‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 5)Chapitre 38 sur 83 · ES REMÈDES AU MAL.-*- ABOLIR L^ARISTOCRATIE · texte numérisé non relu

ES REMÈDES AU MAL.-*- ABOLIR L^ARISTOCRATIE

lande ? Ne risqueraient-ils pas d'encourir, de la part d'une aristocratie ennemie de leur culte, les persécutions que les catholiques reçoivent aujourd'hui des protestants ? Ce ne lerâit f k Vf ai dire , que substituer à une tyrannie une autre tyrannie ; et alors autant vaudrait peut-être laisser subsister celle qui est.

Jusqu'à quel point, d'ailleurs; une aristocratie catholique pourrait'^Ue^ en Irlande, être bienfaisante pour les catholiques eux-mêmes? Pense-t-on qu'elle fut généreuse, libérale, sympathique avec le peuple ? N'ofFrirait-elle pas au clergé catholique de dangereux appâts, et ne risquerait-elle pas, en l'attifàùt à. elle , de M elile?ter pltrs de fdrce qu'il h'en eomérte en festaftf txtA âti peuple ? Maiis d'abortf , àvatrf rf*inftefWge^^slvénî^, consultons Fé passé.

Nôrtw afvofrô vu prédédemûiéttlr que, danjr fe mê!éé deié coiiÔscatidns politique* , un petit lïôinhrë âë familleïi catholiques . sauvèrent hxm ptbptiétéé et leiïrs titres. B y a dohe eu con*!lâmin«nt eh Iriandé ttû échantillon d'atistocfatie caf holicJUè. Or, dé quel sedoUï^ a'^t-eBe été pôUr la pôpulftfioftr profesîattrf le Iflêmé tviit (Ji/dlle ? *

Peudafftt tout le tempà d^s pex^écuttoiM prote** fautes, persécuté* eBè-ttHéùie^ élte !lô«gea bieu pfer* às'ew pfééetret qu'à éft garantir le peuple ; et l'on ne saurait gu^re lui en infliger le WâtrtêJ, CoUimè #iche, rtte âvttlt tôttï à Craindre de lé tyr^ânriié pfotcfstattte, qui &*eû pfenaif plus aux! bien* qii*àUk ^i^oyôuee*. Kfe s'elfor^aift doue de ne donnei* à iés etmetnis politiques aucun ombrage , et, pour celft il Itii fol** iâit n'ôffiâf à ses amis âncune protection. Elle vi-' Vîtit , ëfttMi éclat et safla bruit ,: stg^ *ë^ dc^rtiâines^

TftOÏSlijiïE PARTIE, UHAP. lit. tjS

miradtileiifiement sauvés, et 's'abstenait de ïémoi-» gner aux catholiques dés basses classes une sym** pathié dangereuse. Il ne faut point demandei* aux hommes des dévouements supérieurs à Thumanité. îiC riche catholique qtli, en dépit des exclusions pcM Utiqties attachées à son culte ,- y demeurait fidèle , li*etait-il pas dans le devoir?

Mais si l'aristocratie catholique ne pouvait guère faire plus , faisait-elle assez pouf qu'il s'établît entre cUé et le peuple ces rapports de bienveillance d'une Jtort et de respect de l'autre , qui forment le lien aristocratique entre le riche et le pauvre? Hon , aa» sûrement. Aiissl ne voit-on se former auctme étroite alliance* entre le^ catholiques riches et les pauvres pendant tout le dix-huitième siècle , à l'époque où la persécution commune» semblait devoir les réunir. Outre la prudence , qui éloignait le •ricl;e du pau* Vre, il y avait aussi un reste d'orgueil de race qui s'opposait' à leur intime union, le peu de riches cathoHque^ échappés aux Confiscations étant des Anglais d'origine, accoutumés à mépriser comme Irlandais leurs coreligionnaires. ' ,

Mais cette vieille aristocratie catholique d'Irlande Ile se borna pas à refuser au peuple toute protec* tion pohtique et sociale. Tous les monuments hii^ toriques font foi que le plus souvent elle-même opprima ceux qu'elle était peut-être excusable de ne pas défendre. Elle n'échappa point aux passions égoïstes qui animaient les propriétaires protestants, et se montrant aussi* dure et aussi avide que ceuxlà ëhvers ses fermiers, elle s'attira bientôt les mêmes inimitiés. 11 est bien difficile pour un pro-

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priétaire.de ne pas olaercher à retirer de son domaine un revenu proportionné à celui que ses voisins obtiennent ^de leurs terres. Quoi qu'il en soit, les riches catholiques faisant peser sur les classes inférieures une oppression sociale toute pareille à celle qu'exerçaient les propriétaires protestants, le peuple n'eut point à distinguer entre les uns et les autres; il les confondit dans sa haine, et s'en prit, dans ses cruelles vengeances, aussi bien aux riches catholiques qu'aux protestants. C'est ce qui explique pourquoi les coups des White-Boys frappèrent tout autant sur les premiers que sur les secoinds. Ces violences populaires achevèrent d'éloigner du peuple l'aristocratie catholique, d^jà indifférente; et c'est ainsi que, pendant tout le coucs de ces sauvages représaiUes dji pauvre contre le riche , celui-là fut laissé seul à ses fureurs.

Toutefois , quand llrlande catholique secoue ses cAïaînes et proclame hautement sa volonté d'être libre , on voit cette aristocratie catholique paraître quelque peu sur la scène ; non qu'elle se présente d'elle-même : on va la chercher. On a besoin d'elle ; car, comment former une entreprise quelcon<pe, si un lord n'y préside pas ? Alors elle donne l'appui qu'elle n'ose l*dhiser (1). Mais cette alliance n'est que de peu de durée. Un jour la population catholique d'Irlande est assez hardie pour vouloir envoyer au roi George III une humble adresse exprimant les vœux du pays ; la pétition se prépare ; le peuple s'assemble, s'agite , essaie sa voix et ses forces. A l'aspect de ces mouvements, l'aristocratie catholique d'Irlande se voit cotnpromise si elle reste unie au peuple : elle se

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sépare' de lui. Ceci se passait en 1791. Cependant l;e mouvement national continue ^ la retraite de l'aristocratie catholique apprend au peuple à se passer d'elle ; un plébéien ( i ) prend le timon des affaires ; des victoires sont remportées , des échecs essuyés ; on passe à travers de terribles crises et d'effroyables orages ; et lorsque après tant d'épreuves le triomphe du peuple est bien définitivement assuré, on voit l'aristocratie catholique reparaître (2) ; elle revient à la cause populaire abandonnée dans des temps malheureux, aspire vainement à la diriger^ et, placée^ aujourd'hui entre un pouvoir protestant qu'elle déteste, et le peuple catholique dont elle craint les écarts , elle n'a d'autre ressource que de s'efFacer entièrement ; elle se dissimule en Irlande ou s'en va.

Je doutC' que de pareils antécédent puissent être le point de départ d'une bonne aristocratie.

Et ce point de départ aura , quoi qu'on fasse , sur toute la suite une grande influence. -Xi'aristocralie qui pourrait s'établir naîtrait, il est vrai, ea grande partie d'une source nouvelle , indiquée plus •haut ; mais le présent ne se sépare point ainsi du passé, et soit que l'aristocratie qui s'élèverait des classes moyennes se rattachât à l'antique rameau de l'aristocratie catholique , soit qu'elle se posât sur le tronc pourri dé l'aristocratie protestante, elle recevrait toujours des traditions funestes et un malheureux héritage.

Cette espèce de mépris instinctif et héréditaire qu'en Irlande le riche éprouve pour tout ce qui est pauvre et inférieur ; le préjugé qui , même H. . la

ij^ DES re]h|:d^5^ au mal .-tt A.p()jP|jL jl' aristocratie.

âgn? ^e tipn tqn Pl dWéggHRP Î l'ppipiQ» R r4 piRfJiie qije |e rîc^e » Ip drpit 4'oppnme^le pauyFe. 1$ de le foulÉOF îiu:|^ piejls in^pupémeqf ; telles sont;

^ irlgndfi, a^rg b^PP dP l* ppînp k ^ ?opstrair#-

J)e le|s j^gu^jl* fuî^wt-ils éyité^ji il eq est (J'^ur ft>ffi? auxquels cette ari^tPCmie n'éphîipp^r^it p^fi : 4|û{« paêwe gp'e)l€i n§ ipéritpfgit point les birop$ 4e ^ devanpîpre , gUe pp ]f» e?:Giterai| paç mom ; car 1^ ppuple fin Irlande a aussi ^a tr^iditip^i , qui pst ^ ierpiBe k VégQÏ^me de tous les ricbps et au drpif ppur le P*«^r^ de )as détester.

Qss sentimPP^^ mutuel^ du pauvre et du riph^ Pfl so«t pas ss^m dput^ , en Irlande , gravée à ja^ mais dans les âmes ; s'il en était ainsi ^ U faudrait dés^p^er de ce p«iys et de son avenir ; ç^r, queljqtie^ rpfqripe^ qu'on y fesse , de§ riphes ^'y rencoptrerpnt; toujours parmi le peuplp. Mai^ il est iiqpos^ siblp QUe dp ^^1^ pi*éjugés 9 scellés d^ns de^ tPr^^Pf ^ dp sang et dîtns dps sipcles d'opprç^sion , ne se perr p^tflient pg^ lougt^ipp^ , et ils spront d'^^ptant plps YÎVAëfHI qPP 1^^ upuvegux rjçhes retiendront plus 4ps til»PSî flP^ privilèges, des hoftqpurs dp l'aristo-

er*îie qui ^'éteiut.

§) le^ riches peuvppt jaip?!^ , PP Ir^Jan^p, sp récqn- PiHpr a^^^c le pauvre, c'est eu pessant (le paraître dev^Ut iîfiluiTiiâ PRvirpn^és dp? sigpes i^ous lesquels s'est montrée à lui, pendant 4es sipcl^s , unp ari^tO* iqratiP Pi4tpusp- P'p$t pept-étre cfussi pour eux-mépies )e s€^}l pipyen de perdre de funestes habitudes d'pp- ,prç8Si<>P Pf dp tyrannie.

TBOISlilHE PARTIB, GHAP. IIL I79

' Ce ne serait donc pas assez de détruire l'aristo- ^cratie protestante ^ il faut encore abolir le prind^e même de l'aristocratie en Irlande, pour qu'à la place de celle qui sera supprimée il ne s'en établisse pas une autre. Il faut, après avoir abattu l'institution existante , balayer ses ruines , et préparer l'emplacement propre à recevoir un autre édifice».

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