L EMIGRATION
S'il est impossible de trouver/ de Temploi pour tous ceux qui , en Irlande / sont inoccupés ou travaillent mal y il faut , dît-on , diminuer le nombre deâ travailleurs; et quel meilleur moy^i pour atteindre ce but que l'émigration ? ' r
De tous^les systèmes qui, depuis ving^ années, ont été proposés pour le salut de llrlande, il n'en est peut-être pas un seul qui ait, en Angleterre, plus de faveur que celui d'une émigration pratiquée sur une gt*atide échelle, /ll'est un remède violent , il est vrai , mais qui repose sur un fait simple en apparence / et propre à saisir les imaginisttioiis. Voici quelques millions d'individus dont la condition , en Irlande, est profondémenr^'misérahle ; qu'on les transporte dans un autre pays, moins rempli d'habitants, ils y trouveront un sort Heureux, et délivrés de cette population surabondante^ ceux qui restent seront à Taise et prospéreront. Cette théorie s'appuie de l'autorité des économistes les plus distingué$ , elle a plusieurs fois reçu la sanction du parlement lui-même, et beaucoup croiraient^ incurables lés plaies de l'Irlande si l'émigration i|è' devait les guérir.
Les doctrines politiques , au nom desquelles on gouver;ie les peuples , ne sënt«^les pas sujettes %, d'étranges variations? Nous touchons encore à une époque où les théories des publîcistes et la science des^gou^i'ernements n'avaient point en vue d'objet
122 DES BKBflinsS AO^ IttiTL. -^ L-iMIGRÀTlOir.
plus cher et plus constant que Taccroissement de la population (i)k Sévères pour le célibat , les lois favorisaient les mariages précoces;, d^s récompenses publiques honoraient les mères les pîusféjBondes (a); çt Tf ntiigf ation qui enlève dk$ eiifants à h patrie , é^^it interdite comme uo délit pubUd. Yqici mam^
tenant qw Qhez un des peuples le^ plqs çivili^ dit mpiidfî, l'opiqîQP ^'établit qwe T^^cr^i^^m^^t d« h population est le plu$k gv%^^ d^Qg^^ dont u^e D^tÎPO puisse ^tf e ifieï^çéeji qq y ep^igne que ' pour çpnjurfçr ce péril j il faut pop-i^çulem^M: arrêter* ]§ prçgrès du qpnibr? , ïpafc ençprç le diini^Wf , ef i émig[rdt|on y est non-seulf nient p^rmisç » mai| polenpçll^ment epçour^géç compfie un mo;f;p ^ s^lut ppur qeu? qui émigrwt et pour \è p^y$ délivra d'i» §^çèn d^ populatipn.
C'était ju^u'à ce jour une doctrine upi¥€tf:$eU^- IDent copsacrée, qu'une grande popu|ation ^st ppiir lin payq une (source de force et de richçs$6 p^Q^ xilklfss y et que ai elle nuit faute d'être }(>im dingêe » q1|^ p^ût tpuJQurs être convertie fsi un instrum^pt dQ puîs$imce et de prospérité : théorie bien différente d^ celle qui veut aujourd'hui 9 quand h pp* piflation semble excessive, qu'on en exile u^e kuQÎtié ppur sUwrer le bpnheur de l'autre.
Et qtfe doit pepser llrlande de ceux qui la gouT^r^ nent? Les temps sont encore tout près d'elle^ Q^ t^^ ^bitapt^ étaient tenus rigoureusement daD$ l'impos- ^bilitê jd'émfgr^^ P^** l^ même* goijverpemwt aiîgUis qui , «ujpurd'hui , sétabUt en Irlande h priûcip^l îp^tiig^t^ur de l'épigration l (3)
S«q^ rsley^r d9.yaptage lei contniâîctîoiStg d« <»s
de^ cirpopst^nc^ 4^fFérep|l^, rç<;|^fSfphp»^ fi l'^pajgr^tiQii Roupait être ep ce mopiçijt ^e qfjelqftç jpp- £^it pour rirlan<le.
^'|plap4^ l^tait. dipinuée £\m tiefs ou fp^Jflp de ipoitié, 1^ ïi!i?èf^ ^u pay^ ç^sçpr^fppt? c'^f pj» PfCipi^r poin|; don|: il est petrpfi^ (le (joiiter. ^ poppUtiop 4'iFl#^de ps^, ^ l^vépjé, r«4Rff^ ^^^ «?■ pédi^il ppuf sg subsigtanpe, j:Ûç g'imp^^Ç |ps |^|h^ cr^pUes pri^^tjpijs, ce qpi i}e l'eç^pêch^ p^s p^^qi^ année de sif]}ir qnj^ fapniiie plus pu fnoini^ ^pii^u^. ÊU^ $e npuoiit ^eç plu? grps^p rsj aliw^pt^, pn dépit dç qpoi elle éprouvç f}^ ^i^ef|:e^ pénp<^jqq^. ^Ije a
a4ppté }e r^me Jp plps p^Rpr^ ? sputpnj^r |e plu^ d'habitants possibles ^ur le moindre jtçprjlpirQ donqé. Cpp^rae c'ç$( une vérité éçopoiniqàf; bie|| établie, que |a ip^mç étend^e 4^ ferrai^} q}fi, sep^ fp ppmpef 4e î?"^» npiïrri|: vipgt persoi^pe^, pjç 4ppnerait d'^^eptç qpç pp^ip «jipq 9f^k?|^ ç'iH.^i| sgfl[^é en fclé, p^ p'en fpr^i^ yiyrp qu'un s^i}| ^'jl f^^ 1^ eq prairiç propre ^n bétail , }'ïfl^R4!Ç ^ ÇFnpfl<5!i ^so|ppeî}t à f'u^ge de 1^ yi^pfle eÇ 4^ pa|p ppfjf rl^ffi ^F.^?lT^R?ept d^ pç^ffip^ 4? tçrr^. EJlq a faiç
làWi ^M^^ P^CT F'?^ d!?F"iw^ fruits 4e |a t^pe jj 7 mW} ^ prpdHis^pt et ffi ppltipliept en pl4f
gRPJ^S ftuançjté qqe rf'^H^Ffi^ . plJÇ a ?49Rf^ PPfff Ripent ufîç ^?pèc^ 4p pppjm« 4^ t?rre ?pp?l^f
fî^/'^r» la ppipç agf^fO^}^ ^u çpût, ïft^ii} fJflPf 1^ We? §P,Pt raç|)et^ ^j^ y^u^ d^ }'Ir^?*îj|^ W !?
ia4 DBS REMEDES AU MAL. L EMIGRATIOU.
U semble , au premier abord, que pour une population qui trouve si péniblement sa subsistance sur le sol , toute diminution *de nombre serait un immense bienfkit. Si cependant on approfondit la questibn j on verra que l'émigration de trois ou quatre millions dlrlandais'n'aurait point pour résultat nécessaire de faire naîtrer, pour les quatre ou cinq millions restants^ des moyetis d'existence meilleurs et plus assurés. Et j en effet , d'où vient qu'en ce moment les produits agricoles de l'Irlande semblent ne plus* suffire au soutien de sa population? Ce« n'est pas que ce pays ne fournisse d'aliments que pour huit millions de créatures humaines ; bien loin de là , nuLn'îgnoPc que cette fertile contrée nourrirait sans peihe vingt-cinq millions d'habitants; pourquoi donc le tiers de ce nombre y vit-il misérablement? Parce que avant de demander au sol et à ses produits ce qu'il leur faut pour exister, les* Irlandais ont à y prendre d'abord ce qu'il leur faut pour payer leurs fermages aux propriétaires dont ils tiennent leur possesstoii. Et ceci explique pourquoi , sur une terre capable de doniter du paiQ à vingt-cinq millions dé personnes , huit millions trouvent èi peine leur vie dans la culture des plus grossières pomnies de terre. Si ces huit millions d'Irlandais voulaient se nourrir de blé, rien ne serait plus facile, car la terre leur en fournit bien au-delà de leurs besoins } mais'*alors ils ne pourraient payer leur dette aux propriétaires du sol. Voici donc ce qu'<^t obligé de faire tout cultivateur irlandais : il sème une partie de ira terre en Ué pour recueillir des fruits qu'il ^àid, et il plante un petit espace en pommes de