante des commerus de çants, ruinés par de constantes agitations depuis l’Union en 1800, se montra moins favorable à cette mesure. La Nation, organe des * un : patriotes, en 1847, avocassa le rappel et le grand apôtre de la temmbre pérance, le Père Mathew se rangea, avec tous ses amis, sous la nou- Cure : velle bannière.

dait O’Connell crut sincèrement au succès. Toute l'Irlande était avec né la lui. Ses voyages à travers le pays étaient des ovations continuelles. d il Sa, parole, entendue partout, créai’ un immense enthousiasme. Quand / 1d il l'esprit populaire fut monté à son plus haut point, O’Connell, qui ne Ses voulut jamais de la rébellion à main armée, vit ses asseriblées pro 5 ; la clamées, en vertu des anciennes lois de coercition; lui-même fut jeté Étos en prison.

ent Libre bientôt, mais abandonné par les esprits plus avancés qui Ar- voulaient une prise d'armes, O’Connell, brisé moralement et physiqueyre ment, partit pour Rome, qu’il n’eut pas la consolation de voir, car il mourut er route, à Gènes, le 15 mai 1847, laissant sa patrie dans li une condition désespérée. Aux maux politiques viut aussi se sa joindre l’horrible famine, qui décima une fois de plus l'Irlande et qui au € jeta partout en Amérique des milliers de ses malheureux enfants on A Le typhus se mit de la partie et des centaines de ces pauvres Irlané- dais périrent à Montréal, malgré les soins de nos prêtres et de nos er religieuses, qui se dévouèrent pour eux (1). net Le manque de récolte des patates en 1845, 1846 et 1847 fut la

cause de la mort de 2,000,000 d’Irlandais par la famine; la nation ne resta plus alors qu'au nombre de 6,000,000.

Telle était la triste condition de l'Irlande à la mort du grand agitateur et du Repeal Movement.

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