‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 3)Chapitre 48 sur 101 · I 58 DES REMEDES AU MAL. UNE LOI DE CHARITÉ · texte numérisé non relu

I 58 DES REMEDES AU MAL. UNE LOI DE CHARITÉ

pour le plus faible. On veut forcer le riche à aider le pauvre, que ce riche laisse mourir de faim : c'est une violence dilhcile à pratiquer. La charité ne se contraint pas. Il est fort à craindre qu'après avoir payé la taxe des pauvres , le propriétaire ne cherche et ne découvre le secret de reprendre au pauvre ce qu'il lui a donné; et qu'en tirant de sa terre, déjà affermée au-delà de sa valeur , un prix encore plus élevé, il ne s'indemnise des aumônes qui lui ont été imposées. On risque ainsi de rendre les riches plus ennemis du peuple par les moyens même qu'on emploie pour leur inspirer des sentiments plus humains.

Si cette institution n'est pas propre à inspirer aux classes supérieures des dispositions meilleures envers les pauvres, on ne voit pas non plus comment elle ferait naître chez ceux-ci des sentiments moins hostiles aux riches. La loi fùt-elle efficace et salutaire, il est douteux que la population indigente en tînt compte aux grands propriétaires, qu'elle regarderait toujours comme les distributeurs passifs d'un bienfait involontaire. Quel sera donc sur l'esprit du peuple l'effet d'une loi qui récèle tant de périls; dans laquelle il est permis de voir le germe de tant de maux, et qui ne paraît inoffensive que lorsqu'on la trouve impuissante? Veut-on savoir ce que diront les pauvres d'Irlande, le jour où se dissiperont les illusions éphémères d'une espérance irréflé^ chie? Ils diront que la loi était bonne, et que ses agents l'ont rendue mauvaise ; que la mesure était charitable , mais qu'on lui a donné une exécution inhumaine ; et le peuple trouvera encore le moyen

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