‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 5)Chapitre 16 sur 83 · DEUXIÈME PARTIE, CHAP. II, § IV · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE, CHAP. II, § IV

catholiques et presbytériens; et Ja célébration du mariage, faite alternativement par les ministres des deux communions , amène encore entré ceux-ci un échange de courtoisie et de bons procédés ; l'esprit de tolérance se répand d'ailleurs avec le cours '^es siècles ; les luttes communes , les succès. obtenu»''en combattant ensemble , resserrent ces premiers liens , et si cet état de chpses se continuait longtemps , on concevrait qu'il en résultât , pour les cathcdiques et le presbytériens unis, plus qu'une alliance moméri* * tanéede passions et d'intérêts ; chaque culte pourrait bien à la longue se modifier assez pour que l'accorci durable des deux cessât d'être impossible.

Cepétidant le principe catholique et le principe presbytérien sont aussi opposés l'un à l'autre que ces deux adversaires éternels, l'autorité et la liberté. Comnjent donc se fondraient-ils dans une sincère et durable union? Je 'doute que cette fusion s'accomplisse jamais; car il n'y a rien d'implacable comme un principe. Les ariens d'Irlande sont, comme les unitaires d'Amérique , les véritables adversaires du catholicisme. Ce sont les philosophes de l'Église protestante ; heureux philosophes sans doute qui ont pu enter leur philosophie sur un rameau chrétien ; philosophes surprenants par un mélange singulier de foi et de lumières , de passion et de tolérance, d'audace intellectuelle et de crédulité; chrétiens primitifs et philosophes modernes; croyant à la divinité de Jésus-Christ comme Bossuet, et d'ailleurs sceptiques comme Voltaire ; fervents comme les puritains de Cromwell , humains et tolérants compte les disciples de Fénelon. De ces deux

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principes qui se disputent leur àtne et leur esprit , lequel l^raportera en définitif ? Sera-ce k foi ? Sera-ce le doute ? Jusqu'où le doute les mènera-t-il ? S*arretera-t-il toujours devant la divinité de la Bible f limite que jusqu'à présent il n'a jamais dépassée ? lilais quelle que soit la somme de christianisnie qu'ils conservent , il est certain que leur principe est lexamen , et le^ir niéthode le doute. Or^ c'est précisément le principe opposé à celui de l'Église catholique.

Il est donc probable que le jour où les presbytérien^* et les catholiques d'Irlande ne seront plus ternis dans l'union par la présence de leur ennemi commun ^ ils se diviseront , et se feront de nouveau la guerre.

Ces mes sur l'avenir qui les attend n^ sont que conjecturales; ce qui est certain aujourd'hui ^c^st l'immen^^ puissance que l'Irl|ifide démocratique tire de leur présente union. *

§ V. LKS CLASSES MOYENNES.

Il existe encore^ en Irlande , un principe de démocratie, et dans lequel il semble que se ré-' sotaent tous ceux qui viennent d'être exposés; c'est la tlai^isance des classes taioyennes. C'est à la classe moyenne qu'appartiennent tous les membres notables dé la grande association nationale qui s'est fo1^mée Contre l'aristocratie et le gouvernement du pay6. O'Gonneli est un avocat qui a tiré du barreau sa premîerB puissance ; le clergé catholique recrute

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