‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 2)Chapitre 95 sur 219 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

d'un peuple qui, ayanl des réformes à faire dans ses institutions, peut conférer au pouvoir central assez de force pour les accomplir peu à peu, et ne lui en donne pas cependant assez pour que ce pouvoir devienne tyrannique? De sorte que le principe d^autorité grandisse sans que la liberté meure.

Mais si Ton comprend sans peine que ces essais de cen- . tralisation contentent jusqu'à un certain point l'Angleterre, on conçoit plus aisément encore qu'ils seraient tout à fait insuffisants en Irlande, où les passions légitimes et les intérêts du peuple exigent que le principe aristocratique soit ouvertement attaqué. L'état de l'Angleterre permet de douter s'il vaut mieux pour elle d'exécuter une réforme plus rapide en risquant ses libertés, ou d'accepter une réforme plus lente avec la certitude de demeurer toujours libre. Hais la question ne saurait être la même pour l'Irlande, où la réforme de l'aristocratie est la première des nécessités. Aussi les whigs, ^à qui l'Angleterre permet de faire en Irlande des réformes plus radicales, emploient-ils, pour combattre l'aristocratie de ce dernier pays, des moyens de centralisation beaucoup plus puissants (1).

On a vu plus haut comment, à la fm du siècle dernier et au commencement de celui-ci, certains pouvoirs, appartenant à Taristocratie, lui furent enlevés dans son propre intérêt, et attribués au gouvernement central. Un juge révocable au gré du vice-roi fut, sous le nom d'assistant-barryster, chargé de présider les assemblées trimestrielles des juges de paix. Pour suppléer ceux-ci dans leurs fonctions quotidiennes, des magistrats salariés furent établis (stipendiary magistrales); et afin de rendre plus sûre et plus commode pour les riches la police du pays entier, une espèce de gendarmerie (conslabulary) fut instituée. C'étaient autant de moyens pris par le gouvernement central pour aider et défendre l'aristocratie faible et inhabile dont il était l'ami.

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