‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 5)Chapitre 17 sur 83 · DEUXIÈME PARTIE, CHAP. II, § V · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE, CHAP. II, § V

ses membres parmi les fermiers et les marchands ; et-cette partie des presbytériens d'Ulster, qu'on voit dans leur secte à la tête du mouvement intellectuel et Ubéral, se compose pour la plupart de petits propriétaires et de petits rentiers que le commerce a nouvellement enrichis.

L'absence de classes moyennes , en Irlande, a été et est encore un des plus grands maux de ce pays. Lorsqu'un peuple a le malheur d'être soumis à l'empire d'une aristocratie anti-nationale et radicalement vicieus^, quelle chance peut-il avoir d'échapper à l'oppression ou du moins de la voir se tempérer s'il demeure immobile dans son ignorance et dans sa misère, et si. de son propre sein ne s'élèvent pas des hommes qui , supérieurs par leur instruction , par leurs talents ou par leur fortune , soient capables de prendre en main sa cause^ et de le guider dans ses efforts de délivrante?

D'où vient que,' pendant presque tout le dixhuitième siècle , l'Irlande succombant sous la plus pesante tyrannie , ne présente qu'une longue suite de rébellions individuelles et de partielles insurrections, dépourvues de plan , d'ensemble et de moralité ? c'est que le peuple , au milieu de ses souffrances, était abandonné à lui-même, et que, n'ayant au-dessus de lui aucune classe, amie pour l'éclairer et le conduire , il se livrait dans ses colères a des violences" qui ne pouvaient qu'appeler sur sa tête da pouvelles rigueurs.

L'iinpossibilité où est le peuple le plus opprimé de se soulever quand il n^a point l'appui d'une classe supérieure, ne se montra jamais plus claire-

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