TROISIF.ME PARTIE, CHAP. I, § III. I
de mettre à la cliacjjc des riches le déiaut d'une institution qui est vicieuse tians son principe. Tantôt on accusera les commissaires de ne pas recevoir assez de pauvres dans la maison de charité ; tantôt on leur reprochera d'en admettre un trop grand nombre dans ces asiles de corruption et d'oisiveté. Et ces reproches contradictoires , qui , grossièrement exprimés par la passion populaire, encourront facilement le reproche d'inconséquence, seront pourtant tous deux mérités : car, si c'est une charité qu'on donne , ceux à qui elle sera accordée n'y auront pas plus de droits que des millions d'autres non secourus ; si, sous le nom de charité, c'est une dureté qu'on inflige au malheur , cette rigueur a beau être acceptée , le nombre de ceux qui la subiront sera toujours trop grand.
N'est-il donc pas permis de craindre que la mesure destinée à réconcilier les riches et les pauvres n'accroisse l'inimitié mutuelle et les griefs réciproques des uns et des autres ? Comment donc chercher un remède aux maux de l'Irlande, dans un moyen propre à les aggraver encore ?