‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 3)Chapitre 89 sur 101 · QUATRFKME PARTIE, CHAP. III · texte numérisé non relu

QUATRFKME PARTIE, CHAP. III

quoi, (lès qu'il voul (juelque cliose , O'Gonnell prêche l'agitation , et secoue ses sept millions (riiommes comme un épouvantail propre à jeter l'Angleterre dans la réflexion.

Et pourtant ce triste système de concessions arrachées à la peur, à la faiblesse, et quelquefois à la pitié, semble le seul que, dans son état présent , l'Angleterre puisse suivre vis-à-vis de l'Irlande.

On a vu ailleurs par quelle raison l'Angleterre serait dans l'impossibilité d'exécuter paisiblement et librement les réformes que veut l'Irlande. Elle ne peut faire ainsi ces réformes , parce que si une partie de la population voudrait qu'on rendît justice à l'Irlande , il y en a une autre dont les passions politiques et religieuses exigent que l'oppression de l'Irlande soit continuée. Or, ces passions et ces préjugés qui s'irriteraient contre une réforme logique, spontanée, cèdent à une réforme imposée par une force majeure, et s'inclinent devant une nécessité. L'Angleterre pardonne à son gouvernement d'être faible , impuissant même, devant les exigences de l'Irlande ; elle ne lui pardonnerait point de même d'immoler aux simples vœux de ce pays les institutions politiques et religieuses dont elle lui a confié le dépôt ; et il y a telle réforme que les whigs seraient absolument incapables d'exécuter comme juste et rationnelle, et que l'Angleterre laisserait accomplir par les tories, comme déplorable, mais nécessaire.

Ainsi s'écrouleront les institutions anglaises établies en Irlande, en dépit des efforts que fait l'Angleterre pour prévenir leur ruine. Ces institutions

toinbrront, oL Ton peut affirmer en même temps qu'elles ne seronl point renversées en Irlande sans que les mêmes institutions, existant en Angleterre, reçoivent le contre-coup de leur chute.

L'Angleterre commettrait une grande erreur si elle croyait que ce système mixte de résistance et de concessions successives la préservera des périls auxquels elle pense avec raison peut-être, qu'elle serait sujette si elle réformait ouvertement et directement les institutions de l'Irlande. Elle se ferait une étrange illusion si , parce qu'elle proteste pour le maintien de ses institutions en Irlande, elle croyait échapper à la contagion du principe irrésistible qui les abat. Il suffit même d'un peu de réflexion pour se convaincre que sa propre Église et sa propre aristocratie seront plus ébranlées par la destruction lente et contestée de l'aristocratie et de l'Église d'Irlande , qu'elles ne le seraient par une réforme subite et complète de celles-ci.

Qu'importe la fiction qui suppose ces institutions stables en Irlande, si d'Angleterre on entend sans cesse les coups qui leur sont portés et les cris d'alarme que poussent leurs partisans? C'est en vain que l'Angleterre, dans son contentement de l'Église et de l'aristocratie, décrète que l'Irlande aussi doit en être satisfaite , si les misères de ce pays murmurent contre l'aristocratie et l'Église une perpétuelle accusation qui retentit incessamment en Angleterre.

On craindrait pour le sort de l'Église d'Angleterre si on abattait l'Église d'Irlande ; en conséquence on veut que celle-ci reste debout. Mais que suit-il de là? C'est que tous les jours l'Angleterre

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entend dire qu'il existe en Irlande une Eglise haïe du peuple; une V^glise qui regorge d'or, d'abus et de vices; qui reçoit un tribut ainuiel de o.o. millions de francs pour le plus grand bien de quelques protestants, tandis que la masse de la nation, profondément misérable, n'a point de culte public. L'Angleterre entend répéter ces discours sous mille formes; chaque matin la presse lui révèle des faits nouveaux. Un jour ce sont les sinécures de l'Église d'Irlande qui sont dénoncées ; un autre jour, c'est le salaire monstrueux des évéques; tantôt on annonce une révolte du peuple contre les exactions du clergé; tantôt c'est une dissertation que l'on publie , et où l'on prouve, sans beaucoup de peine, la légitimité de la rébellion. L'Irlande étant insurgée, comment apaisera-t-on la révolte ? L'Angleterre tout entière s'interroge ellemême. Les wlîigs proposent-ils, comme remède, une réforme ? Il faut la discuter. Les tories proposent-ils des rigueurs? Il faut les discuter aussi. Vainement la question que soulèvent ces institutions vicieuses est éludée ; elle revient de toutes parts, en dépit de tous les efforts , et s'obstine à troubler l'Angleterre dans son repos; et si, pour dompter l'insurrection, le recours à la violence est adopté , bientôt le cri de douleur qui tombe des échafauds dressés en Irlande vient résonner en Angleterre, et y tourmenter plus d'une conscience amie d'ailleurs de l'Eglise et de ses privilèges.

Et il y aurait lieu d'être surpris si , une fois attirée sur un pareil sujet , l'imagination des Anglais s'arrêtait en Irlande. Beaucoup qui ne voient pas du premier coup-d'œil la différence qui existe entre

l'état religieux de l'Angleterre et l'état religieux de l'Irlande, sont enclins à penser que les abus monstrueux que conriont l'I^glise de celle-ci j)ourraient bien se rencontrer, tout sendjJables dans l'Église de l'autre. Le scandale des sinécures ecclésiastiques n'est-il pas, en Angleterre, le même qu'en Irlande? Là, comme ici, le haut clergé ne possède-t-il pas des richesses démesurées? Le revenu de 400,000 fr., dont jouit l'archevêque d'Armagh, n'est-il pas moindre que les 600,000 francs de rente appartenant à l'archevêque de Cantorbéry? N'est-il pas aussi absurde en Angleterre qu'en Irlande que les édihces servant au culte anglican soient construits et entretenus aux frais des dissidents? N'est-il pas mauvais, en Angleterre comme en Irlande, que l'Église anglicane possède de grandes propriétés foncières, qui sont enchaînées et à moitié stériles entre ses mains? N'est-ce pas, dans l'un comme dans l'autre pays, un mauvais système que celui suivant lequel des ministres religieux remplissent, comme juges de paix, des fonctions civiles, et peuvent jeter en prison le corps de celui dont ils dirigent l'intelligence et l'âme ?

Toutes ces questions sont déjà débattues en Angleterre. Et qu'est-ce qui les soulève ? L'état de l'Irlande , qui pousse d'éternelles plaintes , qui s'agite sans relâche pour repousser le culte qu'on lui a imposé par la force, et qn'on ne maintient chez elle que par la violence. Combien de pareilles clameurs, toujours suivies des mêmes échos, combien de semblables commotions , amenant toujours les mêmes contre-coups, faudra-t-il pour ébranler en

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Angleterre l'Eglise qui chancelé en Irlande? On ne le saurait dire. Mais ne peut-on pas du moins affirmer qu'il n'existe pas d'institution si solide qui, à la longue, résistât à une pareille cause de ruine?

Et tous ces périls, qu'accumule sur l'Eglise d'Angleterre le système politique suivi envers l'Irlande, ne sont pas moindres pour l'aristocratie anglaise.

Lorsqu'en Angleterre on entend répéter sans cesse qu'en Irlande il existe une classe de personnes appelées \es propriétaires et les riches, contre laquelle s'élèvent incessamment toutes les haines et toutes les malédictions du peuple; que ces riches ne se servent de leur fortune et de leur puissance que pour écraserle faible et le dépouiller; que ces propriétaires, odieux à la nation et amis de l'Église, ont fait avec celle-ci un pacte d'égoïsme dont la ruine du peuple forme le sujet; lorsque l'Angleterre apprend que les grands seigneurs irlandais qui n'ont pas une sympathie pour la souffrance du pauvre tirent de ses sueurs et de son indigence tous leurs moyens de luxe et d'orgueil; lorsque, chaque jour, elle entend dire que ces hommes , investis de tous les pouvoirs publics, emprisonnent arbitrairement les citoyens, appliquent les lois sans les comprendre; faute d'autorité morale, ne connaissent d'influence que celle du geôlier ou du bourreau; et à force d'impéritie, de cupidité, d'imprévoyance et d'égoïsme, finissent par se rendre si odieux à la nation qu'ils sont réduits à cette alternative, ou de fuir le pays qui les abhorre, ou d'y vivre dans une constante terreur, quand ils n'y tombent pas sous le fer de la haine et de la vengeance : lorsque, dis-je, de pareils faits que la presse

enregistre sans cesse et qu'elle exagère encore, arrivent constamment à l'oreille du peuple anglais, ne pense-t-on pas que celui-ci , frappé des accusations qu'encourt l'aristocratie d'Irlande, sera tout naturellement conduit à rechercher si celle d'Angleterre peut mériter les mêmes reproches?

L'aristocratie anglaise est autre, sans doute, que celle d'Irlande. Mais, si bonne qu'on la suppose, elle contient en elle assez de vices , elle est sujette à assez d'erreurs, et, toute généreuse qu'elle soit comparativement, elle renferme encore assez d'égoïsme pour que le grief irlandais puisse être rapproché d'un grief analogue en Angleterre ; pour que celui qui , dans ce dernier pays , souffre d'un excès , d'une faute, d'une faiblesse de l'aristocratie, applique à son état ce qui est propre à l'aristocratie d'Irlande, et soit tenté de haïr l'une chez lui autant qu'il voit l'autre détestée dans le pays voisin. L'Angleterre qui, pour demeurer anglicane et aristocratique, force l'Irlande de rester telle, ne songe pas à ce qu'il y a de formidable dans cette voix solennelle de tout un peuple qui ne cesse de lui crier que l'Église anglicane est le plus odieux de tous les cultes , et l'aristocratie le pire de tous les gouvernements.

Ainsi non seulement l'Angleterre ne réussira point à maintenir en Irlande l'Eglise anglicane et l'aristocratie , mais encore les coups qu'elle porte à l'Irlande, pour lui faire violence, reviendront par une espèce de rebond la frapper elle-même, et atteindre chez elle ses propres institutions; et cette influence de l'Irlande qui réagit sur l'Angleterre et qui , en retour de mauvaises lois, lui en renvoie la haine, ne

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s'exerce pas seulement par une voie morale et indirecte.

Ij'Irlantle, qui sait queTAngleterre ne lui imposerait point violemment le régime tle l'aristocratie et de l'Eglise anglicane , si ce régime n'était le sien , s'efforce d'attaquer ces institutions en Angleterre; et la part importante de représentation qu'elle a dans le parlement anglais lui eu donne le moyen ( i ).

L'influence des représentants de l'Irlande dans le parlement est et doit être nécessairement de nature démocratique (a) , et il est naturel qu'ils saisissent toute occasion qui leur est offerte de frapper par leur vote non seulement les institutions aristocratiques de l'Irlande mais encore celles de l'Angleterre : non qu'ils aient précisément à cœur la ruine de l'aristocratie anglaise, mais ils savent bien que celleci étant abattue ou seulement affaiblie, l'aristocratie factice d'Irlande s'écroulerait d'elle-même.

Or , ce caractère radical de la représentation irlandaise exerce et est propre à exercer dans l'avenir la plus extraordinaire influence sur les destinées de l'Angleterre.

On l'a déjà dit , laissée à elle-même l'Angleterre inclinerait à conserver ses institutions, sinon intactes du moins à peu près telles qu'elles sont; et il est certain que dans le parlement actuel les voix des députés anglais donneraient la majorité au parti conservatif. D'où vient donc que celui-ci n'est point à la tête du gouvernement ? Parce que dans l'état de division à peu près égale où sont les partis purement anglais, les députés de l'Irlande assurent l'avantage aux whigs en se portant de leur côté (3). Voilà

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donc l'Angleterre qui tient, il est vrai, l'Irlande sous son joug, mais (jui, pai- riniluenee de colle-ci, est forcée de renoncer au gouvernement qu'elle préfère et de se livrer au parti qui, en somme, ne la représente pas.

Toute amie qu'elle est du repos, l'Angleterre conseivathe \\G se tiendrait point dans l'immobilité, si elle pouvait diriger ses propres mouvements et les modérer à son gré. La nature de son gouvernement, ses habitudes de liberté, l'esprit de discussion qui, de sa religion , a passé dans ses mœurs, les intérêts même qu'elle renferme, qui, trop craintifs pour concéder beaucoup , sont trop éclairés pour ne céder rien , tout la porterait à une réforme lente, paisible et progessive de ses institutions.

Mais tandis qu'elle voudrait s'avancer doucement et prudemment dans la voie des réformes, voici qu'elle est contrainte d'y marcher à grands pas. Et d'où lui vient cette violence ? Du tribut qu'apporte dans sa représentation nationale le peuple auquel d'ailleurs elle dicte des lois.

Il est maintenant bien avéré que le fameux bill de réforme de 1882 n'eût point été adopté par les seuls représentants de l'Angleterre , et qu'il n'a dû son triomphe qu'au vote des députés irlandais.

Il send)le que chaque jour l'influence démocratique de l'Irlande dans le parlement britannique s'accroisse, et que celle de l'Angleterre diminue. Aux dernières élections de 1837, l'Angleterre, qui est en réaction contre la réforme, nommait déjà un plus grand nombre de conservatifs , et l'Irlande plus de radicaux (i).

QITATRIKME PAUriF, Cil, VI». III. M'y l

Et tout annonce que pendant longtemps encore la représentation parlementaire des deux pays suivra ces deux tendances opposées, parce que la question se posera chaque joui' davantage entre l'intérêt grave qu'a l'Angleterre de ne point hâter le mouvement démocratique, et le besoin impérieux qu'éprouve l'Irlande de le précipiter.

Mais entre les passions constantes à attaquer et les intérêts déterminés à la résistance, ne peut-il pas éclater une redoutable collision ?

Ce désir singulier qu'éprouve l'Angleterre de s'arrêter dans la voie où l'hlande la pousse imjjétueusement, ne fera-t-il pas naître à la longue , chez le peuple anglais, quelque résolution extrême? Déjà, il faut le reconnaître , l'Angleterre éprouve un secret ennui d'être traînée à la remorque de l'Irlande. L'idée qu'elle subit une pareille influence l'importune; elle souffre dans son orgueil de ce qu'un obstacle à sa marche naturelle lui vienne d'un peuple qu'elle est accoutumée à mépriser. Et puis , à force d'être attaqués, ces intérêts consenfateurs de l'Angleterre prennent l'alarme. Les réformes succédant toujours aux réformes , les concessions aux concessions , un moment vient où l'aristocratie pense , à tort ou à raison , qu'elle n'a plus rien à céder, et que désormais elle est réduite à cette alternative de résister ou de cesser d'être.

Ne pourrait-il donc pas alors arriver que le parti qui, de sa nature, est le plus ami de la paix, aperçût un jour qu'il n'y a de salut possible que dans la guerre , et que, convaincu que s'il ne se révolte pas, on le tuera lentement , il ne tente contre son en-

35a CONCLUSION.

nemi une lutte à force ouverte, au risque d'y périr de mort soudaine et violente?

Et ce n'est pas seulement une collision entre l'Angleterre et l'Irlande que rendrait possible ce conflit d'intérêts et de passions : c'est un engagement entre les partis anglais eux-mêmes, dont l'un est irrité par l'Irlande, qui sert d'appui à l'autre.

Le recours aux armes n'est pas sans doute en Angleterre un procédé familier aux partis, et l'on peut dire qu'en général tout, dans ce pays, se résout constitutionnellement. Cependant qui pourrait assurer que l'Angleterre ne sortira jamais de la voie légale ?

Ceux qui ont vu l'Angleterre en 1 83a hésiteraient peut-être sur cette question. A cette époque , les résistances du parti tory avaient fait naître dans le pays des passions si ardentes et si unanimes en faveur de la réforme , qu'on eût dit l'Angleterre à la veille d'une révolution. On parlait hautement d'insurrection; déjà des plans de campagne se préparaient; des chefs étaient indiqués; on dit même que des commandes d'armes se faisaient déjà pour l'armée nationale. L'aristocratie ayant cédé , le fleuve débordé est rentré dans son lit ; mais que fût-il advenu, si elle se fût obstinée contre le torrent populaire?

Maintenant ne serait-il pas possible qu'après s'être mise en mouvement pour obtenir des réformes, la nation anglaise s'agitât de même pour en arrêter le cours ?

Déjà , en i835, à l'époque où la réaction de l'Angleterre contre le mouvement de iBSa commença à

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se faire sentir, le parti conservatif, dans son impatience des réformes annoncées par les whigs , toujours maîfres du pouvoir, fit entendre plusieurs fois le cri de guerre. 11 ne s'agissait rien moins que d'un appel aux cai^aliers contre les têtes rondes. Cette provocation n'eut point de suite alors. Mais la violence ne pourrait-elle pas quelque jour précéder la menace?

C'est ainsi que le vent impétueux d'Irlande, qui souffle la démocratie sur l'Angleterre , peut amener pour celle-ci, la chance d'une guerre civile. C'est ainsi que l'entreprise de maintenir en Irlande un gouvernement que ce pays repousse , fait naître pour l'Angleterre elle-même une sorte d'oppression. C'est ainsi qu'en imposant violemment ses institutions à l'Irlande, l'Angleterre se voit menacée de perdre les siennes. Situation étrange et grave de quelque côté qu'on l'envisage! plus terrible pour l'Irlande, plus imposante pour l'Angleterre; entraînant pour celle-ci plus de responsabilités, pour cellelà plus de périls ; plus simple quoique plus laborieuse pour l'Irlande, qui, n'ayant qu'un intérêt et qu'un devoir, n'a point à hésiter dans la route qu'elle suit, dut-elle s'y traîner toute saignante à travers les tortures et les supplices; plus compliquée pour l'Angleterre, qui, chargée de mille fardeaux divers, ne sait comment porter ni comment rejeter le poids de l'Irlande ; qui, sûre de vaincre quand elle combat l'Irlande, ne remporte jamais que de stériles victoires, se ruine toujours en ruinant ce malheureux pays; et au milieu de ses rigueurs envers cette contrée , doutant sans cesse de sa propre cause , tour à tour II. a3

poussée par son égoïsnie et retenue j)ar sa conscience, tente vainement d'être toujours habile et toujours juste : situation immense et chargée de ténèbres, où l'esprit' s'agite, se fatigue, s'égare; où tout ce qui dans le présent parait nécessaire à entreprendre, se trouve impossible; et pour laquelle on ne saurait apercevoir dans l'avenir que des solutions tristes ou incomplètes jusqu'au jour plus ou moins éloigné de nous, où le principe démocratique qui travaille le monde et qui arrive à l'Angleterre non seulement par les passions de l'Irlande, mais encore par le mouvement général de l'humanité tout entière, aura renversé l'aristocratie en Angleterre, et, en introduisant dans ce dernier pays les seules institutions que puisse supporter l'Irlande, aura rendu possible l'accord de deux peuples, qui sont condamnés à une vie commune et qui aujourd'hui ne peuvent pas plus s'unir que se séparer.

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