‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 3)Chapitre 32 sur 101 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Quels souilcs remèdes au mal? Trois principaux sont indiqués.

On a vu quels maux endure l'Irlande; on a vu tous ces maux procédant d'une cause première et continue; enfin l'on vient de voir quelle sorte de résistance a fait naître parmi le peuple l'excès de ses misères. La situation de l'Irlande peut se résumer ainsi ; indigence profonde parmi le peuple, anarchie permanente dans l'État.

Maintenant toutes ces misères sociales et politiques étant connues, comment les guérir? Comment apaiser les souffrances cruelles de tout un peuple qui jeûne? Comment calmer les soulèvements formidables de la douleur irritée? Comment rendre la vie au peuple et la paix au pays?

Lorsqu'on voit chez un peuple des millions de pauvres , le premier sentiment qu'on éprouve , c'est celui d'une pitié profonde ; et avant de s'engager dans

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la voie des réformes qui tiennent à l'organisation politiquede la sociélr, l'espril n'est-il pas tout d'abord enclin à rechercher par quels moyens immédiats on pourrait adoucir la condition matérielle de tant de malheureux ? On se demande si , indépendamment même de toutes les formes de gouvernement, le pauvre peuple d'Irlande ne pourrait pas être tout d'un coup tiré de sa profonde indigence par quelque procédé subit, extraordinaire, extrême comme la misère qu'il s'agit de guérir. Le peuple d'Irlande meurt de faim... il faut le secourir. Est-ce avec des lois , des réformes constitutionnelles ? Non : il y a urgence ; c'est du pain , et non des théories qu'il lui faut. Le pauvre peuple d'Irlande manque de vivres , il faut lui en donner. Il manque d'ouvrage , il faut le faire travailler. La pauvre Irlande est surchargée de population, il faut alléger le fardeau qui l'écrase; et ces secours , il faut les donner tout de suite à l'Irlande. Et cette misère, qui appelle à grands cris une assistance soudaine, n'augmente-t-elle pas chaque jour? Chaque jour cette population de pauvres devient plus nombreuse , et à mesure que sa misère accrue excite plus de pitié, les menaces de son désespoir inspirent plus de craintes. C'est, en effet, un phénomène digne de méditation que la population de l'Irlande, si misérable, se multiplie plus rapidement que celles de l'Angleterre et de l'Ecosse si prospères ; et, ce qui n'est pas moins remarquable, c'est qu'au sein de l'Irlande elle-même la population s'accroisse aussi davantage en proportion de sa misère. C'est dans le Connaught que la famine sévit le plus durement , et c'est là que le peuple se multiplie

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