‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 2)Chapitre 96 sur 219 · II · texte numérisé non relu

II

21g L'IRLANDE.

A peine ont-ils été en possession du pouvoir, les whigs ont retourné contre l'aristocratie irlandaise la centralisation qui avait été établie pour la protéger. L'assistant-barryster, qui jadis recevait du pouvoir central la mission expresse ou tacite de soutenir les hautes classes contrôle peuple, a pour mandat aujourd'hui de soutenir le peuple contre l'aristocratie. Autrefois il mettait tout son art à dissimuler l'injustice ou l'incapacité des juges de paix, maintenant il travaille plutôt à jeter un voile sur les fautes et sur les écarts du peuple. Les magistrats salariés (stipendiarymagistrates), dont tout TofOce consistait à seconder les juges de paix , sont institués à présent dans le but manifeste de les remplacer. Ils étaient déjà, en 1837, au nombre de quatre-vingt-un, dont cinquante avaient été nommés depuis 1855 (1). Ces agents révocables, asse/ semblables à nos commissaires de police, sont en Irlande en grande faveur auprès du peuple; dirigés par l'autorité centrale, ils ont coutume de feire mieux que Taristocratie ; et, dans tous les cas, ils ont le mérite de n'être pas les agents de celle-ci.

Enfin cette gendarmerie, créée pour veiller au repos de l'aristocratie, et placée par la loi de son organisation sous la direction et le contrôle immédiat des juges de paix et des grands jurys, devient, par l'effet d'une loi récente, une arme puissante entre les mains du gouvernement général '; en 1836 elle est centralisée complètement, et passe ainsi du service de l'aristocratie à celui du vice-roi (2) *.

Hais les whigs ne se bornent pas à tourner contre l'aristocratie les vieilles lois créées jadis dans le dessein de la fortifier; ils s'efforcent aussi, pour l'atteindre plus sûrement,

* Les tendances de la gendarmerie irlandaise (amtabulary) sont toujours les mêmes; et, en ce moment, l'un des griefs de l'aristocratie contre elle, c'est que la constabulary devient une force militaire entre les mains du pouvoir central au lieu de rester une force civile à la disposition des comtés.

[Sote de la septième édition, 1862.)

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