‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 4)Chapitre 91 sur 126 · PREMIÈRE PARTIE, CHAP. II, SECT. III, § I · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHAP. II, SECT. III, § I

pendant l'Irlande est demeurée telle, et, de son côté, l'Université est restée protestante.

Le sort de l'Université irlandaise, qui n'est autre qu'une école de haut enseignement, dirigée par l'Eglise, explique du reste la nature et la destinée des autres écoles que cette Église a fondées dans le même pays. Un jour, l'Église protestante dit aux pauvres catholiques d'Irlande : « Confiez-nous vos « enfants, nous les élèverons dans les principes d'une a morale pure et dans la connaissance de la vraie reli- « gion ( I ).» La population catholique croit ces paroles sincères , elle envoie ses enfants aux écoles ( charter schools) instituées par l'Eglise, et bientôt elle les en arrache avec horreur en reconnaissant que dans ces écoles on n'enseigne rien aux enfants, sinon la haine de leur culte et l'amour d'un culte ennemi. Une autre fois, un autre essai est tenté ; des protestants généreux et vraiment sincères dans leur intention , instituent, dans l'intérêt des pauvres catholiques, des écoles dont tout esprit de prosélytisme doit être rigoureusement banni ; cette entreprise était noble, ils la suivent avec ardeur, avec bonne foi, avec charité (2); mais le succès est impossible: en dépit d'eux-mêmes , ou plutôt à cause même de leur foi vive et ardente, ces protestants ne peuvent demeurer impartiaux entre leur culte et celui des jeunes catholiques qu'on remet à leurs soins, et alors même qu'ils ont cette impartialité si difficile, Ip peuple n'y croit pas.

C'est ainsi que l'Église anglicane, en Irlande, trouve, dans son seul principe, des obstacles invincibles à l'exécution de tout ce qu'elle fait en An-

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gleterre.Ce principe lui rend tout impossible, même la charité, et les bienfaits qu'elle dispense en Angleterre, et qui lui attirent le respect et la sympathie des basses classes, ne sont pour elle, en Irlande, quand elle essaie de les répandre, que de nouveaux titres à la hairïe du peuple.

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