‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 3)Chapitre 45 sur 101 · DES REMEDES ATI MAL. UNE LOI DE CHARITÉ · texte numérisé non relu

DES REMEDES ATI MAL. UNE LOI DE CHARITÉ

à craindre que le droit donné par la loi d'être moins indulo^eiit ne fût jamais exercé.

L'institution des maisons de travail pour les pauvres, en Angleterre, a un but moral qui se saisit sans peine; c'est une menace contre l'oisiveté volontaire qui se dit malheureuse; et, quand un pauvre se prétend dans le besoin, c'est une épreuve à laquelle on reconnaît la réalité de sa détresse.

Mais quel peut être le mérite d'une pareille institution en Irlande, où, si l'on écarte les indigences douteuses, il reste encore des millions de misères qui ne sauraient être contestées; où ces millions de pauvres sont plongés dans une détresse absolument indépendante de leur volonté ; où ils ne travaillent point , non parce qu'ils ne le veulent pas , mais parce qu'ils ne le peuvent pas ; où cette impossibilité de trouver aucun travail est, non accidentelle et passagère, mais continue et permanente? Appliquer aux pauvres d'Irlande le système anglais est absurde ou cruel.

Tenter, par une influence morale quelconque, d'exciter au travail des gens qui matériellement ne sauraient travailler, est un non sens. Et si , par cette influence , on éloigne du lieu de charité ceux qu'on a promis de secourir, et qui auraient, pour vivre, un besoin absolu d'assistance, qu'est-ce à dire, sinon qu'on a pris un engagement hypocrite qu'on veut violera tout prix, et qu'on échappe à l'obligation d'une charité impossible par un expédient inhumain?

On vient de montrer comment les conditions mises à !a charité feront que celle-ci sera peu recher-

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