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ii4 DES jàmknts kv mal. — t'îifDtjjTRiE.
£ât-il bien vrai, d'àilleufâ, q^e la concurrence lié ntlduistHé anglaise soit Ikfirlneipal obstacle au développement de TindustHé en Iriàtide? Non; la ^lui^ grand obstacle est ailleurs : il vient bien moins de rÀngleterrë qde de l'Irlande elle-niéa^.
Sànà douté l'ouvriet* anglais e&t^ à tout prendre^ sùpéHeu^ à l'tiù'i^riér irlàii42tis; il est plue habile et plus constant; il travaille plus et iHieux ; maid le parti ittiiiîehse qu'on tire en Angleterre des ouvriers v^rlândàis |)r6bvè as^ès^ q[ue l'objection ne vient pasd'êux^ tbîéines. Manchester et Ltverpool eniploient des iUiUiers d'Irlàhdslis dans leurs manufactures ( i ). AsâUrëiiieilt, lorsqtî^oil voit les deux plus grandes cité& industrielles et commerciales de la Grande- Bretagne^ je pourrais dire du monde entier j ^ror spét'er par le travail d'ouvriers irlandais, on ne saurait dire ^u'^^ iHàiide le vice du travail tienhe & là nature méqi^ ^® l'ouvrier.
Il f £[iit ajouter que si le travail de ritlanda[^ est infériëtir à celui de l'Anglais , ce défaut est compéhëé pat iiîi âvaiitage, qui est celui de coûter moins cher. Lèâ âàldires d^ l'ouvrier sont très-bas en Irlande « ^àirûë ^ù'il y a |3eu de travàjl et une immense coiiéiift*éiic^é dé trà'^âilleurs ; et pour peu que l'Irlaiidais fit dâtis l'ateli^ la moitié dû travail que fait l'oi^- Vrier anglais, on aurait plus de profit à se servir, dé celui-là que de celui-ci, parce que le premier coûte ^lus d'une fois moins que le second (a).
Il semble donc que l'iriande soit dans lés con^^ tlons les plus favorables pour la pi'ospérité de toute industrie établie dans soi! sein^ Mais il ne suffit pas que l'industrie soit libre ; il ne suffit pas qu'elle ait
TRÔIsii:»hE PARTIE, tUAV. I, § 1. i I 5
des insthiinerifs d'exécutioii : ce qu'il lui fautëncoi^ c'est un moteur premier , c*est-**dîré dés èà|)itaifi« Or , èii Irlatide, les capîiàiix iaahqiieilt dbsoluhlèiJt. Et pourquoi ? Parce que ce paJÉ â été Ibngléiirip^ feujçt aux persécution^ d'ùngou-^ernèm^ht arbitraire, et (juë les capiCâux fie ^è hiofitrent que s6ùs lès àtispîces du droit et des ^ârslntles ;. parce que ce phfSy possesseur aujourd'htii de libertés considérable^, éa inême temps qu'il esf resté souoii^ à des instituttbtis radicalement vicieuses, se sert dès utiespour repoùiser le$ autres, "et: esl îenu , ptàv cette lutté inévitable, dans un état constant d'agitatioDi fcfr , voyez là difficulté : Pabsencè dé toute industrie ajouté Au± misères et à l'agitation du pa;^s. Pour développer l'industrie en Irlande, il faudrait des capitaux j liiais le^ capitaux luient l'agitatiôii ; les capitaux s^éloîgnànt,* la riiisère augmente. Cet dccroissèmeni; de inîsèfé mi^tiplie les chances de trouble èf de déàôrfli'é, et tend les capitaux encore ^lus' rares. XJfie fdisenj^àgé dans qb cercle ;v^icîeux, on n'éri Saurait sortir.
Et pè n'eétpas seuleineiit à findùstiiè manu&cturière que les capitaux nianquent , ils ne font pas inoinâ défaut é Tindustrie agricole.
* Parce Vju'il y a eh Irlande près de cifatf millioris d'habitatis occupés à là éerre, on croit qiié là terre inànqùe|ilapopltilationjefque l'insuffisahce du soi est la causé de tous les maux. Mais cette opinion tombe devsbitun fait riiatériel. Sur dix-neuf millions d'àcrès dont se compose le territoire irlandais; il y en a plus flë cinq millions dont ne s'est point eiicèrè emparée l'iiidustrie de l'homme, et qui ^cependant pourraient
Il6 DES RSMÈD]^ AU MAL. — ^'iKOCSTRIX.
être soit labourés , soit employés en pâtui:§ges (i). Et pourquoi ces terj^es, qui appellent les bras, demeurent-elles nues et désertes ? Parce que, pour fécqpder le sol^ le travail a besoin d*avances ; or, ces avances, le pauvre ne, peut les faire, et le riche njp le veut pas. £t pourquoi le riche ne place-t-il pas sur la pulture du sol irlandais les capitaux sans lesquels cette culture ne saurait s'accroître ? Parce que l'état du* pays l'en empoche. Ce n'est donc pas •la terre qui , en Irlande , manque à la population , ce sont les capitaux qui manquent au travail agricole comme à l'industrie mamjfacturière.
Ce défaut de capitaux en Irlande n'est pas le seul obstacle au développement de l'ouvrier irlandi^.
J'ai dit tout à l'heure que l'ouvrier irlandais n'est point de sa nature iiçpropre à l'indusfrie manufacturière, et l'exemple de tous les Irlandais^qtx'emploient avec fruit l'Angleterre et l'Ecosse prouve assez cette vérité. Mais il £aut aussi reconnaître que l'Irlandais, a,ussi longtemps qu'il demeure en Irlande, a de certains vices, qui tiennent , non à sa nature, mais au pays, et qui font de lui un mauvais ouvrier.
Accoutumé en Irlande à subir toi\te$ les oppressions, il •a, quand il travaille, une idée «fixe, c'est que celui qui l'emploie ne lui donnera aucdn salaire, ou lui en paiera un moindre que celui auquel il pourrait justement prétendre. Aussji qu'arrive-t-il quand une manufacture s'établit en Irlande? A peine les ouvriers qui , dans le premier moment , ont consenti à travailler «pour de faibles gages , sont-ils maîtres du terrain , qu'ils se coalisent aussitôt pour