MISÈRE DU PEDPLE UN IRLANDE
Celui qui fait un repas de plus quil ne peut, et jeune une fois de moins qu'il ne doit, est sur de n'avoir pas de quoi se vêtir; et encore cette prudence, cette résignation à souffrir, sont souvent stériles.
Quel que soit le courage du pauvre cultivateur à supporter la faim, pour faire face à d'autres besoins, il est en général nu ou couvert de haillons transmis dans la famille de génération en génération (i j.
Dans beaucoup de pauvres maisons, il n'y a qu'un habillement complet pour deux individus; ce qui oblige presque toujours le prêtre de la paroisse à dire plusieurs messes le dimanche. Lorsque l'un a entendu la première messe, il revient au logis, quitte ses vêtements, et les donne à l'autre qui va aussitôt assister à la seconde.
J'ai vu l'Indien dans ses forêts et le nègre dans ses fers, et j'ai cru, en contemplant leur condition digne de pitié, que je voyais le dernier terme de la misère humaine: je ne connaissais point alors le sort de la pauvre Irlande. Comme. l'Indien , l'Irlandais est pauvre et nu; mais il vit au milieu d'une société qui recherche le luxe et honore la richesse. Comme l'Indien, il est dépourvu du bien-être matériel que procurent l'industrie humaine et le commerce des nations; mais il voit une partie de ses semblables jouir de ce bien-être auquel il ne peut aspirer. Au sein de sa plus grande détresse, l'Indien conserve une certaine indépendance qui a ses charmes et sa dignité. Tout indigent qu'il est, et quoique affamé, il est pourtant libre dans ses déserts; et le sentiment qu'il a de cette liberté adoucit pour lui bien (Us souffrances; l'Irlandais subit le même dénuement^