PREMIÈRE PARTIE, CHAP. II, SECT. II, § III. 9.0 I
morte. Les catholiques sont admissibles ; mais, en fait, l'admission étant subordonnée au corps des bourgeois (freemen) , ceux-ci, tous protestants, refusent de recevoir des catholiques dans leur sein; c'est ainsi qu'à Dublin, où plus de la moitié de la population est catholique, il n'y a pas un catholique dans la corporation.
En 1 8 29 ( 1 ), une autre loi déclare que désormais les catholiques d'Irlande pourront non-seulement être admis comme bourgeois (freemen ) dans les corporations municipales , mais encore qu'ils seront éligibles à tous les emplois civils et judiciaires, qui sont propres à ces corporations et dont elles disposent. Mais comment les corps protestants, qui ne veulent pas même reconnaître un catholique pour leur concitoyen , le prendraient-ils pour leur magistrat ?
Il y a dans les institutions de certains vices radicaux, contre lesquels les lois ont bien peu de puissance quand ils sont protégés par les moeurs.
Naguère, en Angleterre, les corporations municipales présentaient dans leur gouvernement une partie des vices et des abus qui viennent d'être signalés dans celles d'Irlande. Ces abus et ces vices étaient moins funestes en Angleterre qu'en Irlande , parce qu'ils servaient dans le premier pays à une aristocratie qui , après tout, n'est pas impopulaire ; tandis que dans le second ils n'existent qu'au profit d'une aristocratie odieuse à la nation. Une loi récente a cependant renversé de fond en comble les corporations municipales d'Angleterre (2), qui ont été réinstituées sur une base nouvelle et populaire. En Irlande, au contraire, le vieil édifice féodal et
anglican de ces corporations est laissé debout: sanctuaire inviolable du privilège aristocratique et du monopole protestant.