‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 5)Chapitre 50 sur 83 · QUATRIÈME PARTIE, CHAP. I · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE, CHAP. I

pays^de lumières / dç christig&isme et de liberté. Il trouve d'ailleurs un puissant auidliaire dans le développement toujours croissant de l'industrie anglaise, qui, attirant sans cesse dans les villes les habitants des campagnes, dépeuple les lieux» où Tinégalité est le mieux établie, et accroît les populations moins soumises aux privilèges de l'aristocratie. Et , à ne considérer qpfi la aurface des choses et l'aspect extérieur des événements de date récente, on pourrait croire que la vielUe cîonstitution féodale de l'Angleterre est menacée d'une prochaine ruine.

Voyez, seulement les progrès de la démocratie dans ce pays depuis i83o. La réforme parlementaire ^tée il y a un demi-siècle , arrêtée par 1 793 et suspendue pendant quarante ans, reprend subitement son cours*, et, devenue irrésistible par les démonstrations énergiques de là volonté nationale, se développe et s'accomplit sur une large base. A compter de ce jour, auJieude quatre cent mille électeurs, l'Angleterre en compte plus d'un million ; la chambre des communes cesse d'êfre une créature de la chambre des lords; et, appuyée désormais sur le peuple dont elle émane tout entière, elle devient le premier pouvoir de l'État.

Lorsque ces grands changeinents s'exécutent, il semble qu'une ère nouvelle commence pour l'Anelçterre. C'était jadis la tradition qui présidait à,ses conseils; pour la première fois elle prend la logique pour guide, et règle sa conduite, non sur les précédents , mais sur le raisonneihent. Cette révolution intellectuelle était peut-être la plus difficile qui pût

$'op^rer ^ans im pag^ aussi attaché'que TAjagleterre à 9eê côutumesi.

£t iiM £ott entrée dans une veîe rationndle, elle tie s'arrête j^M| elle la parctdrni tOut entière^ M ^el^e âccideri t eiitr:lprdinaîi# ne ijent Fy entcaven

Il -esf ^urde ^ dît-oii , qu'un petit bourg de decht ou trois lïlaiâcms enyoirani parlemant des députés^ tandis qu'itfie v$[« ol^mme Mane^slef et Birnnin'^ gham , tilles de Hent ,et de deun cent mille sEmes ^ n'ont ffôint de ftprébentant^. Sans diQute. £n oonsé»* quence le boarg est privé '6e son privilège f et des droits sont £tttrikués aux grandes cités "" qui n'«Q avaient pM (i).

iT est absurde que les citoyens y sur quipès^M les taxes pùbKques y ne soient pas tous appelée ài éince les repr^entants'vui^quels appartient l^pAUMdr^ les vofer^.et^ en eûnséqucmee tir fie ms^mMSHiei]^ ttk&^jmÊéf on «donne à la irabftee^ éh^orale rnie kâmense extension. Foi# bi^ ; mais if est;âfl ^as absunde aus^ que h» villes municipales aient peifr représemants tih petit nontirbre de oild^eoft qu^^eè n'ottf pàmt éhis , et pouf goulipernaiits des fomctioiïnaires qu'elles n'ont point îtjtdtlttiéff? Assuré Ane»! : en conséquence les corporations nrnni/cipales' d'Angleterre sout réformées et réorganisées sur uA pfaa rationnel de gouvernement libre.

La même méthode logkjue atteint tous le» sibuff ; et elle ne se prend pas seulement âd monde poAîtiqué : eUe embrasser tout |r cerele de FkuiÉranîlé ; ù6t abelit y dans une fôtde de cà#y la peîÉe de mort eoïnme inutile et barbanre ^ et pàroe que l'esdatii^ eât iiijusiey on rsebète à grands fraie dtes* les isolo-

QtJATRiiMB FAUTIB^ GH4P. I. ^6^

n\és les nègr^» esclaves dop£ en ^rète la libertés

Et quand le progrès déinocratique a prouvé sa force^et sa luoralilé par de telles conquêtes^ lors^^ qu il a eu le bonheur de mêler à sa cauto des causes si saintes I on n'aperçoit plus ce qi4 pourrai! rar<\ réter dans sa marche ) tout semble lui venij en aide) chaque réforme logique conduit à uneautre réfonne| toute victoire obtenue, facilite une nouvelle .victoire* Alors ^ dài^ l'élan singulier qui est impFÎmé à Fes^ poit, public, on né ebftnge pas toutes lestnatitutions^ mais on veut se i*endre compte de ehâK3inè;d'elle^; oln demande s'il est raisonnable d'avoii* des niagi^ trats comme les juges de paix dont toute4a supério^ rite est d'être riches ^ et pour législateurs des hommes dont tout le mérite est d'étrQ nés lords..Om demande s'il est logique que le9 hommes à qui le peuple a donné son mandat soient contrôlés et quelqm^çiis entraves par des lords qui n'ont reçu aucun mandat du peuple. On interroge l'Église elle-même et sei abu$9 les plus vient préjugés sont atteints ^ Tintolé* rance religieuse est attaquée dans son foyer le pkis ardent) le vieUlE pnritanistne est vaincu el le dief des cathdtUffies d'Irlande reçoit en Ecosse une enm» tion populaire (i). On va plus loin s Taudace de l'es» prit aiiglais se polte jusqu'à suspecter l'^iilté du ^oit d'aînesse et le bienfait des substitutions (9)^

iLinsi^ et Von ne |9ura4t le nier, la démocratie a son Go«rs en Angleterre^ son progrès est mastifiMiie et constant^ et il sera .p^t-etre moine difficile d* détruire les privilèges de Farîstecratie qy» d'en étn^ venu à les diseuter^ Mais, e» BléBM teiMp» qWtili^ v^it e» Al^lelèrre

a68 QUE FERA L'ANGLETERRE?

ce mouvement continu, ce progrès devenu plus rapide depuis quHl est logique, il faut reconnaître aussi que la démocratie anglaise n'est encore en quelque sorte qu'à l'entrée de la carrière; si elle a fait déjà de grandes conquêtes, elle n'a point encore établi son empire. Son adversaire, pour avoir eu un jour de défaite , est bien loin de s'avouer vaincue ; et à côté de tout ce qui pousse en avant le char d^ la réformé, il y a des puissances considérables qui le retiennent, ou du moins s'efforcent de le modérer.

Toutes les existences magnifiques de l'aristocratie , le prestige de ses grandes fortunes , l'édat de ses grands noms, son immense patronage, la multitude de conditions particulières qui dépendent d'elle,. et toutes celles qui se sont arrangées sur la foi de sa durée; 1^ popularité des antiques familles investies des privilèges attaqués; les efforts. prodigieux de. ceux qui, nouvellement possesseurs de qps privilèges , travail^nt à garder un bien si précieux, si péniblement conquis ; les ambitions qui aîspirent aux rangs aristocratiques, et qui, ss^ns avoir .çncore touché le but, en sont si près, qu'elles 1^ défendent avant même de l'avoir atteint ; la ifoule énorme de capitalistes qui abondent dans la Grande-Bretagne, dont la seule pensée est d'accroître leurs riphesses, et qui, ayant besoin de paix pour suivre leurs desseins , s'alarment de toute agitation dans l'État, soit que le mouvement se fasse en avant ou en arrière ; tptit cela forme une masse extraordinaire d'influences, de passions et d'intérêts qui, ouverMnent on tacitement, conspirent à ralentir, sinon à entra* ver les allures de la réforme démocratique.

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