‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 4)Chapitre 25 sur 126 · PREMIÈRE PARTIE, CHAP. I. 2ô · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHAP. I. 2ô

terre, seule nourriture de toute la famille; au milieu de tous , gît un porc immonde , seul habitant du lieu qui soit bien, parce qu'il vit dans l'ordure. La présence du porc au logis semble d'abord, en Irlande, un indice de misère ; il y est cependant un signe de quelque aisance. Et l'indigence est surtout extrême dans la cabane qu'il n'habite pas.

Non loin de la chaumière s'étend un petit champ d'un acre ou d'un demi-acre; il est semé de pomtnes de terre ; des rangées de pierres entassées les unes sur les autres, et parmi lesquelles croissent des ajoncs, lui servent de clôture.

Cette demeure est bieti misérable ; cependant, ce n'est point celle du pauvre proprement dit. On vient de décrire l'habitation du fermier irlandais et de l'ouvrier agricole.

J'ai dit qu'au-dessous des grands il n'y a point de petits propriétaires, et au-dessous du riche opulent, rien que des pauvres; mais ceux-ci sont misérables à des titres différents , et avec des nuances que je voudrais pouvoir indiquer.

Tous, étant pauvres, n'emploient pour se nourrir que l'aliment le moins cher dans le pays, les pommes de terre (i); mais tous n'en consomment pas la même quantité : les uns, et ce sont les privilégiés , en mangent trois fois par jour; d'autres, moins heurelix , deux fois; ceux-ci, en état d'indigence, une fois seulement; il en est qui, plus dénués iencore, demeurent im jour, deux jours même, sans prendre aucune nourriture (2).

Cette vie déjeunes est cruelle; et pourtant il faut la subir, sous peine de maux plus grands encore.

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